CHAPITRE IL
Fonds de terre.
« Le fonds dç terre d'une nation , dans le sens de l'économie politique, se compose non -seulement de la surface du terrain qu'elle habite, mais encore des
l4o PREMIÈRE PARTIE.
mines , des airs et des mers qu'embrassent ses limites et même l'étendue de son pouvoir; quoique ces mines soient quelquefois fort au-dessous de la surface de son sol, et ses pêcheries situées à plusieurs centaines de lieues de ses frontières .(a). »
Ce fonds de terre que possède un peuple se divise en une infinité de portions , dont les unes sont devenues des propriétés particulières, et dont les autres sont restées à l'usage de tous. Les mers, les airs, les grands chemins, souvent aussi les rivières, ne sont la propriété de personne en particulier; les terres cultivables et les mines, au contraire, sont toutes devenues des propriétés dans les pays civilisés. C'est à cette institution sociale qu'on doit les améliorations qu'a reçues le sol, et par conséquent tous les progrès qu'ont faits l'agriculture et l'exploitation des mines. Ces améliorations exigent beaucoup de travail ou de grandes dépenses, et personne rie serait tenté de faire ces avances, si on n'avait pas la sûreté d'en recueillir les fruits. .
Un fonds de terre peut être considéré comme une machine dans laquelle se fixe la puissance productive de la nature. Avec le secours de cette puissance et du travail, il peut être directement productif , quand il produit des richesses; il peut encore être indirectement productif , c'est-à-dire fournir les moyens de produire, sans produire lui-même, comme le terrain employé en routes, en canaux.
J'ai dit qu'un fonds de terre peut être regardé
(à) Say : Traité ^ etc. , i'« édit. , tom. I, p: 121.