‹ Cours d'économie politique;Chapitre 42 sur 173 · LIV. I, GHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. I, GHAP. VI

division du travail y est poussée plus loin que par* tout ailleurs ^^a).

L'idée que je vous ai donnée de la division du travail ne serait pas complète, si nous ne tâchions pas de remonter à sa source et de connaître le prin-» cipe qui y donne lieu. Ce principe , à oe qu'il paraît, est le même que celui qui fait naître les échanges : il consiste dans la diversité des dispositions naturelles de l'homme eé de celles de la terre {h). Les talens et les goûts des hommes varient tellement qu'il ne se trouve pas de société, quelque petite qu'on la suppose , dans laquelle cette diversité ne se fasse remar*» (pier. Or, chacun aisie à se vouer de préférence à la besogne pour laquelle il se sent du talent et du goût , et si tous suivent leur penchant, la division du tr»* vail se trouve établie. Dans un village , par exemple, ua individu a de l'aptitude pour tisser de la toile ou du drap; un second, pour fabriquer des ustensiles de fer; un troisième, pour cultiver la terre , etc. ; et cette aptitude particulière est secondée dans chacun par un penchant très-^décidé qui l'entraîne vers ces occupations. Chacum d'eux s'aperçoit qu'il réussit moiasi bien dans la besogne pour laquelle il a moins de disposUâoiis : qu'y a-t-il de plus naturel que de les Voir s'accorder de manière à pouvoir se livrer chacun à l'occupation qu'il préfère et dans laquelle il réussit ? En conséquence , l'un se borne à être tisserand , l'autre à être forgeron , le troisième se voue exclusivement

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{a) Voyeai l*tatroductioâ gésërale, p. 61 -6<7l.

{h) J.-B. Say, Traité décon. poUt,^ a* édit. , toai. I, p. 8r.

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à la culture, et chacun échange le produit superflu de son travail contre le produit superflu du travail de l'autre.

Ajoutez à cela l'influence que la diversité du sol «t des produits spontanés de la nature exerce siir le travail humain, et vous concevrez aisément qu'il doit nécessairement se 'diviser tôt ou tard dans tout pays de quelque étendue. Ici la terre est fertile : l'homme s'applique à la cultiver ; là elle présente de bons pâturages : il préfère de noutrir des troupeaux.. Placé sur le bord de la mer ou d'une rivière poissonneuse, il deviendra pécheur; habitant d'une contrée agreste et couverte de forêts , il s'occupera de la chasse. Les premiers arts ne peuvent naître que là où se trouvent les matières premières : ainsi dans une contrée qui produit du lin , du chanvre ou de lalaipe, on devient tisserand; dans celle qui est riche en fer, on établit des forges. Enfin , si le commerce se sépare des autres industries, c'est d'abord dans ces lieux qui offrent une communication facile avec d'autres contrées, soit par les rivières, soit par le voisinage de la mer.

C'est ainsi que la division du travail s'établit nécessairement partout où les hommes sont [libres de choisir les occupations qui leur conviennent (a). A mesure que la division fait des progrès, les échanges

(a) Il s'ensuit qu'elle ne peut pas s'établir là où le contraire arrive. C'est une des suites les plus déplorables de la servitude qu'elle empêche la division du travail, et par conséquent le perfectionnement de l'industrie et Taccrobsement de la richesse nationale.

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