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coopératives ouvrières un statut légal et réglementé leur constitution et leur fonctionnement, au point de vue notamment du droit de recevoir des avances et subventions de l’Etat. La même loi impose aux sociétés ouvrières la participation aux bénéfices en faveur de leurs auxiliaires salariés.
720. A l’étranger, la coopération apiiliquée à la production et à la vente des produits agricoles a pris dans certains Etats un déveloiipement important, par exemple au Danemark, sous la forme de laiteries coopératives produisant le beurre principalement à destination de l’Angleterre et de la France. On rencontre encore dans le même pays un grand nombre d'associations constituées en vue de la vente des œufs, ou pour l’abatage des porcs et la salaison de leur viande. Les produits de ces entreprises sont, presque en totalité, exportés à destination du marché anglais.
En Allemagne, en dehors de plusfeurs milliers de laiteries coopératives, il existe un certain nombre de sociétés de vinification et de magasins corporatifs de blé, ou Kornhaliser, subventionnés par les pouvoirs publics, et dans lesquels les récoltes des associés sont mélangées et soignées.
En Angleterre, c’est la coopération appliquée à la production industrielle qui a pris le plus d’essor, mais la plupart des associations de production n’ont de coopératif que le nom. Fondées par les sociétés de consommation ^ ou par les fédérations de ces sociétés, elle sont placées sous leur étroite dépendance. Les bénéfices, au lieu d’aller aux ouvriers, sont attribués aux actionnaires des sociétés coopératives de consommation. Parfois même les ouvriers n’ont pu obtenir, en plus de leur salaire, l’avantage d’une participation aux bénéfices. L’atelier coopératif ne diffère donc d’une entreprise patronale ordinaire que par la personnalité du patron, qui, au lieu d’être un particulier ou une société anonyme par exemple, est une société coopérative de consommation.
721. Comineni s’explique le faible développemeat de la coopération ouvrière — En dehors des entreprises qui, par la nature de leurs produits, se rattachent d’une manière plus ou moins directe à l’agriculture, la coopération appliquée à la pro-
1, V. plus haut. n«» 517 et suiv.
2. V. Gide, Cours d' Economie poilique, 4*^ édition, t. !, pp. 238 H ^uiv.
3|f) troisième partie. CHAPITRE II
duction se heurte à une série d'obstacles susceptibles d'entraver
“c'^'IuT-iër'iieu la dimcuité de constituer le eapiu, initial de l’eTitreprise. Les ouvriers ne pourront, la plupart du temps fournir eux-mêmes ce capital et, s’ils le pouvaient. Us ne s’v résoudraient peut-être pas volontiers, à raison des risques de perte inhérents à toute production. L association devra donc recourir à l’emprunt. Mais elle ne trouvera pas facilement des prêteurs parmi les capitalistes ordinaires a raison du peu de garantie qu’elle leur offre et si quelques-uns, alléchés par les chances de succès, ’consentent à se risquer, ils exigeront sans doXour leurs aviùices un taux d’intérêt élevé. Aussi les entre nrises coopératives, en dehors des cas où elles procèdent de la eooartnerïhip, ne peuvent-elles le plus souvent se fonder que si ellls obtiennent le concours financier de certaines institutions spéciales, banques coopératives, sociétés cooperatives de consLimation, ou les subventions des pouvoirs publics.
Une fois créées, les associations ouvrières ne peuvent se maintenir et prospérer que par la prudence et 1 habüete de eui direction 11 faut donc que les ouvriers sachent choisir de bons gérants, les attacher à l'entreprise par des avantages mateiiels Suffisants les armer de l’autorité nécessaire et se soumettre docilement à cette autorité. Pour réussir, la coopération de production suppose, en un mot, chez ceux cjui la pratiquent un ensemble de qualités rares, d’intelligence, de discipline et de
'"eÜS’ suppose également chez eux des qualités de patience et de persévérance, car les premiers résultats sont ordinairemen , des plus modestes, étant donné surt out que les cooperateur, ont dû irélever et imputer sur les frais généraux, au cours de la production, le salaire indispensable a leur existence. Ce qui reste après ce prélèvement est ordinairement peu de chose et, une fois partagé, ne laisse à chacun des membres de 1 association qu’un chiffre très minime. On a même pu dire, en se fondant sur cette observation, que la principale vertu de la coopération anpüquée à la production était de faire l’éducation economique des ouvriers et de les désabuser de leurs illusions relatives au
\u cas même où l’entreprise prospère, il arrive enfin, et c’est le plus grave écueil de la coopération ouvrière, que cette entreprise tend plus ou moins rapidement a perdre le carac-
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1ère coopératif et à devenir une société de capitaux ordinaire. Les xii'eniiers coopérateurs sont peu disposés, et cela s’explique aisément, à admettre de nouveaux associés qui viendraient prendre une part des bénéfices sans avoir, jiendant la période difficile des débuts, couru les risques de perte. Aussi, lorsque le déveloiipement des affaires exige raugmentation du capital initial, sont-ils généralement portés à se réserver à eux-mêmes cette nouvelle mise de fonds, en ne rémunérant que par un salaire le travail d’exécution dont l’entreprise pourrait at'oir besoin. C’est ce qui s’est iiroduit en France pour quelques-unes des plus anciennes associations ouvrières qui survivent et c’est pour essayer d’enrayer cette pratique que la loi du 18 décembre 1915 rend obUgatoire la participation aux bénéfices en faveur des auxiliaires non associés, dans les sociétés coopératives du moins qui veulent obtenir les faveurs pécuniaires de l’Etat. La même tendance égoïste anime, en Angleterre,les associations coopératives de consommation à l’égard des ateliers coopératifs qu’elles ont fondés. Si regrettable qu’elle puisse paraître, cette tendance est un imissant obstacle aux jirogrès de la coo^ration de production, car elle a sa source dans le mobile essentiel de l’activité économique, nous voulons dire dans le sentiment de l’intérêt personnel.