‹ Cours d'économie politique;Chapitre 85 sur 173 · LIV. III, GHAP. llï- a8i · texte numérisé non relu

LIV. III, GHAP. llï- a8i

6t les consommateurs; il est le centre de tous, leurs rapports, il admmistre l'œuvre de la production: aussi tout revenu primitif est payé par un entrepreneur, excepté le profit de celui-ci , qu'il reçoit des consommateurs de ses produits (a).

Gomme ce ne sont pas les produits, mêmes que les entrepreneurs distribuent, mais leur valeur, qui est représ^itée par le numéraire, vous sentez bien qu'il n'est pas nécessaire qu'une production soit entièrement achevée pour que les ouvriers et les rentiers dont les facultés ont .concouru à la créer, en obtiennent chacun ledr part. Il y a telle marchandise qui demande plusieurs années pour être achevée. et si^isceptible d'être échangée : cependant, le salaire des ouvriers est ordinairement payé à la fin de la semaine, la rente du capital et la rente foncière le sont au bout de l'année et quelquefois à des époques plus rapprochées. Le chef d'industrie fait J'avance de cette distribution , peiit-être au moyen des avances que lui* même a obtenues du capitaliste ;; et il en est remboursé , plus son profit, par celui iqui achète le produit. Si le produit est tel. qu'on peut l'appliquer à la consommar tion, c'est un consommateur qui l'aibhète; s'il ! exige encore, d'autres préparations, c'est un second entrepreneur qui. l'acquiert. Celui-ci, à son tour, est peutêtre remboursé par un troisième de ce qu'il .a payé au premier, plus .la valeur.^que le produit a reçue en passant par ses .mains;, jusqu'à ce qu'enfin lè dernier en-« trepreneur 'dans l'éthellede Jia production , qui est

»(a) J.-B. Say : Traité y etc., i". édit., liv. IV, chap. a.

a8x PABMIÈRZ PARTIE.

pour l'ordiimire un marchatnd en détail , jok rém^ bourse par le consommateur de la totalité de ses avances, plus la dernière valeur que lui-même a ajoutée à la marchandise (^

Dans le cas où vous auriez besoin d'uR exemple, suivez la production d'une marcliandise quelconque 9 d'une pièce de toile, si vous voulez; vous verrez que long-temps avant dépasser dans les mains des consocn* mateurs, les différentes portions de sa valeur $oiit allées former le revena d'une fouie de gens, propriéf taîres des sources de production. . >

Vous trouverez d'abord que le lîn ^ qUi faÂt la mar tière première de la toile, a été lut-^meme uil prodiiûti achevé ou une marchandise, lorsqu'il a étévendiU. par le producteur. Supposons que ce producteur Ait été un fermier qui ait exploité sa fermée avee un. carf . pital emprunté : du moment 011 seâ ouvriers oâtcbnDh mencé à labourer la terre pour, la rendre propre À recevoir la semence du lin ^ il a du leur pnjei* idwt. salaire } au moment de la récolte, il leur a déjà avan^ les salaires d'une aaasnée; il » payé l'intérêt aatmmh au capitaliste et la rente annuelle au proptiétatre' dont il a emprunté les fonds et loué le terrain} ^fin* il a fait les avances de sa propre subsistance, ainal qtie de tous tes outils qu'il a employés à la prodnc*. tion.

Toutes ces avances lui sont rembctursées peo vlei marchand qui lui achète le lin. Celut-cty que j& sttipt' pose encore avoir emprunité les fonds de son comt, . ^ ^ ^

{a) J,-B. Say : Tyaité , etc. , i»^« édiu , Hv» IV, jhafK S. •

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merce , en remplaçant le capital et le profit du fermier, ne fait qu'avancer une valeur qui doit lui être restituée de même. Ces avances s'accroissent sous ses mains par les salaires des commis, des voituriers ou des navigateurs qu'il emploie, par le loyer que lui coûtent les magasins, par l'intérêt des fonds qu'il a empruntés pour faire ce, commerce, enfin par les frais de sa propre subsistance. Ainsi , avant même d'avoir acheté le lin, et jusqu'au moment où il peut le vetidre, ce marchand fait la distrihutioi^ de différens salaires et d'une rente de capital.

Toute cette valeur lui est restituée par le manufac^ turier. Celui-ci avance de même le salaire à ses çuvriers, et ^ s'il n^est pas lui-même capitaliste, l'intérêt à celui dont il a emprunté les fonds.. II en est rem*^ bourse par le détailleur, qui encore fait les avance^ d'intérêts,, de salaires, de loyei* de boutique, etc. , jus^ qu'à ce qu'enfin le consommateur qui lui achète la toile, lui remplace tontes ces avances.

Vous voyez, Messeigneurs, que la valeur de cett^. toile , avant même que sa matièt*e première fût achevée, s'est disséminée par parcelles dans la société,, où ette a contribué à former Le revenu d'un grand mxnhee de personnes , parmi lesquelles peut se trouver^ sasns qu'elle s'en doute ^ celle même qui a acheté la toile et qui la porte sur son corps. En effet, ce par-*^ tîculier ne peut-il pas être le propriétaire ^oit de ce fonds de terre qui a produit le lin, soit de quelque bâtiment qui a servi d'ateUer ou de logement aux manufacturiers ou aux commerçans? Ne peut-il pas avoir placé sed capitaux entre les mainô d'un fermier.

d'un fabricant de toile ou d'un commerçant: ou enfin*

d'une personne qui n'est rien de tout cela, mais qui a sous-prêté à l'un de ces entrepreneurs , une portion de fonds qu'elle avait prise à intérêt du consommateur de la toile {a)^

Nous venons de voir de quelle manière la distribution primitive s'opère; il nous reste à examiner suwant quelles proportions elle se fait. Cette tâche, qui est un peu difficile, nous occupera cïanà le$ chapitres suivails; celui-ci n'est destiné qu'à indiquer la loi générale par laquelle se déterminent ces proportions.

Le revenu annuel d'une nation est toujours égal à sa production annuelle; ainsi la grandeur du produit annuel détermine la grandeur des quatre -sortes de revenus prises ensemble. La valeur entière de tous les salaire^, de toutes les rentes, et de tous les profits d'entrepreneur qui se perçoivent annuellement dans une nation^ ne peut jamais surpasser la valeur du produit anpuel ; elle ne peut pas être moindre. Il s'ensuit que plus ce produit sera considérable , plus il y aura de revenus à distribuer.

La part que chacune des sources de production obtient du produit annuel, se règle, comme le prix de toute marchandise à vendre. ou à. louer, sur le rapport de l'offre à la demande {h). La raison en est simple : c'est que cette part est effectivement le prix payé par les entrepreneurs. pour l'usage des terres,

{a) J.-B. Say: Traité^ etc., i*"** édit., lîv. IV, chap. 8. [b) Voyez rintrodactîon générale^ page 75.

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