LIV. III, GHA.P. II
encore un revenu mixte , qui tient à la fois du salaire et de la rente du capital. Vous savez , Messeigneurs , que les travailleurs industriels se divisent en deux classes , celle des entî^preneurs qui travaillent pour leur propre compte , et celle des ouvriers qui louent leur travail aux entrepreneurs. Le travail de l'entrepreneur consisté à diriger l'emploi du capital ; ainsi son revenu se règle sur d'autres principes que celui de l'ouvrier. Le salaire de ce dernier est simplement un salaire d'industrie, en conséquence il se proportionne sur la nature et la quantité du travail que fait l'ouvrier: le revenu de l'entrepreneur, au. contraire, se mesure sur la valeur du capital qu'il emploie. Le défaut d'un terme particulier pour désigner ce revenu, a été la cause de bien des méprises: les uns l'ont regardé simplement comme Un salaire ; lés autres l'ont pris en entier pour une rente ; cependant il se compose de l'un et de l'autre : nous l'appellerons le profit de V entrepreneur {a). Ce profit est toujours un revenu primitif.
{a) C'est à regret que je me sçr^ d'un terme ai ambigu ^ mais il est généralement reçu , et^e n'en ai point trouvé d'autre qui fût plus analogue. Le mot profit, dans sa véritable accep- * tion, désigne le gain que fait le producteur» ou l'excédant qu'il obtient dans la vente de ses. produits , au d^là de leur prix nécessaire ; dans ce sens il est opposé à celui àe perte, ( Voyez l'Introduction générale , pag. 79.) Pour éviter la confusion des mots, j'ai eu soin de distinguer le gain de l'entrepreneur de ^on profit, même de son profit.net. . .
Smith n'admet que trois espèces de nevenus: il • co]%fond le ^ profit de l'entrepreneur et la rente du capital dans un seul
!»7^ PAEMIÈ&S PARTIE.
Yoiis voyex que la6 tms sources de productkm donneat lieu à quatre espèces de revenus :
L'industrie de l'ouvrier fait naître le jalaù'e de r ouvrier; ,
Le^ capitaux sont la source de la fente du capital;
Les fonds de terre produisent la rente foncière ;
Enfia l'industrie de l'entrepreneqr produit \e profil de C entrepreneur^
Chacun de ces^ revenus peut exister séparénient; ainsi il se peut que Voumer ne gagne que son salaire^ que le capitaliste et le/^rt^p/vi^'^^'r^ne gagnent que leurs rentes , et que V entrepreneur ne gagne que sou profit.
içevenv, qu'il appelle fA^fii des fonds {profiis cf stock). Si Vest pcHir la raison: qu« la plupart d«e» eaitrepreaenrs sont en même teoipy capitalistes^ la même raisoa aurait dû. rengager à comprendre sous une seule dénomination le profit de L'en* trepreneur et la rentcf foncière ; car très-souvent les cultiyatenrs en cbef sont en même temps propriétaires fonciers. L^mbarras dans lequel Smith s'est jeté, foute d'atoir distingué deux revenus absolument différens , n'a pas échappé a ton» ses commentateurs; Say nommément l'a relevé : mais comme cet écrivain ne sépare pas entièrement ces revenus, et qu'il fegarde cfnnme profit net de Tentiepreneur ce qui n'est que son- profit courant, l'obscurité qui couvre la théorie de ce profit n'en » été que moiadre^
Addition à cette nottf par /,-B, S. Comment M. Siôrch s'ar*moge-t-il poav concilier ce^ dieux assertions é^ntradîctoira»: «Say a relevé Terreiir de Smilh qni n'a pas* séparé le « reveau qu'on entrepreneur tir« de son capital, âà revenu tt qu'il' tire de son industrie;. » £t « Say ne sépare pas ces deux « sortes de ifevenus. »
Quant au profit net de Tentrepreiieur, voyee ci-*dess«M la note de l»page^etK
LIY. III, CHAtF. U* 2^
Ces revenus peuvent isnçore sâ tr<H»v9r rdunis dans les mêmes mains. L'entrepre^éup e$t sôuventi capital liste, et quelquefois propriétaire; alors il retire ^ du^ tre son profit d'entrepreneur, la rekite d'uni Cfqpîtal' ou celle d'un fonds de terre. QuelquefoifrtoêideJ^Qiitne^ preneur est encore ouvrir par-diêssus tout eela;* dans ce cas il réunit toutes les' sôui^s de produotibây .èl il en retire toutes les différept^s dspèoeis dis! reirèiiustit Les capitalistes et les propriétaires qui n'etnplbîtiiti pas eux-nKemes leurs capitaux et leurs terres, n'en retirent que les rentes; c'est p€Mirquoi'en4es-dfsttn«* gue par le nom de rentiers.
