auwcs, t. U, n°7tt
DKLXIEME PAIITIE.
r.HAPITHE VI
reste à prendre parti entre cos deux thèses. Aucune d’elles, à notre avis, ne saurait être acceptée sans tempérament: ici encore l’étude réaliste des faits doit conduire à des solutions éclectiques.
Le désaccord entre les deux systèmes apparaît tout d aliord en ce qui concerne la signification des statisfiques douanières. Pour les partisans du libre-échange, les produits exportés s'échangeant nécessairement, à valeurs égalés, contre les produits importés, un excédent d’importations ne saurait être considéré comme un phénomène défavorable. Il peut s’expliquer par les imperfections de la statisti((ue douanière. Il est le plus ordinairement l’indice de la mesure du bénéfice réalisé par le pays dans la pratique du commerce extérieur b Toute autre est l’interprétation protectionniste.. L’excédent des importations constituerait un « déficit commercial », par suite un phénomène essentiellement fâcheux. Il indiquerait une sortie d’or, ou tout au moins de capitaux, et pourrait entraîner l’appauvrissement du pays. Un excédent d exportations, au contraire, rendant le pays créancier de l’étranger, serait 1 indice d’une situation favorable.
La vérité jiaraît devoir être cherchée entre ces deux conceptions trop absolues^. Un excédent d importations qui, ])arfois, peut s’élever à plusieurs milliards de francs, ne saurait être attribué sérieusement aux erreurs et aux doubles emplois de la statistique douanière. Il ne traduit pas non plus, nécessairement, le x»rofit commercial du pays. Ce iirofit lient, en effet, résulter aussi bien de l’exportation que de 1 importation. L argument tiré, en sens inverse, de la cargaison qui périt en cours de route ne saurait évidemment être généralisée. Si les statistiques révèlent aux importations de matières premières une valeur de ÀO millions, et qu’après transformation ces matières premières soient réexportées, le tableau des exportations, signalant par exemple une valeur de 70 millions aux produits fabriqués, traduira évidemment un bénéfice de 20 millions pour le pays. Il paraît également impossible de soutenir que les indications des statistiques douanières doivent être tenues pour indifférentes, tout excédent soit aux importations, soit aux exportations, constituant un bénéfice commercial puisque les marchandises exportées paient les marchandises importées,