EXPORTATIONS
Oret argent 8,106,270,146 fr.
Billon et platine 7,390,205 »
Cendres et regrets d'orfévres 6,030,790 »
Or cl argent laminés, filés et en minerais. . 109,430,286 »
Orfèvrerie et bijouterie 323,871,735 »
Total des exportations.. 8,043,003,222 fr.
Balance en faveur des importations. 4,842,062,000 »
(I) Voir plus haut, section XIII, chap. ii et iii.
LA MONNAIE. SECTION XVI, CHAPlTilE II.
curer, non pas une égale somme nominale dans les deux places, mais bien une égale somme réelle, je veux dire un même poids de mêlai fin, argent on or.
11 faut que le pair du change entre deux places situées dans des États différents soit facile à connaître et présente l’immutubilité d’un point fi.xe ; autrement les opérations commerciales prennent un caractère d’incertitude, qui les fait plutôt fuir que rechercher des hommes prudents et de bonne foi. A l’époque où les princes se laissaient aller ù la coupable pratique de fausser les monnaies ou de les changer, le pair du change était un problème dont il fallait sans cesse chercher à nouveau la solution, et par cela même le commerce était, d’une manière irrémédiable, difficile et aléatoire.
Le pair du change a une base parfaitement solide, lorsque les deux contrées n’ont chacune, en droit ou en fait, d’espèces monnayées qu’en un seul métal et que ce métal est le même de part et d’autre. Avant la découverte des mines de la Californie et de l’Australie, qui ont successivement remplacé en France la monnaie d’argent par la monnaie d’or, c’était le cas entre Paris ou le Havre et Hambourg : en France comme à Hambourg, les payements ne se faisaient qu'en argent, jamais en or. Entre Paris et Londres, au contraire, le véritable pair du change avait quelque chose de mobile, parce que, en droit et en fait, les .Anglais n’ont de monnaie qu’en or, et que nous, en fait, nous n’en avions alors (|u’en argent. Pour établir le pair du change, il faut en pareil cas une hypothèse, à savoir, qu’un gramme d’or est le pair de tel nombre de grammes d’argent. Si l’on prend le rapport de 13 1/2 à 1, qu’adopta chez nous le législateur de l’an X!, il s’ensuit que le pair du souverain anglais est 25 fr. 22 c. en pièces françaises d’argent ; mais cette hypothèse, fondée un jour, peut cesser et même cessera forcément de l’être le
GO-2 COUUS D’IÏCONOMIR POLITIQUE.
lendemain, parce que rien n’esl plus sujet à varier, entre certaines limites peu écartées, il est vrai, que la valeur d’un des métaux précieux comparativement à l’autre.
Quand un des deux pays est au régime du papiermonnaie, et par là j’entends un état de choses dans lequel des morceaux de papier, billets de banque ou assignats del’Élal, ont un cours forcé, sans être convertibles au pair en métaux précieux, à la volonté du porteur, le pair du ciiange est bien autrement mobile que dans le cas précédent. C’est que ces papiers qui, si l’on en croyait les inscriptions qu’ils portent, équivaudraient absolument à des quantités fixes de l’un ou de l’autre métal précieux, ne se troquent communément, malgré le législateur en cela impuissant, que contre des quantités moindres et variables. Pendant quelques années, à partir du décret rendu par le gouvernement provisoire, le 15 mars 1848, la France a été, en apparence, au régime du papier-monnaie ; en fait, elle n’y était point, parce qu’on avait eu le soin de limiter rigoureusement l’émission des billets de banque à un montant peu élevé. Grâce à cette précaution, une très-grande quantité de numéraire métallique était restée dans la circulation, et il a toujours été facile d’échanger un billet de banque contre le montant nominal en espèces. Pareillement, après que, en 1797, le public britanni(|ue eut donné un cours forcé aux billets de la Banque d’Angleterre, pendant plusieurs années l’égalité se maintint entre les billets et les espèces; mais en 1809 l’équilibre fut renversé ; une livre sterling en billets ne trouva plus à s'échanger contre 1 livre sterling en or ; l’or gagna une prime de plus en plus forte, ou, pour mieux dire, le papier perdit de plus en plus relativement à l’or, jusqu’à la paix. L’aventure s’est répétée avec les roubles en assignats de la Russie, avec les reis en papier du Brésil, les billets de banque de la Suède, ceux du Danemark,
ceux de l’Aulriche, ceux de Buenos- Ayres , ceux des États-Unis en 1814 et présentement depuis 1861, et dans d’autres circonstances encore. Ces exemples de dépréciation du papier-monnaie sont surpassés par ce qui arriva aux billets delà Banque de Law en France, sous la Régence, aux billets d’État, qualifiés de continental money, qu’émit le Congrès des États-Unis, pour soutenir la guerre de l’Indépendance. Sous ce rapport encore, aucune catastrophe n’est comparable à celle des assignats de la Révolution Française.
