LIV. I, CHAP.' I
ternes qu'autant qu'il est pourvu de richesses, c'est-àdire de denrées nourrissantes, vêtissantes, logeantes, meublantes, de moyens de transport, de ceux qui aident la production immatérielle, tels que les livres, les ouvrages de Part, les instrumens scientifiques, les aimes offensives et défensives, etc. Ainsi, plus un peuple est riche, plus sa civilisation peut faire des progrès. Vous voyez que la nature et le travail, lorsqu'ils sonidirectement productifs dans un de ces deux genres, le sont encore indirectement dans l'autre, ou du moins qu'ils peuvent l'être.
Quelque bien fondée que soit cette observation, il n'en est pas moins vrai que lorsque ces causes sont directement i^Toàvicixwes pour la richesse, elles ne peuvent pas être en même temps directement^voàncûwes pour la civilisation , et vice versa. Le laboureur dévient indirectement utile aux sciences, en produisant des subsistances pour ceux qui les cultivent; le savant le devient également à l'agriculture en perfectionnant les sciences naturelles; mais pour cela le premier n'étend point les bornes des connaissances humaine^, et le second ne sème point du blé. D'ailleurs la richesse peut être utile à la civilisation, mais elle ne l'est pas toujours, elle ne Test pas de toute nécessité ; souvent elle lui est nuisible. De même, la civilisatÎDnj^^i^^être favorable à la richesse, mais elle ne l'est pas toujours et nécessairement; souvent elle lui est contraire. Je réserve pour une autre occasion le développement de ces considérations importantes : pour le moment, ce que j'ai dit suffira pour vous faire comprendre, que, ^ malgré la relation intime qui subsiste entre les deu3^
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genres de productions, si Ton veut s'en f^ire une id^ eicaicte, il est ^hsplum^nt népessa^r^ 4^ les considérer cbapuneen particulier et indépendan^ment de Tiiutre. En conséquence , dam tout le cours de cette première partie qui traite delà richesse nationale, je n'aurai QU vue qti^ la production matérielle. Si nous y poq*- 9Î4^rous la nature et le travail comme productif, c'ésH uniquemeili; parce qu'ils produiseut des riçhessçs; ler^u'ils n'eu produisent pas, nous les r^g^rdpns cpn)i|ie indproductifs ou stériles. Daus la sëcpn^e partie, la production imoiatérielle ser^ eiivissigée de ^ U méine manière; Tinfluence réciproque de l'uiiie ^ur l'autre fera le sujet de la copqlu^oB do l'ouvri^gc , dans laquelle je tâcherai de montrer que c'est l'éq^iilil>re de ees deux genres de produçti<H^ qui fait naître la prospérité nationale.
Revenons à la production matérielle. Puisque toute production consiste à produire d^ valeurs, vous seiM^z |iien que le mot prodm^e^ lorsqu'il est question de richesses, ne veut pas dire produire de la matière, mais liop vaj/^iir dans la matière. Ain3i toute valeur doi^ié^ à la matière est w produit -* lia nature fournit un pro^ duit quand elle fait croître une plante utile ; le lal^ureur quand il la soigne et la récolte; ^'artisan quand îi la prépare à l'usage de l'homme ; le marchand quaqd il la porte au marché. La valeur de la pUoite pattij^eUe ^'accroît successivement par la valeur du travail que le labpureur , l'artisan et le commerçait lui donnent en la rendant de plus en pjius utile ; et çhfique augmentation de valeur est un nouveau produit.
Vous ypye?: que ce qu'on appelle production dans
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]§ Iwgage vulgs^ire n'en est p£is toujours une dans la l9.9gue de I9 scjence. D'un côté, la signification vulgaire du mot produit est plus bornée, car on ne s'en sert que pour4ésigner d^s objets niatériels, tandis que la science étend souvent sa notion au résv^lts^t 4u travail cpinmerçant, qui np tOmbp nullement sous les sens. D'un autre côté , Tacception vulgaire de ce mot est plus étendue, qar on y comprend (ous les objets matériels , qu'ils soient utiles ou npn ; l'éco- Qoniie politique,, au contraire^ ne connaît; d'autre^ produits que ceux dont l'utilité est reconn\i^, c'es);-à* dirç qui ont de la valeur. Or, comme le caractère es-? sentiel dçs richesses est )eur valeur échangeable, le nom de produit ï\e convient au:^: choses ms^térielles à nioin^ qu'elles niaient un prix.
Jm production étant l'effet de l'action de la nature et du travail, nous commencerons par considérer c^lle de I9 nature. Elle concourt de deux manières à la production des richesses : d'abord par les fonds de terre et leurs propriétés naturelles; et puis par, son travail, que j'appelle î;^, puissance ^ pour le distinguer du travail humain.