‹ Cours d'économie politique;Chapitre 44 sur 173 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Desliomes que la nature des choses met à la division du travail. Bornes prescrites par la nature des travaux.

Cependant la division du travail ne peut pas aller à l'infini :.elle a des bornes prescrites par la nature des travaux et par le débit du produit.. ^ .

i74 PREMiÈllE PÀRflÉ.

Liai nature de certains travaux admet un^ ^tmde division; celle d'autres travaux s'y reffisé pmmtùe entièrement.

L*industri^ manufacturière est celle de toti^tes qui e$r susceptible d^ k plus graride^i^isiofi; l'industrie agricole admet le moins de division dans lés travaux ç l'industrie commettante tiéttt le milieu e»tre les deux autres. Lé térfbin que les cultivateurs tfavaillenty est très-étetidtt , et les forœ à se teiiir à dé grandes distances les uQSf des autres. « De plus , Pagrieultare n'admet pas la contiriuilé d'un« mfynû opéca^oni Uii même homme ne saurait iafeourer toute l'atmée^ tandis qu'ij^n aui^e técoherafit oomtHmnoerit fjnfîtijil est rare qu'on ^puisse s'i^onner à une mênie: çutenre datis toute l'étendue de son terrain^ et la ooniinuer pendant plusieurs ann^ées de suide.' La t^rre ne le supporterait p$s| et si k culturel était . nmfdripe sur iàt^^txû^ptoptiéié^ les façons à 'd«»inêr aux terriss et lés réciôltes tomberaient aux; itnémes' Coques ^ Mndi^ quef dans d'autres infiCans les .oiivrîiers reslsf î^eàff oi^ift.

oc La iiatei»e ^es travaifôc dé la iampagrie; ren% eur core qu'il convienne au cultivateur de produire luimême les légumes, les fruits, les bestiaux^ et même une partie des. instruinenS et dei Xiomstructions qui servent à^la consommation de sa maison, ou à sa production^ quoique ces choses soient d'ailleurs l'objet des travaux exclusifs de plusieurs professions (tz).»

CélKI péUltêtpe' Fîmpossibvliié dé £a[ire une sép^a-

{a) J.-B. Say ,• TOAite?, eto , i^ «dit, tfeittî. I^ pâg.v^^i .

IiIV. I, CHAP» VII. 175

ttOD aussi entière et aussi complète des différentes branches de ragriculture , qui est cause que dans cet art les facultés productives, du travail ne font pa$ des progrès aussi rapides que dans les ïnanufac* tures et le commerce. En comparant l'état de Tin* dustrîechaz les anciens et chez les modernes, ohez ks peuples éclairés et cbea les nations ignorantes , il s'en £iut de beaucoup cpie ragriculture nous présente «Btte extrême différence qui nous frappe dans l'état des flkanufactures et du commerce obéz les uns et ks autres. Combien les manufactures n'ont-elles pas gagné depuis trois sièclies par une distribution mieux entendue âes travaux ^ par Tapplication de la chimie et de la mécanique ? Combien le commerce ne s'est-il pas perfectionné par la découverte de la botrssole, par l'invention Hes mohtres , par Vétabtissemeft t des postes et des banques ^ par l'introduction des lettresde^change? tandis que l'agriculture, malgré le progrès général des hnnières ^ malgré celui des sciences naturelles en particulier, malgré les eneouragèmens qnî lui ont été prodigués par les gouveraemens et lesielforts. àts société» saviantes, n'est plas bien k)m aujourd'hui du, point où elle était €he2^'les:|>euples éclairés de l'antiquité. Lorsque Richard Arkwright inventa I4 mai^iiae à filer le coton, il abrégea les deux tiers de ce genre de travail et le rendit vingt fois pins productif <pi'if n'^étart auparavant r or quelle esa Pînventîon éïi agriculture dont l'effet puisse être comparé à celui-ci?