Quelques exeidplès ifùû$ fètôttimiéùx comprendre comment les différens revenus se réunissent dans les mêtnès maiils^
Il est rare de Voir deà> coirttiietçàAs et des manufacturiers s'établir comme chefs d'entreprises sans qu'ils aicjnt un capital quelconque à eux. HaMnt il la fois entrepreneurs et capitalktes.
Dans tout pays,, u» graiid nombre dé pnopri^laires; exploitant leurs terreë a» moyeh de leurs propresT^â*; pitaux : ils^sont à la fois entrepreneurs^ capiltlja^^^ etpropriéfireé. . . '
Souvent UQ' ou^fiér possède un petit càptti4 siuifif sant p(wr aeh^fHr des onlrls et des matièjrtils^, etf{k«aii subsister }us^u'à ee qu'ii {misse porter son àuvi*ageau[ marchés. Quand lin pareit ôuivrier iravaille pouff: aon^ pro|ire compte, il est à la fois entre[ire(neiir, ea^)»* lisle et ouvrier' (a). i . ' .
{a} |.-B. Ssy : TVofle, etc., i*^* édit, , Ky. I, cliap. 7.
a80' PREMIERS PARTIE.
nLesculttvateifrà libres qui existent en Rtissie , fen conséquence <d« INédit ^bîêirfiisânt du ao février 1 8b3 , cultivent de lôuré mains' ct< àtvëc leur* capitaux, les terrbfifiqifl'ilsioirtachetéès^é leurs maîtres: ils réunîssentfà>lia foîfriesi quaHwe^ ffifFërens caractères d'entreppeneup, d'baVrier^ d^ piroï)rîétaire et de capitaliste. Ain^vfeupipipoidtrit ^it lèui* rapporter le profit du pi«niîe7;;le !sah»^du^otid>^ia rente du propriétaire âtiQ»llQidu''€aipiièlalhlk'^ ;
Mi,n,..i.'a(;., .GHiAPITRE IIJ: ■
De quelle manière et suivant quelles proportfcns' se lait la I » rii&t^ibutwn primitive,
■ EidASHKCNâ^maintenant Je mécanisme par lequel le produit annuel se distri1>tie parmi 'le&* trois classes propriétaire»|d6d sounees de production. Notre prenfitàre^qfies^ion- ^ra de Ravoir» laquelle ^^^éntre elles s&^ai^gçde cette! distribution. Ce «6peut> être que la classe qui fait valoir les sources de prbductiôn, pàlifœ ^e c'est éU^ quien redimlleorigiidairement le prodfjifr. ,€>i^^d6mme'>de 6biit(»les >entti^)lTeneurs qui loueQtie^fbnds d&'tetfre, lesK^itauxet le» ouvriers; ooifimfe'Ce>sbnt<:eiis qui: b^ ermploient^ etventrë les mains: desquels >1^ produit se. trouve au moment de sa création, ce sont eux aussi qui le distribuent. L'entre* preneurest-Fintermédiaire entre toutes les classes propriétaires dès sources idè p!K)duotion, et entre celles-ci