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Dhl'XlftMK PARTIE. CHAPITRE VI
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lihre-éehaiige voit dans le comiueree international l’ori<rine | d’iui avantage immédiat, dont la mesure dépend des condirions | suivant lesquelles se fixent les valeurs internationales. La pro- : teetion a des vues d’avenir; elle se préoccupe moins du profit immédiat devant résulttr des échanges internationaux, que de ■ la nécessité de sauvegarder et de développe r conjointement les | diverses branches de la production, source permanente de la ■ richesse nationale. Les tarifs de douane constituent simplement | un moyen de permettre anx industries d’un pays de supporter, | sans en être écrasées à bref délai, la concurrence des industries j étrangères. La protection poursuit un but d’éducation industriel- | le. Grâce à elle, la production nationale pourra se développer et \ acquérir une force suffisante pour lutter un jour, sans infériorité excessive, contre la concurrence étrangère. Rien loin de con- j damner la liberté des échanges, la protection douanière ainsi | entendue la prépare.
A l’appui de cette conception rationnelle, on invoque un certain nombre d’arguments d’oj-dre pratique :
1° T^u pays a, dit-on, intérêt à ]>osséder un régime de production complexe et à tirer i)arti des multii)les sources de richesses dont il dispose. Il assure ainsi son indépendance économique, et même i>olitique, vis-à-vis des autres Etats. La situation d un pays protectionniste est, à ce point de vue, sensiblement plus avantageuse que celle d’iiu pays libre-échangiste. Si ce dernier, pour développer dans la plus large mesure son industrie manufacturière, a négligé la culture <le son sol, non seulement il devient, de ce fait, tributaire des autres Etats pour des sommes importantes, mais il s’expose en outre à de très graves embarras au cas où, par suite de circonstances imprévues, une guerre par exemple ou une mauvaise récolte, les pays qui sont ses fournisseurs habituels de produits alimentaires cesseraient de l’appro- . visionner. Il court de plus le ris(pie d’être atteint dans les intérêts de son industrie elle-même, si les Etats auxquels il vendait antérieurement ses produits manufacturés se décident un jour à protéger leur proi)re industrie par des tarifs de douane. Ayant négligé son agriculture pour concentrer toute son activité sur des branches de production dont les débouchés se trouvent subitement restreints, il subira une crise redoutable. En pareil cas, « un pays protectionniste, qui aurait développé parallèlement les branches les plus diverses de sa production industrielle et agricole se trouverait moins atteint. S’il perdait en effet quel-
LE COMMERCE INTERN ATIO.NAL
-ques-uus de ses débouchés extérieurs, il conserverait du moins la maîtrise de son marché intérieur que, par la protection douanière, il se serait plus ou moins complètement réservé.
Un pays n’a pas moins d'intérêt, d’autre part, à posséder, à côté de son agriculture, une industrie manufacturière florissante. Entre ces différentes natures de production il existe, en effet, des liens non douteux d’interdépendance. Si 1 agricmlture fournit à l’industrie manufacturière une grande partie des matières premières (pi 'elle transforme, celle-ci, de son coté, assure à la production agricole des débouchés importants et lui procure, sous forme d’outillage et d’engrais, les moyens les plus efficaces d’augmenter ses rendements. Mieux vaut, semble-t-il, poui- un Etat, au lieu d’envoyer à l’étranger les produits alimentaires, textiles, tinctoriaux, oléagineux, de son agriculture, pour les faire manufacturer et les réimporter ensuite, créer lui-même des usines et se réserver ainsi les bénéfices importants qui peuvent résulter de la transformation industrielle.
La protection douanière est plus conforme aux intérêts de la classe ouvrière que le libre-échange. C est 1 argument dit de la w protection du travail national ». Dans un pays protectionniste, à régime industriel complexe, les effets des crises seront généralement de moindre gravité pour les ouvriers, parce que ceux d’entre eiix qui en seraient \ ictimes trouveront à s’occuper dans d’autres branches de production non atteintes. Sous un n^gime de libre-échange, au contraire, toute crise, à raison de la spécialisation industrielle, atteindrait une grande partie de la population ouvrière du pays, et serait une cause de misfu’e profonde et persistante.
La protection a, en outre, pour résultat d’assurer le maintien des salaires payés aux ouvriers, et même quekpiefois d’en élever le taux. C’est ([u’en effet les entrepreneurs d’iudustrie, protégés par les droits de douane contre une concurrence étrangère excessive, et assurés ainsi de conserver sur le maiche inteiieui un taux de profit suffisant, n’auront pas intérêt à spéculer sur la main-d’oMivre et pourront même, sans grand risque, se montrer ])lus larges envers elle. Le libre-echange, au contraire, oblige les producteurs nationaux à chercher les moyens d’abaisser leurs prix de revient, soit en vue de conquérir les marchés extérieurs, soit même simplement afin de conserver leurs débouchés sur le marché intérieur: il peut en résulter une tendance à la baisse du taux de salaire, celui-ci constituant un des cléments essentiels du coût de production.