T^es jtcirres des pe|i|)l<çs ipdwtriaux çt riches s^mt, à la vérité, en général mieux cultivées que eeUeHsdi»

j'j6 PREMIÈRE PARTIE^

peuples moins avancés en civilisation et en richesse; les premiers en retirent aussi un produit plus grand : mais la supériorité de ce produit n'excède pas de beaucoup la supériorité de travail et de dépense. Les pays arriérés en prospérité, malgré l'infériorité de leur culture, peuvent en quelque sorte rivaliser avec les pays prospères pour la bonté et le bon marché des produits agricoles , mais ils ne peuvent prétendre à la même concurrence eh fait dé manufactures , du moins si ces manufactures sont analogues au sol , au climat et à la situation du pays prospère. Le blé de Russie est tout aussi bon et presque au même prix que le blé d'Angleterre , quoique la Russie soit inférieure à l'Angleterre du côté de l'opulence et de l'industrie (a). Toutefois les terres d'Angleterre sont mieux cultivées que celles de Russie. Mais les denrées manufacturées d'Angleterre sont en général supérieures à celles de Russie, et à beaucoup meilleur marché à pareil degré de bonté.

Cependant, s'il est vrai que l'industrie agricole est moins susceptible de division que les autres industries , il faut aussi convenir que l'ignorancis et l'intérêt mal entendu des. cultivateurs s'opposent souvent

(a) Turgot dit positivement que de son temps le prix des grains' de France était pins haut que celui des grains de Pologne, et que les con^merçans français ne pouvaient soutenir la concurrence de Dantzic et des autres ports de la n^er Bal* tique, qu'à raison de la différence des frais de transport, qui sont moindres pour la France lorsqu'il s'agit d'approvisionner l'Espagne ou quelque autre pays méridional. ( OEuvres^ t. YI, pag. 174.)

à telle séparation de travaux qu'il serait possible d'y introduire. Bien des travaux étrangers a ragricultûre sont exercés par les cultivateurs, dans la vue de gagner eux-mâiâes lei proBts c(ue feraient sur ces travaux les artisans ou les commerçans auxquels ils pourraient lesi abandonnen Ces cc^ltîvateurs calculent mal : la division du travail permet aux manufacturiers et aux commerçans d'exécuter pour eux ces travaux à moins de frais qu'Hs he peuvent 4és faire eUx-n^êmes. Il y a lieu de croire qbe ie.hàs ^i4i^ du sucre à la Chine tient en partie 4 <ce qu6'>Ia éivhion du travail dans la production de btiîè à^itéé-y^ést poussée plus loin que dans les colonies eurôpéèntiës d'Amérique. « La fabrication du ^âàre à la'Cbine^idft le 1<^ Macartnejr {i)f est une entreprise dont ik se mêle point celui qui cultive les cannes. L^s falbrîc^teurs se transportent dans les plantations sivec l'appareil qui leur e^t nécessaire , >étque les planteurs des Antilles regarderaient con^me itt^uflfisaht et digne de. leur mépris»;» Il est vrai quë lèlè liombreux can^Ui[ dont la Chine est traversée^ présentent pôtir delà' des facilités qiie n ont point les îles «à sudre ; néanmoins il est prouvé ^ comme nous le. verrons au LiVi« I^^, que, diansices dernières, ce genre dfindiiistrie n'est point encorece qu'il'devrait être pour foui^nir cette denrée au meilleur marché possible; '• ' i ');:'»>

(a) Voyage a la Chine ^ tom. IV, pag. 198. ,

î. la

CrHAPITRE VIIL

^M^' fire^rîll^. à Oa'WU5Î^oii du trarail par rétcDdue iàn

'v::;YQ9^ 9^V^^^ ^^ 9 Mebsf^gnéttt^^ que <Ufdiytsîon>dii .tr^a^^ii' 3<j||[p<fee l'^obltiiige jdu ^produit. sii:pea^fl«. Un rl^n^ltiii^ 4|iH[pie vou^ À/uiii^.t9€CupatkMaL ë^dbsive^ .ne •fjpavaUI#((^ç im»* M^ 9Qiri besoin;: oommént satUfb-

