‹ Cours d'économie politique;Chapitre 59 sur 173 · LIV. II, GHAP. II. 2l · texte numérisé non relu

LIV. II, GHAP. II. 2l

Chez les nations prospérantes qui exercent toutes les différentes branches d'industrie, les, trois sources indiquées sont également in,dispensâbles dans ]a plupart dçs productions; mais il y en a aussi dans lesquelles l'une ou Tautre n'est paà requise.

Les productions spontanées de la nature n'exjgent ni travail ni capitaux; elles ne demandent qu'un fonds de terre.

« Lorsque le fonds de terris n'est la propriété de personne^ .comme certaines carrières oii l'on puise des, pierres, cprome les rivières, les mers, où l'industrie va chercher du poisson, des perles; du cor rail, etc., alors, on peut dire qu'on obtient des produits avec de l'industrie et des capitaux seulement.

« L'indy^tpie et le capital suffisent également, lorsque. la première travaille sur des produits d'un fonds de terre étranger;, comme lorsqu'elle fabrique chez nous des étoffes de colon, ou lorsqu'elle fait le commerce avec des marchandises étrangères. Ainsi, à considérer chaque nation* en particulier, on; peut dire que le$ manufactures et le commerce donnent des produits, pourvu qu'il s'y trouve industrie et capital; lé fopds de terre n'est pas absolument nécessaire, à moins qu'on ne donne ce nom au local oîi sont placés les ateliers, les comptoirs, les magasins; ce qui. serait jusfte à la rigueur. Mais si l'on appelle ainsi le local où s'exercent ces industries^ on conviendra du niioins q.ue sur un bien pqtit. fonds de terre on pei^t. exercer une bien. grand? industrie manufacturière et commerçante, pourvu qu'on ait un gros ca-^ pital. , ,

!2l4 PREMlÈRfi PABTIZ.

« Vous pouvez tirer de là cette oonséqUenee que ^industrie d'une nation n'est point bornée par l'éten* due de son territoire, mais bien par la grandeur de ses capîtaus:. On a vu des peuples, eomm^ les Hol* landais, les Vénitiens, les Genevois, dont le territoire né produisait pas la vingtième partie de ce qui était néce$$aire à leur subsistance, vivre néanmoins dans l'abondance.

a Toutefois l'industrie agricole est nécessairement bornée par l'étendu^ du fonds déterre (a). » Ifee iia-' tion (|ui habite un petit ;tei»ritoire peut devonir fiehe par lès 'Manufactures et le commerce, mais elle sera toujours dépendante des autres nations pour les denrées nourrissantes et les matières premières. Or, quand là uéeesaité l'exige , on peut se passer de la jJupart des objets manufacturés de l'étranger, <»ttiine des pr<>duils de l'autre hémisphère; mais un peuple qui manque de matières premières et de subsistances doit infailliblement périr de misère.

Qu'une production exige le ocmcours des trois sources, il n'est pas indispensable pour cela qu'elles se trouvent réunies dans les mêmes ipains^ c^u'elles appartiennent à la même personne. c( Le propriétaire d\in fonds de terre peut te prêter à )a personne qui ne possède que de l'industrie et un capitafl;***la per« sonne qui possède les facultés naturelles et acquises nécessaires au travail , peut prêter son industrie à celle qui n'a qu'un fôqds de terre et un capital; -^ enSn le possesseur d'un capital peut le prêter à |ine

(flf) J.-B. Say : Traité ^ elc. , i'* édit. , Hv. I , chap. 7.

LIT. Il, CHAP. II. ai 5

perspime qui n'a qu'un fonds de terre et de l'industrie.

.<€ Soit qu'on prêté un fomds de terre, de l'îodus^ trie ou un capital, ces choses^ concourant à créer une valeur, leur usage a une valeur aussi, et se paie pour l'ordinaire. Le prix d'un fonds de terre prêté se noiome un fermage;* — le prix d'une indu^rie prêtée ^ nomme un salaire ; — le prix 'd'uïi eapital prêté se iKnmne tantôt tin intérêt et tantôt un loyer (a)« »

C'est ainsi que les causes de la production .matérielle sont en même temps les sources des revenus primitif qui existent. Tout revenu primitif provient, ou d'un fonds de terre, ou d'un travail industriel^ où bien d'un capital. Mais le revenu provenant de l'industrie diffère essentiellement des autres espèces de revenus. Un homme qili possède de l'industrie n'en peut jantisris retfiver un revenu s'il ne l'emploie pas lui-m^me; en d'autres termes, c^lui qui veut ga^ gner un salaire est obfigé de travailler. An eoitittraire, rhoœme qui possède un fcxEids de terre ou un capitaîl en peut retirer un revenu sans les employer lui-même ; il peut' guigner un fermage, un intérêt ou loyer, sans travailler.

Ua revenu qui est ^ inklépendant du travail se nomme une rerUe : ainsi, au lieu de dire /ermage^ on

dit souvent rente Jbnezère; au lieu de dite intérêt ou

loyer y on dit rente de capital. Les propriétaires fonders et les capitalistes qui n'emploient pas eux-même^ leurs fonds de terre et leurs capitaux, mais qui en retirent une rente eu les prêtant, sont appelés /^/{^/(gr^.

(«)J.-B. Say, Traité y etc, i'* édit.^liv. I, chap. 7.

ai6 PREMIÈRE PARTIE.

. . L«es £c>^nds de terre et les capitaux ne donnent pas seulement une rente au propriétaire quand il les prête; ils lui en donnent encore quand il les emploie luimême. Un homme. qui cultive à ses propres frais le jardin qui lui appartient, réunit dans ses mains le fonds de terre, l'industrie et le capital. Néanmoins il retire du»premier une rente foncière; de la seconde, «a subsistance, qui équivaut à u^ salaire; et du troisième, une rente de capital. La vente du produit annuel de son travail doit lui rapporter une valeur égale aux trois valeurs suivantes : i ^ au salaire qu'il aurait du payer à un autre ouvrier, s'il n'avait pas travaillé lui-même; 2^ au fermage qu'il aurait du payer à un autre propriétaire, s'il n'avait ,pas possédé lui-même un fonds de terre; et 3° à l'intérêt ou au loyer qu'il aurait dû payer à un autre capitaliste, s'il n'avait pas possédé lui-même le capital. Supposons qu'il ne pût pas retirer cette triple valeur de son produit : que ferait -il? Il cesserait de cultiver son jardin; car en prêtant son fonds dé terre, son industrie et son capital à d'autres personnes, il est sûr de gagner un fermage, un salaire et une rente de capital.

Vous venez de voir que les capitaux donnent une rente, c'est-à-dire un revenu indépendant du travail: cette circonstance les distingue encore des fonds de consommation; car ceux-ci ne donnent jamais de rente. Profitez de cette nouvelle lumière pour pré- , ciser l'idée que vous vous êtes faite des uns et des. autres.

Un capital est un fonds de richesses destiné à la production (c'est-à-dire à la production industrielle);

tiv. II, CHAP. II. a 17'

c'est un fonds qui se reproduit en donnant une rente. Unybnds de consommation est un fonds d« richesses destiné à la consommation (c'est-à-dire destiné, soit à la production immatérielle, soit à la consommation stérile); c'est un fonds qui ne se reproduit point, et qui ne donne point de rente.

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