LIV. III, CHAP. IV. 3oï
peintres doit payer, outre Tlntérêt dés sommes consacrées à leurs études, celui des somnies consacrées à l'instruction des peintres élèves morts pendant leur éducation, ou qui n'ont pas répondu aux soins qu'on a pris d'eux; car la masse actuellement existante d'industrie de ce genre n'a pu exister «ans qu'il y ait eu perte d'une partie des avances consacrées à la formation de peintres. « Au reste, une trop minlitieuse exactitude dans les appréciations de l'économie politique est sans utilité et se trouve fréquemment démentie par les faits, à cause de l'influence des cbn^ sidérations-moràles dans les faits, considérations qui, n'admettent pas une précision 'mathématique (a). »
Nous avons examiné les inconvéniens ^t les difficultés qui élèvent le salaire nécessaire au-dessus de son taux normal: il nous- reste à considérer les dmn" toges el \es/acîlàésq\xi les contrebalancent Ces derniers peuvent se réduire aux trois circonstances sui-
vantes : /
I® V agrément qui accompagne un métiet. Par exemple , la chasse et la pêche , les occupations les plus importantes de l'homme dans l'enfance de la société, deviennent, avec les progrès de l'opulence, ses amilsemens, et il se livre alors par plaisir à ce qu'il faisait jadis par nécessité. Ainsi, dans une société prospérante , les salaires de ces deux métiers sont trèsbas; le goût des hommes pour ce genre d'occupations
[a) J.-B. Say : Traité, etc., i'* ëdit., tom. II, p. a56.
3pa PH^jyilÈllJî: PARTIE.
ypovX^ beemcQyp pjua de g/qqs qu'il pe peut ep feke vivre d'ujieipanièi'e. aisée.
îi° Jjà faillir que l'opinion \aU<^he à un métier. Ijà cop^idér^tion entre pour beaucoup dans le salaire des professions honorables; c'est pourquoi^ soui^ le ^*appart def k rétribution pécuniaire, elles ^pnt ep gjénéral trop pei4 payées. Si le salaire des RiSUtes ^îstSpuyent au -dessous du salaire nécessaire deJew tfftvail, ç'pst que Jéur^ métiers sont aqcpmpa^iépi npn-seulement de beaucoup d•ag^éI^ens, mais pncpre d'wne grande çonsidératipp.. ^'ofl^ripiî p^caniqu?? .peptàim*Çr.^ii:métl.t?r;. lirais ij n'y,^. que l'aptisj^ ({mï prisse être enthoMsiasmé .dg Ssien.. p'afil}e.urs, Uû ar-^ tiste éminent excite l'admiration publique , et les hommages qu'il rqweiUede^.anmtwr^d^ sop Art (fpr^ènt
wne partie çpnsidérable d e s4 réçoinpeitse. , . ,.. -^ ,3** XAjaçiUlé q\ia, le trc^çmUent d^ suffsister ifidés pertdammej^ d^. son métier y, AîMoscipuon a des bai^ tricotés à l'aiguille à beajacoup meiJleur ipaççhé qu'pf j ne pourrait les établir au métier partout ailleurs :,q'§s|: l'ouvrage deç laquai§. Daps les grandes maisons^ on voit IcjS antichambres remplies de domestiques •qui tricotent pour chasser l'ei^nui. Chaque régiment.m^Ri? conipbe quelques artisans parmi ses soldats; quand lès chefs leur permettent de travailler' pour le public, leur ouvrage est ordinairement meilleur .marché q^^ celui des travailleurs en titre dans les mêmes .métiers» Ges gens sont nourris; le prix de leur travail n'est donc point, pour eux, réglé sur la nécessité de vivre. « Ceci peut s'appliquer à tous les ouvrages des femmes dont les maris ou parens fournissent rentre-
Lî\, ni, cïïAp, IV. 3o3
tien, li y a telle fileuse. ou couturière qui ne gagne pas la moitié de son salaire nécessaire : el)e eçt mère ou fille , tante ou belle-mère d'un ouvrier qui la npurrirait:qi^andinême elle ne gagnerait absolument rien. On peut en dire autant du travail des .moines et. religieuses. Daps jes pays où il y en a, il estfqrt heureux pour.le^ travailleurs en titre, qu'jls ne %l^riquent que des futilités; car s'ils faisaient des ouvrages d'une industrie courante, les travailleurs* dans le même genre qui n'ont d'autres ressources que leur métier, ne pourraient plus vivre de ce métier (a), »
Vous connaissez maintenant les causes principales qui apportent de la différence au salaire nécessaire du travail. Ai -je besoin de vous fajre remarquer que ces diverses causes peuvent agir d^ns uiv même sens^ ou dans un sens opposé? Que, dans le même sens, l'effet en est rendu plus sensible; et que, dans/un sens opposé , l'action de l'une combat celle de l'autre ? îj. est suffisamment clair, par exemple, que l'agréipent d'un métier peut balancer l'incertitude d'y réussir; et que, dans ceux qui fournissent 'uujb occupation vile^ si cette occupation est par-cjé^sus cela dange- ]|feuse, il y a double cause d'augmen.^^tipp de salaire.
Au reste, à quelque point jq^e çjçs circoustapcies élèvent le salaire nécessaire au-dessus. de son taux
normal, c'est toujours le salaire iijécessaire, c'estrà-
dire celui qui est indispensable pour faire exister un genre particulier d'industrie. Si, dans un métier
(a) J,-B. Say : Traité, etc., i^® édit., tome II, page a32.
3o4 PREMIÈRE PARTIE.
quelconque, le salaire courant venait à lomber au* dessous du salaire nécessaire, ce métier serait bientôt abandonné; et s'il venait à tomber au-dessous du taux ïiormal, la- mortalité parmi les 'travailleurs en diminuerait rapidement le nombre , jusqu'au point où l'équilibré entre les salaires et les besoins indispensables de l'homme fût de nouveau rétabli.