CHAPITRE V
D’une part, la concentration a été rendue possible dans l’industrie commerciale par l’étendue croissante des débouchés. Elle y est devenue nécessaire, à raison même des avantages qu’elle présente au point de vue de la réduction des prix de revient et de l’amélioration des conditions d’achat, de vente et de crédit b
D’autre part, l’activité commerciale est de plus en plus pénétrée par l’esprit de spéculation. Le rôle du commerçant ne consiste plus seulement aujourd’hui à attendre les commandes, ni même à aller chercher la clientèle par des procédés plus ou moins voisins de ceux du commerce ambulant d’autrefois, envoi de catalogues, de circulaires, d’échantillons ou de commis- • voyageurs. La fonction commerciale s’est considérablement élargie, à mesure que s’élargissait le marché. Toute une catégorie nombreuse d’intermédiaires, commerçants en gros, commissionnaires, courtiers, ont pour mission, par les ordres d’achat et de vente qu’ils donnent ou qu’ils provoquent, de diriger la production d’après l’étendue des besoins à satisfaire. Tâche singulièrement complexe et difficile, si l’on songe que poxir certaines natures de produits le marché est devenu mondial, que les débouchés sont infiniment plus aléatoires qu’autrefois, la concurrence étant plus vive, qu’ils sont essentiellement mouvants, susceptibles de se restreindre ou de s’étendre, suivant les circonstances. Ce n’est donc plus seulement en vue de l’approvisionnement momentané d’une clientèle restreinte, et au sujet d’une production localisée, (jue les commerçants exercent leurs prévisions; celles-ci doivent porter aujourd’hui tout à la fois sur l’espace et sur le temps Elles ont pour objet la satisfaction des besoins éventuels, des besoins futurs, autant et plus que celle des besoins présents. C’est en cela précisément que consiste la fonction moderne de la spéculation. Pour qu’elle intervienne utilement et revête toute l’ampleur répondant au but poursuivi, il faut qu’elle puisse se traduire par des transactions aussi hardies que souples, et qu’elle trouve à sa disposition des marchés bien agencés, munis des moyens d’information les plus rapides, les plus complets et les plus sûrs. Ainsi s’est développé depuis un siècle le rôle des Bourses, qui, dans tous les grands Etats, se sont multipliées et diversifiées : bourses de valeurs et bourses de marchandises, celles-ci plus ou moins spé-