CHAPITRE VI
Du salaire courant de l'industrie.
Examinons maintenant les circonstances qui déterminent le taux du salaire courant.HdXis cette recherr che, nous n'aurons en vue que le salaire de l'ouvrier; car celui de l'entrepreneur n'est jamais payé séparément; il se confond toujours avec le profit que fait l'entrepreneur sur la vente de ses produits; et lorsqu'il s'agît de le séparer de ce produit, on ne peut l'évaluer que d'après le salaire que l'entrepreneur aurait dû payer à un ouvrier, s'il en avait loué pour faire sa besogne (a).
Le prix courant d'une marchandise, vous le savez ^ se détermine par la proportion entre l'offre et la demande de cette marchandise. Comme il en est de même du travail, il s'ensuit que le salaire courant
(a) Voyez page 286.
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peut être au-dessus ou au-dessous du salaire nécessaire, et qu'il peut aussi ^tre de niveau avecIui.îExami-r nons d'abord les causes qui déterminent I9 proportion entre l'offre et la demande de l'industrie m gjB^érçil; celles qui influent sur cette proportion d^ns cha^u^ métier en particulier noQs occuperont ensuitjD. . i^ ÏjO salaire courant est au-dessus du salçUm m^ cessaire, tputes les fois que la demande d'ouvriers est plus forte que l'offre qu'ils font de Ipjy^r travail. Or la deipande d'ouvriers dépend de l'étendue de«i capitaux qui cherchent un emploi productif. Yoqç vous rappelez sans doute, Messeigneurs, qu'aucun travail indqstriel ne peut se faire, à moins 4|^'il n'y ait un capital amassé d'avance pour entretejair l'our vrier jusqu'au inome^nt oîi son oi^vrage sera achevé, et pour lui fournir en outre les matéri^iix et les ou* tils nécessaires. Vous savez encore qu'aucun capital ne peut se conserver et frpctifier s'il n'est employé à la production, c'est-à-dire à faire travailler des ouvriers industriels. Ainsi la demande qui se fait d'ouvriers augmente nécessairement avec l'accroissement des capitaux, et il n'est pas possible qu'elle augmente sans cela. Plus il y a dans un pays de capitaux , plus les entrepreneurs élèvent les salaires des ouvriers, en luttant les uns contre les autres pour les attirer à eu:?ç , et en se contentant d'un moindre profit, plutôt que de laisser leurs capitaux sans emploi.
Remarquez , je vous prie, que ce n'est pas rétendue actuelle des capitaux, mais leur accroissement nour interrompu j qui donne lieu à une hausse des salaires. L'offre ^u travail , comme <:elle de toute autre ipar-
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ch'andise, tâche toujours de se proportionner à la demande; ainsi quand cette dernière reste pendant long-teiiips la même, quelque grande qu'elle soit, Toffre du travail se met en équilibre avec sa demande. Mais quand la demande devance l'offre; quand les capitaux s'accroissent plus vite que la population industrieuse né peut s'accroître, c'est alors que le salaire courant de rihdustrië hausse. En conséquence , ce n'eét pas dans les pays .les plus riches que les salaires d« l'industrie sont le plus haut, mais c'est dans lew pays qui marchent le plus vite vers Uepu^ lence.. Certainement l'Angleterre est pour le moment ' un payé beaucoup plus riche que ne Test la Russie ou les États-Unis d'Amérique; cependant les salaires de l'industrie sont plus hauts dans ces deux pays que dans aucun endroit de l'Angleterre {a). Mais quoique
(d) Suivant M. de Humboldt [Essai politique sur li^ Nousf,- Esp,, tom. II, page 4io ), le salaire d'un simple journalier aux États*Uniâ d'Amérique est de 87 -5- èop. à un rouble. M. Coîquboutt, dans son Traite sur V indigence^ quia paru en 1806, estime à 55 liv- sterl. (33o roub. ) par tête le salaire annuel des* individus de tout âge et de tout sexe employés aux manufactures britanniques, 'et à 3i liv. sterl. (186 roub.) le salaire de ceux employés à la culture de la terre ; ce qui fait par jour, pour les premiers ,90 -f- cop'., et pour les seconds 5i cop. En 1797, sir Morton Eden évalua le prix moyen de la journée en Angleterre à 4^ cop. dans les temps ordinaires, et à 85.eop. et nourri dans le temps de la moisson.
A Saint-Pétersbourg, le travail le plus commun se paie actuellement ( 1814) la journée 140 à 200 cop. en cuivre, ce qui fait 35 à 5o cop. en argent. Au premier abord ce salaire ne paraît pSLi' être supérieur à celai d'Angleterre ; mais le