‹ Cours d'économie politique;Chapitre 56 sur 173 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ce que c'est qu'un fonds , et comment les capitaux diffèrent

des fonds de consommation. ^

ÇJn comprend sous le nom dejonds toute provision accumulée de richesses. Ainsi une maison d'habitation, un atelier, une quantité de vivres, de matières brutes, d'ouvrages de manufacture, de denrées de toute espèce, forment des fonds tout aussi bien qu'une somme d'argent. Lorsqu'un fonds est consacré à la production matérielle, il prend le nom de capital.

Je dis, quand il est destiné à la production matérielle ; car un fonds accumulé pour être employé ou consommé d'une autre manière ne constitue poii^t un capital : on l'appelle alors fonds de consommalion (i). Ce fonds sert en partie à l'entretien du

(i) Cette classification des fonds est celle de Smith, qui les appelle Stocks. (^FTealth qf nations, book II, ch. i.) Peutêtre ferait-K)n mieux d'appeler provision, approvisionnemensy

îio8 PREMIÈRE PARTIE.

travail immatériel, en partie à nourrir des fainéans qui ne produisent absolument rien.

Vous voyez que dans le cas même ou un fonds est employé à la production immatérielle, il ne pqrte point le nom de capital. Le^ fonds qu'un gouvernement emploie à maintenir la sûreté publique et privée; ceux qu'un particulier destine à son propre perfectionnement ou à l'éducation de ses enfans, ont certainement un emploi très- utile, puisqu'ils sont employés h produire des valeurs : cependant l'usage ne veut point qu'on donne à de pareils fonds le nom de capital, et en cela l'usage est fort raisonnable. Un fonds de richesses employé à la production matérielle se reproduit sans cesse, tant qu'il n'est pas détourné de sa destination ; un fonds de richesses destiné» à la production immatérielle, cesse d'être un fonds de richesses et se transforme en biens internes, en valeurs immatérielles. C'est donc très à propos qu'on distingue par des noms différens deux espèces de fonds dont l'emploi est si différent (i).

ce que l'auteur appelle ici /onds de consommation ; et de réserver l'expression de fonds pour les valeurs dont on dérive un revenu, ou une jouissance qui est une espèce de revenu. C'est ainsi qu'on dit ym fonds de terre ^ un fonds capital; uue ^ maison d'habitation est un fonds à cause de la jouissance qui en résulte. On en |>eut dire autant d'un fonds mobilier , de la vaisseUe d'argent, des bijoux, de tout ce qui conserve sa valeur, et que l'on peut réaliser au besoin. Le fonds est alors / égal à la valeur qu'on en peut tirer. J.-B. S.

(i) Les deux emplois de fonds auxquels l'auteur fait allusion en cet endroit, ne diffèrent pas i^utant qu'il l'imagine*

Hy. II, GRAp. u îàoy

Ainsi, le caractère essentiel <]ui distingue les ca« pitaux des fonds de consommation, c^est que les uns se reproduisent par laction du travail industriel qui les emploie , et que les autres ne se reproduisent point. Le capital se consomme tout aussi biea que le fonds de consommation; mais çn se consommant il se reproduit. Un capital est une masse de richesses destinée à la consomn^ation industrielle, c'est-à-dire à la reproduction; un fonds de consommation est une masse de richesses destinée à la consommation. sté<^ rile , à celle qui ne le reproduit point. A la. rigueur, la consommation industrielle n'est point une . consommation : tous les autres individus consomment

Les valeurs que l'on consomme pour son propre perfection^ nement.ou pour l'éducation d'un enfant, sont des fonds qui se reproduisent , aussi bien que ceux que Ton consacre à la production matérielle. Lorsque Ton fait étudier la chirurgie à son fils, on dépense 20 ou 3o mille francs pour cet objet; mais à mesure ^a'on les dépense , la capacité de l'élève croit : il devient capable de pratiquer un art qui lui rapportera l'intérêt viager des fonds coitsacrés à son instruction. Cette capacité, que l'auteur nomme un bien interne, est un bien aussi réel que des produits matériels et duquel on retire un revenu très- matériel propre à nourrir, à vêtir, à loger son propriétaire.

Autant il> est nécessaire pour éclaircir une 'science d'anaijser, de classer solis différéns chefs et sous différeos noms, des idées réellement différentes, autant il est utile de grouper celles qui ont de l'analogie.

Les valeurs qu'un gouvernement consomme pour maintenir la sûreté publique et privée, ne sont pas des fonds, ainsi qu'il est dit plus haut : ce sont des revenixs. J.-B. S.

les rû^hesses, mais le travatUeur iadustriel ne fait qu'échanger celles que lui et son travail ecmsommeiit^ contre d'autres richesses que ce travail produit (a)*

Il n'y a presque aucune industrie qui ne suppose un capital quelconque pour être exercée. Quelque habile que soit le travailleur, quelque envie qu'il ait 'de tra^ vailler, s'il manque de std)sistanoes, de matières et d'outîls , il ne peut rien produire. Quelquefois ^ à la vérité) la matière est donnée gratuitement par la nature, et le travail n'exige d'autres outils que les main£^ du tràvailleiir : mais , dans unpnaticMi prosipérante,/ les richesses qui s'obtiennent à si peu d4 frais ne forment que la plus petite partie du produit total de l'industrie. Il ne faut pour tout outil à ces femmes et à ces enfans qui recueillent les petits fruits sauvages dans les bbis, que leurs mains^ tout au plus un pàniei'; les fruits sont donnés par la nature : cependant l'entretien de ces travailleurs suppose encore des vêtemens^ de la nourriture, un abri et d'autres choses dont ils sont obUgés de (we l'avance jusqu'à ce que le produit de ieUr travail soit vendu et que l'acheteur leur en ait rembourseriez frais.

(a) Les Ibnds étfin| une troisième soarçe de production , tout oe.qui a é%é dit dfuis le chap* I du livre I par rapport, à la nature et au U^vail , et t encore applicable anx fonds. Cepx-cî, lorsqu'ils sont appliqués à la production iumuàtérieUe^ peuvent aussi devenir indirectement productifs en richesses; mais e'est leur effet direct que nous devons considérer dans I» théom de la richesse natioxiales . .

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