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I.K ROLE DE l.'ÉTVT DAN.S I.A l’RODrr.TlON

•J7i. üoctrines (fiii tendent à accroître le rôle de l'Etal dans la production. — A) Doctrines socialistes. — Les doctrines socialistes, en tant qu’elles concernent l'organisation de la production, sont dans leur diversité dominées par une idée commune. La propriété de tous les biens, ou du moins de la classe la plus importante de biens, — celle qui constitue le capital — devant être réservée à la collectivité organisée, c’est également à cette collectivité seule que peut et que doit appartenir la direction de toute production. Les multiples branches de l'industrie privée deviendraient donc des fonctions de l'Etat, des services imblics; il n’y aurait plus qu'un seul entrepreneur, la collectivité, l’Etat, en prenant ce mot ^dans le sens particulier que lui attribuent les socialistes h Quant aux individus, au lieu d'avoir comme aujom'd’hui le libre choix de leur profession et le droit de déterminer par des conventions librement débattues les conditions et la rémunération de leur travail, ils auraient la tâche qui leur serait impartie par le pouvoir social et recevraient la rétribution fixée par celui-ci.

L’Etat aurait ainsi, non seulement à répartir les activités individuelles entre les multiples fonctions dont l’exercice est nécessaire à la société, mais à organiser la production et à la proportionner aux besoins. On espère qu’avec la suppression du régime de concurrence disparaîtraient les iniquités qui lui sont attribuées et les crises de surproduction qui en résultent.

27.5. Examen critique des doetriiies socialistes relatives à l'orqaiiisalion de la production ^ — Ce n'est pas l'étude des faits qui peut, sm- ce point, nous fournir des éléments sérieux d’appréciation. Il serait tout à la fois peu équitable et peu scientifique de chercher soit dans la pratique de la vie en commun par les personnes ayant fait profession religieuse, soit dans l’échec des iietites communautés socialistes fondées en Europe et dans le Nouveau-Monde sous l’inspiration de Fouricr, d'Owen ou de Cabet, des raisons pour ou contre l’application, aux grandes collectivités qui constituent les Etats modernes, d’un régime de production socialisée. (’’est donc au point de vue rationnel <)ue nous devons exclusivement nous placer. A ce point de vue.

). V. plus haut, n" Ti.S.

'2. Boiirguin, Les sysièines socialistes el Vevolulion économique, 1904.

les (loctriues socialistes relatives à l organisatioii de la produC' lion ne sont pas sans soulever de très graves objections :

270 .1° Un régime où toute production s’accomplirait sous la direction du pouvoir social, sans cpie celui-ci, pour répartir entre les producteiu’s les diverses natures de travaux, fût obligé de tenir compte de leurs aptitudes spéciales, et où la rémunération de chacun, au lieu de dépendre essentiellement de l’effet utile du travail, serait fixée par voie d’autorité à raison de sa durée, pom-rait-il être aussi favorable au développement de 'a production et à l’accroissement de la richesse générale que le régime économique actuel? Il y a tout lieu d en douter.

Actuellement, tout producteur est naturellement amené ]jar son intérêt même à cherchor les moyens d’abaisser le prix de re.’ient de ses produits au-dessou.i de celui de scs concurlents. C’est en effet la condition à laquelle est subordonnée la réalisation d’une marge quelque peu élevée de profit l’intérêt personnel se trouve en cela conforme û l'intérêt général, puisqu’en fin de compte l’abaissement du coût de production, en se généralisant, amènera l’abaissement du prix de \ente des produits ^ Par quel facteur, sous un régime de ju’oduetion socialisée, compte-t-on remplacer cet aiguillon d<* l’intérêt personnel? Peut-on, pour la généralité des hommes,, espérer sérieusement que le désir de la considération soeiale ou des récompenses honorifiques décernées par l’Ctat, le souci lie l'intérêt général et le sentiment du devoir envers la collectivité seront capables d’inciter les producteurs au travail aussi énergiqueineut que le faisait, sous un régime de concuriemu*, l’espoir de profits exceptionnels?

Rien loin d’amener l’abaissement du prix de revient des produits, n’est-il pas à craindre que la mainmise de l’Etat tôt promptement pour résultat d’entraîner la cherté de la production? Combien faudrait-il de fonctionnaires, sous un semblaldi* régime, pour dirigei- et siirveiller rimmense armée des travailleurs de tout ordre? De quelles sommes, à titre de trais d’administration, faudrait-il majorer les dépenses actuelles de production? Et peut-on penser que ces fonctionnaires, recrutés sairs doute d’après le principe de l'élection, pourraient apporter

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