V. plus loin, n
‘2. V. plus haut, 221 ol suiv.
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«’associer et mettre en commun leurs ressources qui, réunies, finiront par constituer un capital social d'une certaine importance. Rn affectant ce capital social à la garantie de leurs engagements individuels, et en y joignant, au profit de leurs créanciers, la garantie supplémentaire d’une solidarité plus ou moins .étroite, ou tout au moins d’un cautionnement mutuel, ils pourront trouver du crédit à des conditions meilleures.
3111. Les fonctions écononii(|iios <ln crédit. — Le crédit peutil, par son fonctionnement, multiplier les capitaux d’un pays^ ? La question paraît singulière. Le capital est, par définition, une richesse déjà produite et affetdée à une production ultérieure. On voit bien que le crédit a pour effet de faire passer les capitatix des mains de ceux qui les possèdent aux mains de ceux qui ne les possèdent pas. mais ce sont toujours cependant les mêmes capitaux qui subsistent. Ils ont circulé sans se multiplier. On pourrait dire, il est vrai, que ces capitaux, dans les mains habiles de ceux qui les ont empruntés fructifieront, alors qu’ils seraient peut-être restés stériles dans les mains de ceux <jui les détenaient auparavant. Même en reconnaissant l’exactitude de cette observation, il semble que l’on ne samait, sinon iiu figm^é, attribuer au crédit le don de multiplier les capitaux. Les richesses nouvelles produites par les emprunteurs seront les fruits directs de leur travail. Sans doute le crédit atira permis, ou tout au moins facilité le travail et, par l’intermédiaire du capital, l’aura rendu plus productif. Le travail et le capital n’en restent pas moins les véritables facteurs de la production, .et le crédit ne saurait, même dans cette hypothèse, usurper leur place. Au surplus, lorsque l’on a soutenu qiie le fonctionnement du crédit avait pour résultat de multiplier les capitaux, on a voulu parler, non seulement des capitaux futurs, mais, ce qui est bien plus fort, des capitaux actuels.
V^oici en effet comment on raisonne : Lorsque je vends à crédit des marchandises pour une somme de mille francs, l’acheteur me remet un écrit constatant le prix convenu et portant ongagement de l’acquitter au terme fixé. Ce titre de Créance va me permettre, lorsque j’en aurai le désir, de me procurer
I. \'. particulièrement Macleod, Théorie du crédil; en sens inverse, (;!iuwès, 4.11, n®« .'>S9 et siiiv.
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la valeur qu’il indique; il me suffira pour cela de connaître une personne qui désire l’acquérir et de le lui céder. S’il s’agit notamment d'tin de ces titres qui, à raison de la facilité de leur transmission, ont reçu le nom de « titres de crédit » \ un billet à ordre par exemple, je n’aurai qu’à le porter chez mon banquier et à le présenter à son escompte pour en obtenir le montant, sous réserve d’une faible retenue sur sa valeur nominale. Par l’effet du crédit il y a donc désormais en circulation deux capitaux au lieu d’un, le capital-marchandises, que j’ai cédé et le capitaltitre de crédit, qui vaut de l’or puisque, gi'àce à lui, je puis m’en procurer.
Autre exemple : en paiement de mes marchandises, mon acheteur me remet un billet de banque de mille francs. En le recevant et en le gardant, je fais un acte de crédit, car ce billet constate l’engagement pris par la banque qui l'a émis de le rembourser à vue et au porteur. Tant que je le conserve dans mon portefeuille, je laisse à la disposition de la banque la valeur de mille francs qu’il représente, je fais crédit à la banque. Mais n’y a-t-il pas eu, précisément, dans l’émission de ce billet création d’un capital par l’effet du crédit? Je puis en effet me procurer la valeur de mille francs, sous une forme quelconque et sans aucune diminution ni retenue, simplement en cédant ce titre de crédit, ce billet de banque, non plus seulement à mon banquier, mais à une personne quelconque qui l’acceptera volontiers parce que les usages lui donnent force de monnaie et qui, peut-être même, sera contrainte de le recevoir, si l’Etat lui a donné cours légal.
382. Dans cette hypothèse, comme dans la précédente, la prétendue création d’un capital nouveau n’est cependant qu’une illusion. En réalité, le titre que j’ai reçu, billet à ordre ou billet de banque, n’est pas un capital, c’est la représentation en valeur du capital que j’ai aliéné, des marchandises vendiies. 11 me permet, il est vrai, si je le cède, c’est-à-dire si je cède la créance qu’il représente, de me procurer immédiatement un capital possédant cette valeur; mais ce capital nouveau, réellement existant, le cessionnaire de mon titre le perdra, lorsque je l’obtiendrai. Et dans ses mains, mon titre ne sera également un moyen d’obtenir un capital qu’à la condition qu’un autre se dessaisisse de ce capital. La preuve que le titre de crédit ne
\'. pins loin, ri” 3S1.
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constitue pus réellenieiit un capit:i>l nouveau, e’est que si, au lieu de la céder, je le conserve jusqu’à l’échéance, dans l’hypothèse du billet à ordre, il aura cessé d’exister lorsque celui qui l’a souscrit m’en aura versé la valeur. Cette valeur constituera dans mon j»atrimoine un capital réel, remplaçant un autre capital réel antérieurement aliéné, tandis que le titre de crédit, dans le patrimoine de l’acheteur, ne représentera plus qu’un chiffon de papier et fa’aura plus qu’à disparaître.
Il en est de même, au fond, dans l’hypothèse du billet de banque, malgré certains éléments de doute tenant à ce que ce billet, même lorsqu’il n’a pas cours forcé, remplit, soit en droit, soit en fait, la fonction monétaire. On pourrait, à raison de cette fonction, se demander si, pour* la banque d’émission tout au moins, il n’y a pas, dans le fait de le lancer dans la circulation, création d'un capital monétaire. Il n’en est rien pourtant, sous réserve bien entendu du cours forcé, qui ferait perdre, au billet de banque son caractère de titre de crédit. En dehors de ce cas, le billet de banque ne constituera jamais que la représentation d’un capital déjà existant. Ce sera la représentation d’un capital monétaire, dans les limites où 1% circulation sera fondée sur l’encaisse b Pour la circulation à découvert, les billets seront représentés dans le portefeuille de la banque par des titres de crédit, par des effets de commerce, qui sont eux-mêmes la représentation de capitaux réellement existants, de marchandises la plupart du temps. En fin de compte, lorsqu’un porteur de billet ira le présenter à la banque d’émission, celle-ci sera tenue de le rembourser en monnaie métallique. Le billet de banque représente donc, soit directement, soit indirectement, un capital antérieiu’ement existant et permet d’acquérir un capital de même valeur, mais il nesaurait, en lui-même, être considéré comme constituant un véritable capital.
383. Si, par sa seule puissance le crédit ne possède pas la faculté, que certains auraient voulu lui reconnaître, de multiplier les capitaux d’une nation, il peut cependant contribuer dans une large mesure à augmenter la richesse générale, et cela de plusieurs manières :
1® en faisant, par l'appât d’une rémunération fixe, ou « inté-