LIV. lil, CHAP. III
des capitaux et du travail , que les possesseurs de ces moyens de productioii leur louent. La rente foncière e^ le prix qu'on paie pour l'usage des terres; la rente du capital est le prix des capitaux , et le salaire est celui des facultés industrielles de l'ouvrier. Ainsi , sous ce point de vue, la totalité des propriétaires de ces moyens peut être considérée comme formant deux partis, dont les intérêts sont absolument opposés: d'un côté se trouvent les propriétaires fonciers , les capitalistes et les ouvriers qui font Tofifre des terres, des capitaux et des facultés industrielles qu'ils veulent louer ou prêter ; de l'autre sont les entrepreneurs qui en font la demande. Le prix qu'obHennent les premiers, se règle sur la proportion qui se trouve entre cette offre et cette demande; il est plus ou moins élevé, selon que la demande des terres, des capitaux et du travail à louer surpasse l'offre , ou qu'elle en est surpassée.
L'entrepreneur retire son profit de la vente des produits créés par l'emploi des moyens de production qu'il avait empruntés. Le taux de ce profit se détermine de la même manière que celui des salaires et des rentes, c'est-à-dire par la proportion entre l'offre et la demande; mais il y a cette différence que l'entrepreneur ne fait pas l'offre d'un travail ou d'un capital à louer, mais d'une marchandise à vendre, marchandise dans laquelle il a placé son travail et le capital dont il a pris la direction. L'offre et la de- • mande des marchandises déterminent leur prix courant, et c'est daiis ce prix que l'entrepreneur doit retrouver, non-seulement le. capital qu'il a sacrifié
pour produire l'a marchandise, plus la rente de ce ^capital, maïs encore son profit. Ce profit lui est payé par ceux qui achètent ses produits.
Vous pourriez me demander, Messeigneurs , corn-, ment se détermine le taux des revenus dans le cas où celui qui les reçoit et celui qui les paie se trouvent être la même personne? comment se règle par exemple le taux des salaires de Touvrier, quand l'entrepreneur est son propre ouvrier; le taux de la re«tc . du capital, quand Tentrepreneur emploie son propre capital; celui de la rente foncière, quand l'entrepreneur cultive sa propre terre; enfin le taux du profit de l'entrepreneur, quand l'entrepreneur est lui-même le consommateur de ses produits?
Dans ce cas, le taux des revenus se proportionne sur celui qui est déterminé par l'offre et la demande, lorsque ces revenus sont reçus et payéà par différentes personnes. Par exemple, un entrepreneur de culture qui exploite sa propre terre avec ses propres capitaux, ne vendra 'pas son blé pour le prix des salaires seulement qu'il a payés à ses ouvriers, plus scm profit d'entrepreneur : il évaluera la rente foncière et ' la rente du capital au taux auquel il aurait du les payer s'il avait loué le terrain et emprunté le capital. De même, un fabricant de drap qui tire'de sa propre terre la laine qu'il met en œuvre dans sa manufacture, calculera la valeur de cette laine comme s'il l'avait achetée : il y comprendra le profit usité d'un entrepreneur de bergerie; et, en vendant le drap, il évaluera dans le prix de ce drap le profit d'un entrepreneur de manufacture. Le principe qui le détermine
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il en âgic ainsi, se trouva déjà exposé dans le livre précédent; je me borne à vaus y renvoyer («).
Résumons. Les revenus primitifs se proportionr nent sur l'étendue combinée de la demande et de l'offre des moyens de, production qui sont les sources die ces revenus. Ainsi :
Le tauK du salaire de Touvrier est déterminé par la proportion entre la quantité de travail offerte par h& ouvriers, et la quantité de ce ^travail demandée par les entrepreneurs;
Le tauK de la rente du capital est déterminé par la proporti(Hi entre la quantité des fonds à prêter offerte par les capitalistes - rentiers , et la quantité de ces fonds que les entrepreneurs demandent à emprunter;
Le taux de la rente foncière est déterminé par la quantité des terres que les propriétaires-rentiers offrent à louer, comparée h la quantité des terres que ies entrepreneurs demandent à louer (è);
Enfin, le taux du profit de l'entrepreneur est dé-
Il ' IM I
(a) Cpmparçz page a 16.
(b) Comme les sources de production ne sont pas louées seulement par les entrepreneurs d'industrie, mais encore par d'autres personnes qui les destinent à un usage improductif , ia demande que celles-ci en font, se combine souvent avec la demande des entrepreneurs, et concourt à élever le taux des salaires, des fonds de terre et des rentes. Ainsi les salaires des ouvriers haussent, quand la guerre. augmente la demande d*homnies; l'intérêt s'élève quand le gouvernement fait des emprunts; la rente foncière hausse quand on consacre pins de terrain aux parcs, aux jardins d'agrément, etc. Cette circonstance n'a besoih d'aucun développement , mais il ne fîaut jamaifi la perdre de vne.