‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 144 sur 568 · V . plus haut · texte numérisé non relu

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4. V. Babelon, Les origines de la monnaie, 1897; Del Mar, Les systèmes )

monétaires, trad. franç., 1896; Lenormant, La monnaie dans l'antiquité, 1878; |

Mommsen. Histoire de la monnaie romaine, trad. franc., 1873; B, Shaw, . a

les inulviôus et pour la société elle-même des conséquences favorables ou nuisibles h

La hausse des prix, lorsqu’elle affecte seulement certaines natures de marchandises et tient par suite à la valeur de ces

échanges, d’objets auxquels, par suite des habitudes de vie,, chacun attribuait une importance p irticulière, instruments de défense, objets d’alimentation, de vêtement ou de parure. De semblables marchandises jouent imcore de nos jours le rôle de monnaie dans eertaines régions )ieu eiviUsées de l’Afrique centrale et du continent australien. Plus tard ce fut le bétail qui, chez les peuples pasteurs, devint la monnaie habituelle. Les traditions homériques nous en ont conservé la preuve. A Rome, divers auteurs, Varron notamment, attribuent au mot « pecus », qui désigne le bétail, l’origine étymologique du mot a pecunia », servant à désigner la monnaie. On a même coDjecturé que, dès ces époques primitives, il pouvait y avoir plusieurs étalons monétaires, la coutume ayant établi par exemple un rapport de valeur entre un bœuf et un mouton Plus tard encore l’usage prévalut dans toutes les sociétés civilisées de réserver le caractère monétaire à cerl.ains métaux, dits métaux précieux : le cuivre d’abord, puis l’argent et l’or, ce dernier surtout.

La monnaie métallique devait d’aUleurs subir, au cours des temps, de multiples transformations. Le métal fut d abord employé en hngots irréguliers, qu’il fallait peser et dont on devait éprouver la composition pour en déterminer la valeur. Certaines institutions primitives du droit romain rappellent cette époque reculée, où la vente imposait la pesée du métal en présence de témoins. Puis 1’ « aes signatum », la monnaie frappée, remplaça dans les échanges 1’ « aes rude », le lingot brut. Il est d’ailleurs vraisemblable que cette substitution ne s’opéra pas subitement. La plupart du temps, elle dut être le résultat de certains progrès antérieurement réalisés. De bonne heure, l’autorité pubhque intervint pour certifier le titre du métal, sa composition chimique. Puis on donna aux lingots une forme géométrique et certaines proportions régulières, ce qui permit de leur attribuer officiellement une valeur détermi-

Hisloire de la monnaie, de 1252 à 1894, trad. franç., 1896; et les ouvrages précédemment cités de .M.M. Levasseur et d’Avenel, sur les prix.

Sur la nature économique de la monnaie, v. (outre les ouvrages cités dans la note 1), Cernuschi, L'anatomie de la monnaie, 1886; Bourguin, La mesure de la valeur et la monnaie, 1896; Mongin, La monnaie et la mesure des valeurs, dans la Revue d'Economie politique, i887 et 1897.

1. V. May, Eléments de droit romain, 8« édition, p. 166, note 5; Girard, Manuel de droit romain, 5® édition, pp. 245 et suiv.

LA MONNAIE 349

née sans qu’on fût obligé, dans chaque cas, de recourir à la j

pesée. Désormais le lingot devenait véritablement une mon- v

naie. Pour prévenir les dangers d’altération matérielle de cette ^

monnaie par soustraction d’une partie de la substance métal- 1

lique, on dut multiplier les empreintes officielles et ce fut ainsi |

qu’on fut amené finalement à donner à la monnaie la forme de rondelles aplaties, ou « pièces », qu’elle revêt aujourd’hui. |

335. Là ne devait pas s’arrêter au surplus l’évolution histo- i

rique de la monnaie. De ce que l’Etat pouvait efficacement, j

en certifiant la valeur du métal, donner au lingot le caractère j

de monnaie, on devait assez facilement être conduit à penser i

qu’il pourrait, par une affirmation de même nature, conférer i

la qualité monétaire à une marchandise quelconque, la valeur propre de cette marchandise fût-elle très minime. Et de là est né le papier-monnaie qui, en dehors de toute représentation métallique, a la prétention de se maintenir dans la circulation i

par la seule valeur qu’il doit à l’aftirmation, c’est-à-dire à la volonté de l’Etat. Il y p.-irvient d’ailleurs parfaitement, mais en chassant la monnaie métalliijueh en perdant lui-même la plupart du temps une jiartie considérable de la valeur qui lui a été attribuée et en devenant, pour les finances publiques, une source de mécomptes *. |

Une connaissance plus exacte des principes <*conomiques devait fav oriser l’existence, à côté du pajiier-monnaie proprement dit, de certaines catégories de monnaies de papier, le billet de banque par exemple. Supposons qu’une banque détenant une très grande quantité de monnaie métallique émette des billets, c’est-à-dire prenne par écrit l’engagement de payer une certaine somme, à vue et au porteiu', entre les mains dft toute personne qui lui présentera l’écrit contenant cet engagement. Il n’est pas douteux qu’un semblable titre pourra tenir lieu, dans la circulation, de la monnaie métalhque. Personne ne refusera de le recevoir en paiement d’une marchandise ou d’un service, parce qu’on aura la certitude de pouvoii* toujours, en le présentant à la banque qui l’a émis, en obtenir le remboursement en espèces métalliques. Cette certitude pourra être ;

fondée sur ce que la loi ne reconnaît pas à la banque le droit j

■d’émettre des billets au delà de son encaisse métallique, c’est- i

1, \\ plus loin, n®® 35C et suiv. *

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