LIV, III, CHAP. II
Ce revenu prend difFérens.noins. Or^ cotnmé'c'e^t
.Une chose extrêmement importante dans^ l'étude) des
sciences que d'attacher des idées précises aux termes
facturier ; une autre fois pour satisfaire aux besoins de l'opérateur? On ne peut pas tirer d'un sac deux moutures,. àïl un proverbe populaire. . »
L'embarras où Ton s'est trouTé pour résoudre cette difi(cultéy vient, je pense, de ce que l'on n'avait point, n)éme après Smith, envisagé sous toutes ses faces et dans tqi^^e son étendue le grand phénomène, de la production, de la Idi^trîrbution et de la consommation des richesses. La questÎQn me semble au contraire résolue par la doctrine, établie dans, i^es ouvrages '.
Il est au-dessus du pouvoir de l'homme de. créer ou de détruire un seul atome de matière; qu'est-ce donc que l'homme crée en produisant de la richesse? Une. utilité qui a une valeur. , . . .
Cette utilité est quelquefois attachée par lui à une matière* Quand un manufacturier avec de la filasçç fait de la, toile ^ il loge parle moyen de ses opérations ,• dans de la filasse une utilité qui a de la valeur. Il crée alors un produit matériel} mais ce n'est pas la matière de ce produit qu'il crée : c'es|: $on utilité , sa valeur. - ,
L'utilité d'un service rendu, a une valeur ;9Ujssi bi^n ique celle qui résulte des travaux d'un manufacturier ^ puisqu'elle peut de même devenir l'un des termes d'un troc, d'un écl^^ng^j d'une vente. Cette utilité est donc aussi une richesse créée. Toute la différence qu'on peut remarquer entri^ elle e^^c^lje qui a été attachée à la toile du manufacturier,. c'ç3t que l'utfr
* Voyez Traité d* économie politique, ou simple eaposiiion de la
manière dont se forment ^ se distribuent et se consomment les richesses^
4e édition ; voyez surtout FÉpitôme des Principe^ fondamentaux ,
qui est à la suite de ce traité; — Catéchisme d'économie politique^
a« édition ; — Lettres à Maithus, etc.
a^4 I>RBMIÈA^ PARTIE.
4fai déflîglient tes notions fondamentailes , quoique je ViOUd aie déjà fait eonnidtre les différentes espèces de revenu primitif (a) , j'en ferai encore une fois rénumératipn , et je tâcherai de les définir ausiii
iHéqni rt^snlte du senrice personnel, n*est attacbée à aucune matière. C*est un produit immatériel, qui peut se vendre , mats dont il feut que l'acquéreur se serve immédiatement. Il est consommé à mesure qu'il est créé.
Lors donc qu^un chirurgien fait une opération qui soulage un manufacturier, ils font entre eux un échange dans lequel le manufacturier donne un produit matériel fruit de ses travaux (ou , ce qui rcTieht au même, l'argent qu'il en a tire ) et le chirurgien un produit immatériel , un secours , fruit de ses travaux également. C'est un troc équitable de deux valeur» créées , et par conséquent de deux portions de richesses véritablement produites.
La création de ces deux valeurs diverses, a donné naissance k deux revenus : celui du manufacturier d'une part ; ceint du chirurgien de l'autre. Après avoir échangé mutuellement les utilités résultantes de leurs travaux, chacun d'eux a pu, de son côté , consommer l'utilité acquise par lui ; le manufacturier pour le besoin de sa santé ; le chirurgien pour ses vétemens ou sa nourriture. Il a pu y avoir deux consommations parce qu'il y avait eu deux productions.
Quant à la nature de l'un et l'autre revenu , elle est abso-» lument la même. H n'y a pas de différence entre le revenu primitif et le revenu secondaire. Il y a un revenu partout où il y a une nouvelle valeur produite. On peut par des échanges successifi mettre cette valeur sous la forme que l'on veut quand elle est jointe â une matière ; mais sous quelque forme qu'^Ue se montre, elle constitue toujours Iç méine rçven» jusqu'à sa çQnsi)x^matiA^; époqu/e pu o^tle p/9^tiop de cevfiiijif cesse d'exister. J.-B. S.
[a) Voyez page 21 5.
Liv. nt, CHAP. îi. a'^S
briàveoient et aussi complètement qu^il lâé k sera possible.
La première source de production c'est h travail industriel; les propriétaires de cette source sont \e% travailleurs industriels. Leur revenu se nomme sa^ ktire de V industrie ^ ou simplement salaire^ quand il n'y a pas à craindre qu'on le confonde arec le salaire du travail immatériel X|ui est le revenu des salariés. Le salaire de l'industrie est un revenu primitif; celui ' du travail immatériel est un revenu secondaire.
La seconde source de production comprend les capitaux. Les propriétaires de cette source sont ap<^ pelés capitalistes; leur revenu se nomme rente de capital. Cette rente est dé deux espèces , selon la nature des capitaux auxquels elle doit son origine : celle d'un capital^a?^ s'appelle un loyer; celle d'un capital circulant j un intérêt. La rente du capital est un re- ^ verni primitif, toutes les fois qu'elle est payée d'un capital employé à la production ; elle est un revenu secondaire quand elle est payée pour l'usage d'un fonds destiné à la consommation [a).
La troisième source de production, ce sont les fonds de terre; ils appartiennent aux propriétaires fonciers. Leur revenu s'appelle la rente foncière ou
{a) Smith range la rente du capital parmi les reveniis secôneondaires ( vol. I, pag. 79). S'il en était ainsi, la l'ente foncière serait anssi un revenu secondaire, toutes les fois que 1« propriétaire foncier ne la gagneraitpas paréon propre travaril, mais par cdûi d'un fermier; chose dont Smit^ lu^méfùe soi*tîent le contraire.
7,'j6 PREMIÈRE PA.RTIE.
lejèrmage. Cette rente est un revenu primitif, toutes les fois qu'elle est payée S'un terrain employé à la production ; elle est un revenu secondaire lorsqu'elle est payée pour l'usage d'un terrain qu'oïl destine à un usage improductif, comme de servir de parc, de jardin d'agrément, etc. (i).
Outre ces trois espèces de revenus simples , il existe
(i) Un jardin d'agrément, une maison d'habitation fournissent un revenu immatériel , i^ne jouissance, que le pro* priétaire du fonds , quand il ne la consomme pas lui-même , vend à un locataire. Le locataire achète cette jouissance et donne en paiement une autre portion de revenu provenant d*un autre fonds ( de son industrie , de ses capitaux , ou de ses terres). Cet échange conclu, le locataire emploie à son usage , consomme le service que lui rendent chaque année, chaque jour, chaque heure , le jardin et la maison. Et le propriétaire consomme de son côté les valeurs matérielles qu'il a reçues pour son loyer , ou , ce qui révient au même , celles qu'il achète par leur moyen.
Cornme dans le cas des services personnels, il y a ici deux utilités, deux valeurs produites, par conséquent deux portions de revenus ; elles ont été troquées , puis consommées par les personnes qui les ont acquises dans cet échange ; mais il n'y a pas deux emplois du même revenu , comme l'auteur s^nble ie croire.
Il parait aussi confondre le revenu avec le prix qu'on en tire. Du moment qu'un «homme a créé , par lui-même ou par ses instrumens (ses capitaux ou ses terres) une valeur nouvelle, il s'est créé une portion de revenu. Quelles que soient les transformations qu'il fait subir à cette valeur par des échanges successifs , elle constitue toujours le'même revenu. Les échanges font paraître ce revenu sous différentes formes successives, mais c'est toujours le même. J.-B. S.