^^Hp^rAn tl^i son firocinit.ooiitrè d^^utres ^produits? : ^ ^ ^'eif9ujil< 4e JLèi:qii!e/laidîvjfston du^^^ iestien- (^€ d!i[|i^ée.p9P l<S;>délftit\â«.i|^6dmtvlou pour pàèlsr Je, 'I|a^g9ge 4^: ila isdif i^Q^ y (pir Wétend^ei (du maxtAê. Xi\^ >ou vriecà p^av^ii t, {s^iTMper (46t9000sépinglés')d«3s 41^ jj^plju*, «adi% -ce ne p(S»t (ê^ ^mxk^ ehaésftfi joar; w rpÂreil . n0ttIatr.Q id']épinglei.HSi 1^ (lexH^nde j<)^i^ctl»èit^ pevs'ttood qn'àaiotyOoé lépm- ^^j^ rla ;&bi4q^t}pA iinf polirra se diwiaei: îà>cé)ipbîttl , psprc^^qfue uu ûgiimd pitojduitTSuiçraf^r^ljfc^b^evQaiide.

Le débk j^ ôil le manche , peut .être }bonié à- JTendipît mém^ 0^1^ trav^l^faai^ tlipdtit aussi-siétendneistir d'autres contréç^. • ; j j.i /

Il y a des travaux dont les ^produits sont. nécessairement consommés dans l'endroit même où le.trairail se fait. Tels sont, par exemple, les travaux des porte-faix, des chaircuitiers , des charpentiers, des maçons. D'autres travaux fournissent des produits

i|«i posfraiidiit 4erô oonsoiimils «Ulrat^ , tti«is ^ ne le sont |ia8 , «oit fiarpe que ies «néfn^fiFofefiilioliB Vy tt«ii^«|it «Mjà 'ëteMies, pok pajpce i{ué le po^k, traospM^té «tt 4oiii , ireviendi^it «( th^eft qu^il ne trtMâ-" verait plus de consommateurs qui vonluBS^ent i^

Lcivsqaé le débit esit 'bomjé au 'liea <m le travaill ée fctt , la :^i4iÂon «du «raTail «n^pose une ^ftwide ft^pti^ latkm *{iftâ«etâHée dam le MeMe -lietl. Cl*«6t la réi^ôii pëur^t^^Jè^ifate genfres (findustlrie ne pètivetitis^étâ<* blir 'i^i^ùrs ^iae "dtes les grandes viHes. 'Otr pottëi feijc j ^r ejLeniple , ne pourfairt pas troirm* aéséi â'fehip*ol -Ôans un Village an Aans tine pfetité tfflé , pour ^e tbriie*' ^uilmjûèriient à te métier. ^Les arBsàti^ Sefe campagne 'sont prest|ue pafrtout idans la néceskiti de V^onuer^ -tontes tes l)ranches^%i<9Qi5trfe qui tmt quelque wpport «avec lèurhiétier. Un charpenWei^dié VîBéHge semfileile toute «spèce d^outrage «n bdi^;^ sètmrier de iFÎflage «e charge die ix)trt cfe quî^ë ftrft feti ^ 't ^'il Voûkit *se 'borner à son mëtter, ^ïl éféraît pins tfV^ttVrage qu'on ne ^demanderafit. ' . .

fl eh est "de méiwe relativement à îlndti^trie xrom* «Mrçaîyte. ce N^et tm éfficiw i8e ^Uge : la tonsèim^ ihation bornée de ses -denrées l'oblige à être .eh même ^tetops uiarehand de merceries , marciianH de ptfpier, oàbaretier peut-être; tandis que dans 1ié& ^ffandes villes^ la vente, non pas des seules épiûeHék\ mais même d^utie seule drogue , suffit pom^ faire un commerce. A Amsterdam, à Londres, -à i*aris,Tl"7-a des heatigviies «eii lltmm^ yau^MiMas.QhùsA'CpJîs^^jdu. thé, ou des huiles, ou des ^naigifes. Awssi ^dl^aeane

l8o PjElEMlisRE PARTIS.

