‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 369 sur 568 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

EHAIMTUE VI

la proteotion douanière a été i)endant fort longtemps fondée sur le principe mercantiliste de la « balance du commerce '■ ». Le commerce inte’mational n'est avantageux pour un pays cjue lorsqu’il se traduit par une balance favorable, c’est-à-dire lorsque le montant des exportations dépasse celui des importations. Dans ce cas en effet, le pays étant créancier de l'excédent, il eu résulte une rentrée d’or, richesse durable et supérieure aux autres richesses. >Si, au contraire, il y a déficit commercial, si les importations déliassent en valeur les exportations, le pays devient débiteur de la différence et il y aura sortie de numéraire, situation essentiellement fâcheuse et préjudiciable. Tous les efforts de l’homme d’Etat doivent donc tendre à assurer au pays une balance commerciale favorable, en encourageant les exportations et en restreignant les importations. Parmi les moyens qui permettent d’obtenir ce résultat, la protection douanière apparaît comme un des plus simples et des plus efficaces.

La théorie de la balance du commerce est aujourd’hui bien discréditée. Même en admettant, comme nous l’avons fait que la monnaie se distingue à certains points de vues des autres marchandises, nul ne songerait à soutenir aujourd’hui que sa prééminence est telle qu’il faille se préoccuper d'en accroître infiniment le stock, fût-ce au détriment des autres richesses. On s’accorde à reconnaître, d’autre part, que ce n’est pas la balance du commerce, mais la « balance des comi)tes », qui détermine la situation des divers Etats au point de vue de leurs règlements extérieurs. En dehors des imiîortations et des exportations, bien d’autres facteurs interviennent, qui contribuent chacun pour sa part à rendre un pays créancier ou débiteur * : placements de capitaux à l’étranger, envois de fonds par les nationaux émigrés, bénéfices résultant du transport de marchandises étrangères, ou de la vente au dehors de navires construits par les chantiers nationaux, dépenses faites dans le pays ])ar les étrangers au cours de leurs voyages. Toutes ces causés,et bien d’autres, peuvent neutraliser, contrarier même les effets de la balance du commerce et faire qu'un pays soit, en définitive, créancier de l'étranger pour une somme plus ou moins importante, alors cependant que le montant de ses importations dépasse celui de ses

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