Dans chacune des circonstances que je viens de rappeler, et dans toutes celles du môme genre, le pair du change, dans les contrées où le papier-monnaie circulait, suivait toutes les variations du papier par rapport à des espèces d’or ou d’argent supposées droites de poids et de titre, indépendamment des variations qui tiennent au sens dans lequel penche la balance du commerce , c’est-à-dire qui proviennent de l’inégalité des deux masses de lettres-de-change que les deux pays doivent se payer l’im à l’autre.
Ainsi, eu Angleterre, le change sur Paris ou sur Amsterdam, fut, en 1812 et 1813, de 18 fr. ou de 17 fr. au lieu de 23 fr. 22 cent, pour 1 livre sterling. Le changeni 'lit provoqué par l’avilissement du papier-monnaie a été bien plus fort dans d’autres cas. Il en est ainsi parce que le commerce ne se paye pas de mots. II ne tient pas compte des inscriptions que portent les billets de banque ou les assignats, et ne prend en considération que la quantité de métaux précieux qu’on peut couramment obtenir en échange.
11 arrive quelquefois que l’on qualifie de pair du change entre deux pays une cote qui en diffère. On eu voit un exemple entre l’Angleterre et les États-Unis, qui sont deux contrées ayant des espèces métalliques
69i cnuiis D’KCONOMIE POLITIQUE.
d’un poids et d’un litre bien connus. Ce qu’on nomme abusivement le pair était, alors que la monnaie des États- Unis se composait d’argeut principalement, de 4 doll. 44 cents 4/9 pour 1 livre si. ou de 4 scbellings 6 den. pour un doll. Or, l’équation qu’on supposait entre ces deux sommes n’existait pas. Il faut croire, a dit M. Gallalin, que celle évaluation, qui date d’avant l’indépendance des États-Unis, fut déduite de quelque piastre espagnole dont, par hasard, la valeur intrinsèque, par rapport à la monnaie anglaise, se trouva telle. Mais, continuait M. Gallatin, c’est un pair imaginaire, attendu que, si l’on compare les monnaies d’or des deux pays, le rapport qui exprimera le pair sera celui de 4 ' 56pour 1 livre ster-
ling; et si l’on part, au contraire, des pièces d’argent, en prenant Icsclielling d’avant 181(5, ce sera 4‘‘°’’'’ 63. Enfin, si l’on compare le dollar d’argent à la livre sterling, en attribuant à l’or, par rapport h l’argent, la valeur courante sur la place de Paris, qui est d’un peu plus de 15 1/2 pour 1, on trouve 4 73 pour la livre sterl. En adoptant ce dernier rapport, le pair réel serait de 7 pour 100 audessus du pair supposé. Les cliangeurs et les banquiers sont parfaitement au courant de celle erreur, et les négociations n’en sont aucunement affectées (1).
On dit communément que le pair de la livre st. est de 25 fr. 15. D’après le rapport des quantités d’or contenues dans le Napoléon et le Souverain, ce n’est pas tout à fait exact; le pair véritable est 25 fr. 22.
(1) Depuis l’époque oi'i M. Gallatin écrivait (!831), la monnaie d’or a été modifiée aux Etats-Unis. Le dollar d’or contient aujourd’hui moins de fin (qu’alors); de plus, en vertu d’une autre loi plus récente, motivée par l’exploitation des mines de la Californie, la monnaie d’or est devenue aux Ktats-Unis la monnaie principale, et le change avec l’Angleterre s’établit sur la comparaison des espèces d’or des deux pays.
LA MONNAIE. SECTION XVI, CHAPITRE lU.