‹ Cours d'économie politique;Chapitre 55 sur 173 · LIV. ï, CHAP. XI. • 2o · texte numérisé non relu

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sa subsistance d'un jour à l'autre, et même d'heure en heure, à mesure qu'il en a besoin. Il se trouve parlà en état d'employer tous ses fonds dans son métier; il peut fournir une plus grande quantité d'ouvrage ; et le profit qu'il y fait compense bien au delà le surcroît de prix dont les marchandises qu'il achète se trouvent chargées par le profit du détailleur.

En vous exposant le système des économistes, je vous ai dit que ses disciples ne regardent comme productif que le travail agricole ; le raisonnement que nous venons de faire peut servir de développement aux preuves que je vous ai fournies alors contre cette opinion.

Ce même raisonnement vous indique encore ce qu'il faut entendre sous le nom de production annuelle ou A^Q produit annuel. Ce n'est pas seulement le produit des terres d'une nation, ou celui de ses terres et de ses manufactures : c'est le produit de son industrie en général. Le total des valeurs créées dans la matière, pendant l'espace d'une année, an sein d'une nation, — voilà ce qui constitue le produit annuel de cette nation.

En conséquence , ce produit se compose de trois sortes de valeurs : i® de la valeur de tous les produits brufs fournis pendant l'année par l'industrie agricole ; 2® de la valeur ajoutée par l'industrie manufacturière à celle des produits bruts; et 3° de la vale^ur ajoutée par l'industrie commerçante à celle des produits bruts et manufacturés. La somme dé ces valeurs est \e produit total àe la nation, qu'il faut

aoÇ PREMIÈRE PARTIE.

encore distinguer de son produit iiet j ou de cette partie du produit total qui lui reste , déduction faite des frais de production (i).

(i) "Le produit net d'une entreprise est son produit brut ou total dont on a défalqué les frais de production; mais pour une nation son produit net est précisément la même chose que son produit brut ou totale

£n effet quand un fabricant de drap achète de la laine à un fermier 9 le prix de cette laine ne fait pas partie des gains du fabricant , mais ce prix fait partie des gains du propri^ taire de la terre, puisqu'une portion de ce prix a servi à payer le fermage ; il fait partie du gain des berger^, des tondeurs, etc. , puisqu'il a servi à les payer. Lorsqu'un marchand de drap à son tour achète au fabricant une pièce , non-seulement il rembourse le prix de la laine, c'est-à-dire les bénéfices nets dont ce dernier avait fait l'avance , mais de plus le bénéfice net du fabricant, de ses ouvriers, etc. II est enfin remboursé Itii-méme par le conscmunateur, non^seulement de tous les profits nets .qu'il a avancés, mais encore de celui auquel lui-même peut prétendre. Ou voit qu'il n'y a pj^ un sou de la valeur totale de la pièce de drap , qui n'ait servi à payei; quelque profit net à quelqu'un. Tous ces profits réunis équivaknt donc exactement à la valeur totale de la pièce.

Comihe il en est ainsi de tous les produits, leur valeur totale est la même chose que la valeur totale des produits nets qui ont été recueillis dans la ^tion. J.-B. S.

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