DE VOS ALTESSES IMPÉRIALES
Le très-limn]}le çt très-dévoué serviteur,
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PRÉFACÉ.
Le titre de cet ouvrage indique assez le but pour lequel il a été composé. J'ai cfu qulndépendamment de sa destination primitive, il pouvait encore être utile au public.
Nous ne manquons pas , il est vrai , de bons , d'excellens livres même , sur la doctrine économique ; mais , à deux ou trois près , qui en offrent Tensemble dans un cadre facile à saisir, ils ne sont guère propres à guider un lecteur novice. D'ailleurs chaque écrivain conçoit autrement son sujet et le traite à sa manière ; et comme le goût des lecteurs et leurs besoins varient à l'infini * il se trouve qu'un ouvrage qui ne conviendrait point aux uns, devient quelquefois très-utile à d'autres. Enfin toute science est susceptible de perfectionnement; ainsi qu^l que soit le mérife des ouvrages que nous possédons sur l'économie politique, ils ne rendent cependant pas inutiles les efforts que l'on fait pour avancer les progrès de cette science.
Peut-être le lecteur éclairé trouvera-t il que, sou^ ce dernier rapport, mon travail n'est pas absolument sans prix. Jusqu'ici l'économie politique a été regardée comme la sciience de la richesse des états : j'ai tâché de montrer qu'elle embrasse leur pros-
Viîj PRIÉFACE.
périté en général, et que la théorie de la cii^ilisation en fait une partie également importante , également liée à l'objet essentiel de la science , c'est-à-dire à la notion des valeurs. J'ai tenté de crayonner le contour de cette doctrine nouvelle, pour laquelle il n'existe que des matériaux épars çà et là. Si d'un côté le domaitie de l'économie politique se trouve agrandi par cette acquisition, de l'autre \j'ai cru devoir rétrécir ses limites, en réservant pour la politique intérieure les principes d'administration qui dérivent de l'économie poli* tique; séparation également avantageuse aux deux doctrine^ , en ce qu'elle assigne des bornes précises à chacune. Le discours préliminaire qui se trouve à la suite de cette préface, fera connaître plus particulièrement la nature de ces iiiiK>vations : c'est à l'ouvrage même, à les justifier. Dans la théorie de la richesse nationale ma t&che a été de réunir, sans embrasser aucun système , les principes les mieux fondés et les plus utiles dans l'application. Ck>mme la plupart des principes de cet ordre se trouvent venlermés dans la doctrine de Smith, et que c'est à lui surtout qu'on est redevable de cette solidité de preuves qui les a élevés au rang de principes incontestables , c'est bien son système que j'ai l'air de suivre; mais cette circonstance même a été un motif de plus pour moi de me tenir, en garde contre tout esprit de secte. J'ose affirmer que nulle part l'au-
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torité de ce philosc^he respectable ne m'en a imposé au point de lui vouer une soumissioii aveugle* J'ai profité des découvertes &iles après lui; j'ai consulté ses commentateurs, l'ai écouté ses critiques; enfin |'ai pesé moi-même, autant que j'en suis capable , chacun de ses principes , ehacuiie de ses assertions. Le lecteur instruit s'apercevra qu'il est des points où je m'éloigne du sentiment de ce grand écrivain ; plusieurs de ses opinions y même, fondamentales, ne me paraissent pas avoir le degré d^évidence qu'il semble leur attribuer : je leur ai opposé les doutes que l'étude et l'expérience m'ont fournis^ J'en ai agi de même à Fégard des autres écrivains dont les ouvrages m'ont été utiles. Quelquefois j'ai motivé dans les notes cette différence d'opinions; mais le plus souvent je m'en suis abstenu , aimant mieux sacrifier mon amour-propre que de faire de cet ouvrage une arène pour la controverse.
L'idée de contribuer au perfectionnement de la science ne pouvait êtte que secondaire dans la composition de ce Cours : l'objet principal , celui que je devais avoir continuellement en vue, était d'appliquer cette science à la patrie de mes augustes élèves, et de les accoutumer à juger, d'après des principes sûrs et invariables^ les phénomènes que la Russie présente sous le rapport de sa richesse et de sa civilisation. Or un ouvrage conçu dails cette intention, lors même qu'il n'aurait