‹ Cours d'économie politique;Chapitre 80 sur 173 · LIV. lU, CHAP. I · texte numérisé non relu

LIV. lU, CHAP. I

leurs fonds de cette maiiière . sans travailler euxr mêmes , ils ont multiplié autant qu'ilsv ont pu de pareils prêts, et ils se sont bien gardés de suspendre la faculté productive de leurs capitaux en les laissant chômer, ou de Is^ détruire en les consommant.

L'usage a réservé le nom AecapUalistes aux seuls propriétaires du numéraire accum^ulé ; , mais dans s^ véritable signification ce terme comprend les possesr* seurs de toute masse accu1:^ulée de richesses destinée à la production. Les peuples pasteurs souvent ne connaissent p^s l'usage du numéraire, et cependant il. y a des capitalistes parmi eux, et de gros capitalistes; cardes troupeaux nonibreux, quand ils sont employés à, multiplier les richesses du pâtre, composent des capitaux plus réels que le numéraire, qu'il faut d'a-r bord échanger contre d'autres richesses pour pouvoir remployer à la production. Ainsi, chez les peuples p^teurs, deux sources concourent à la production: I^ produit annuel est dû au travail et aux capitaux , et la: nation se compose de travailleurs et àe^ capitalistes..

Si la classe des capitalistes^ s'établit déjà .chez les peuples pasteurs, celle àe^ propriétaires fonciers ne peut se former que chez les peuples agricoles , car c'est alors seulement que chacun sent le besoin de diviser le territoire de la société et de s'en approprier la portion qu'il peut mettre en culture. Les capitalistes seuls soutien état de faire les avances nécessaijres pour cette nouvelle industrie : ainsi le ter« rain qu'habite la nation, leur tombe exclusivement en partage.

Dès l'instant que le sol d'un pays est divisé en pro-

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priétés privées, les capitalistes. et les travailleurs qui n'en ont point obtenu , ne peuvent eiltreprendre de travaux agricoles à moins que quelque propriétaire ne leur cè^e l'usage de son terrain; or les proprié- ^ taires n'auraient aucun intérêt à le faire, s'ils n'en retiraient aucun profit. Us 'demandent donc une rente, même pour le produit spontané de la terre, et se constituent de cette manière un révenu indépendant de leur propre travail.

iRestent les habitans du pays qui ne sont ni travailleurs industriels, ni capitalistes, ni propriétaire^. Comme cette classe de la société ne participe point aux sources de production , elle ne peut exister que par l'échauge de ses services contre les richesses qui sont la propriété des trois autres classes : elle comprend celle des salariés.

C'est ainsi que toute nation agricole, relativement à la distribution du produit annuel, se trouve divisée en quatre classes , dont trois possèdent les sources de production, tandis que la quatrième n'y a point de part ( I ). Cette distinction des membres de la société en travhilleurs industriels^ capitalistes ^ propriétaires

(i) Il n'est pas aisé de comprendre quels sont ceux que l'auteur désigne dans ce chapitre par le nom de salariés. En français ce nom s'applique aux hommes qui travaillent pour compte d'autrui et suivant la direction de la personne quî> leur paie un salaire. En ce sens les. ouvriers sont des salariés. Mais il serait extravagant de dire qu'ils ne prennent point de part à la production. D'ailleurs d'après d'autres passages , notamment du chapitre 2 du livre II ci-dessus , il parait que

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