‹ Cours d'économie politique;Chapitre 81 sur 173 · LIV, III, CHAP. I · texte numérisé non relu

LIV, III, CHAP. I

et salariés^ non-seulement se maintient dans toutes les périodes suivantes de sa prospérité, mais elle devient plus forte et plus tranchante à mesure que la richesse et la civili$ation font des progrès. Plus il est facile aux capitalistes et aux propriétaires de retirer un revenu de leurs capitaux et de leurs terres sans travailler eux-mêmes, plus ils se reposent sur la classe des travailleurs du soin de les faire valoir. Cependant il ne s'ensuit pas que les sources de production se trouvent nécessairement et constamment séparées : le capitaliste est souvent propriétaire; l'un et l'autre emploient souvent eux-mêmes leurs capitaux et leurs ' terres ; enfin tous peuvent être en même temps salariés.

Tout produit est d'abord la propriété du producteur et de celui qui lui a fourni les moyens de produire. Or, comme le produit annuel d'une nation prospérante est dû au concours des trois sources de production, il s'ensuit que ce produit appartient exclusivement aux trois premières classes qui possèdent

M. Siorch comprend les ouvriers dans ce qu'il appelle ici travailleurs industriels.

Voudrait-il désigner par salariés les hommes dont les travaux ne procurent directement aucun produit matériel , tels que les fonctionnaires publics, les médecins, les prêtres, les comédiens, toutes ces classes en un mot que Smith appelle , à tort, selon moi, improductives? Alors pourquoi ne pas adopter franchement la doctrine et les dénominations de Smith? et pourquoi ne pas réfuter victorieusement la doctrine de ceux qui regardent ces classes comme productives d'une utilité susceptible, aussi bien qu'aucune autre, de se vendre et de fournir un revenu? J.-B* S.

ayO PRETtflÈRE PARTIE.

ces sources. Chacune , en raison de la purt qu*ellè aura prise à la production, pourra prétendre à une part du produit, qui se trouvera ainsi partagé entre les travailleurs industriels, les propriétaires fonciei's et les capitalistes.

C'est ce partage, Messeigneuts, qu'on appelle la distribution primitive du produit annuel. Pour vous en former une idée, écartez pour Un moment celle de l'argent, et fîgurez-voiXs tm pays où les salaires du travail et les rentes des' Capitaux et des terres soient perçus dans la môme nature de richesses qui seraient le produit de la coopération des trois sources de production. Dans un tel pays, uh fermier que nous supposons avoir emprunté le capital circulant employé dans son entreprise, payerait en produits de sa culture, et le salaire à ses ouvriers, et la rente du propriétaire^ et lés intérêts au capitaliste. Ainsi la quantité de blé qu'il aurait produite se trouverait partagée eh trois portions; et il en serait de hiême des productions de toute autre entreprise industrielle : le fabricant partagerait de la même manière les denrées qu'il aurait fabriquées, et le marchand, celles qui seraient l'objet de son commerce-.

Par cette 'distribution primitive, la totalité des propriétaires, des capitalistes et des travailleurs -se trouveraient avoir perçu chacun sa part du produit total; mais chacun aussi ne serait pourvu que d'une seule espèce de produit, savoir, de celle à la confectioti de laquelle il aurait concouru. Cependant leurs besoins kve se bornent pas à une seule denrée : ainsi chacun d'eux, en mettant peut-être de côté b porlion

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qu'il croirait pouvoir consommer, échangerait le reste contre d'autres denrées ou contre des services. Cet échange constitue la (distribution secondaire ou la circulation.

Piar la distribution primitive le produit annuel se répartit seulement parmi les travailleurs industiiels, les capitalistes et les propriétaires fonciers; les salariés n'y ont aucune part. Vous voyez donc que cette dernière classe ne peut se procurer les produits matériels ou les richesses dont efle a besoin , que par la circulation , c'est-à-dire en les achetant par ses services des individus des trois premières classes. Du moment que le numéraire est introduit chez une nation , ce§ trois classes elles-mêmes ne reçoivent leur part du produit annuel que par la circulation ; car alors le fermier, par exemple, n'acquitte plus en blé les salaires et les rentes qu'il doit; il ne retient pas même son revenu à lui en blé : exepté cette portion qu'il lui faut pour sa subsistance,' il vend le tout, •paie les salaires et les rentes en argent, et achète avec de l'argent les autres objets de sa consommation. Cette circonstance est caqse sans doute qu'il nous est un peu plus difficile de nous faire une idée de Ja dis* tribution primitive; mais pour cela elle n'fen existe • pas moins réellement. Les lois d'après lesquelles elle s'opère nous occuperont dans ce troisième livre; celles qui règlent la circulation seront l'objet du livre suivant.

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