V. plus loin, n»'^ 594 et suiv
LES TRANSPORTS O
1;endance, n’a pas entravé cependant le rapide essor des ports de Hambourg et de Brême. Le tonnage des navires à l’entrée des ports français reste d’ailleurs considérable, et était même, avant la guerre, plus élevé dans l’ensemble qu’à l’entrée des ports allemands.
8i le trafic de nos principaux ports s’est développé moins rapidement que celui de quelques grands ports étrangers, cela tient en l’éalité à des causes multiples et de nature très diverse. Tout d’abord, aux caractères mêmes de notre production industrielle et à l’insuffisance du fret lourd de sortie qui en est la conséquence^. Tandis qu’en effet nos importations par voie de mer, consistant principalement en matières pondéreuses, représentent en 1910, pour le commerce avec l’étranger et les colonies, plus de 24 millions de tonnes métriques, nos exportations, composées surtout de produits ayant une grande valeur sous un poids assez faible, atteignent à peine 8 millions de tonnes. Par suite de cette circonstance, beaucoup de navires ehargés à destination de l’Europe se détournent de nos côtes pour aller chercher dans les ports étrangers un fret de retour plus abondant et plus sûr.
Une autre cause d’infériorité pour nos ports de commerce consiste dans leur nombre excessif : il y en a plus de 70. Ce fait, qui tient à la configuration géographique de la Franee, avait autrefois pour notre pays des conséquences favorables, en développant son trafic maritime. Il contribue aujourd’hui à éparpiller ce trafic, sans profit sérieux pour les petits ports et au détriment des grands, qui se trouvent ainsi privés des avantages de la concentration, notamment au point de vue de la double économie de temps et d’argent devant résidter de la réduction des frais et de la régularité plus grande des transports maritimes. En outre, tandis qu’à l’étranger, particulièrement en Allemagne, en Belgique, en Hollande, l’effort financier des pouvoirs publics s’est porté d’une manière à peu près exclusive sur un petit nombre de ports, Hambourg et Brême, Anvers, Rotterdam, en vue de les doter des installations les plus complètes et de l’outillage le plus puissant, en France, les subsides de l’Etat se sont, pour des motifs d’intérêt local, trop souvent dispersés sur un grand nombre de petits et moyens ports, ce qui a diminué d’autant la dotation des plus