da jÇ0S; boutiques est bien mieux assortie dans ces di|rér6(ijte$ danFées>,.et on les j achète. à meilleur çOiVP^l^i à qualités (égales , que dans les boutiques oîi l'oii.yeDd.én m«ine ïe^ps un graçd nombre d'objets

diffiérws (ûj)^ » ;

« De ce qu'il faut nécessairement une consommation ^^Pl^idérable pour que :1a division dû travail soit ppussée Jusqu'à son dernier terme ^ il résulte qu'elle ^^;peut pas s'introduire 4ans la fabrique des produits qui,, par leur haut prix, ne sont à la portée que d'un pe^t nombre de personnes. Elle se réduit à peu de chose dans la- bijou tejriç^ surtout dans la bijouterie r^f^rçhée. Et comme nçtus^avon^ vu qu'elle est une {^.q^uses de la décpuverteet de l'application. des prçcçdés ingénieux,^ iLarnire qu§; c'est pi^écisémeçit ^a9S,Ie;3 pf*o4actt9,ns d'un ;1;r£^vail exquis, que de tels p^p^és^serenconlxentplHs: rarement. En visitant }'a^ej[ie^: d'ijin lapidaire, on sera; ébloui de la richesse ^es^ q^at^ères, de la patience, et de l'habileté de l'ouij^ripi^; jmais ç'e^t dans, les atehers où se préparent en grand les choses, d'un \isage commun, .qu'on s^era frappé d'une méthode . heureusement - imaginée"^ pour ^^P^(^|^fjla. fabrication. et la r^adre plus parfaite. En ;vQya^^/,u^ bjjpu, on. s'imagiiie .aisément les outils et If 3 {prx)Géd^s. par. lesquels . çn est ' parvenu à le. faire ; inais en ,vc^^t un lacet de fil , il :ést peu de personnes qui, se:,dpi:itent. qu'il ait,, été fabi;iqué par:un cheval OJif pf^ pi^ courant d'eai^ ; ce qui est pourtant vrai (é). »

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' '»(<») J>B.Say, 2Va)û6e% ^tc, ï^ edit., tom. I, p. 68/ -

LIT. I, GHAP. Vm. i8j

Un travail qui ne peut se diviser, faute de débit pour son produit, devient susceptible de division lorsque le débit augmente ou lorsque le marché du produit s'agrandit. Le serrurier de village ne se mêle des métiers de maréchal-ferrant, de forgeron, de cloutier, etc., que par la raison qu'il ne pourrait pas vendre dans son village tous les ouvrages de serrurerie qu'il serait en »état de faire : mais supposons que son marché s'étende, qu'il trouve moyen de débif-ér dans les environs ses ouvrages de serrurerie; dail^ ce cas il se bordera à son métier; et si par la suite le marché s'agrandit de plus en plus, et qu'il he^suffll plus pour le fournir lui seul; il s'associera un ou plusieurs ouvriers, qui partageront entre eux la confection de ces ouvragés. ' ' 1 Vous concevez bien que les produits de notresèrrurierne trouveraient point de débit dans les endroits éloignés de son village, s'ils y revenaient plus cher que le prix auquel on pourrait les fabriquer sur les lieux. Cependant les produits qu'on envoie au loin, ont à supporter les frais de transport qui augmentent leur prix. Ainsi, plus ces frais sont modiques, plus lé marché d'un. objet destiné à être envoyé au loin, peut s'agrandir, et plus aussi le travail qui produit cet objet, devient susceptible de division.

i Or quelles sont les circonstances qui diminuent les frais de transport? Cette question est d'une telle im • portance, qu(e j'en réserve la solution pour le cba-: pitre suivant.

ill!i FB^MiinB PAmru.

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