‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 438 sur 568 · V. plus haut, n · texte numérisé non relu

V. plus haut, n

ter le chiffre de leur rémunération succéderaient, grâce à lui, des périodes de lassitude et de chômage volontaire. Il serait, eu outre, une cause de sweating-system. Son application faciliterait en effet le dévelopiiementdel industrie à domicile, de la fabrique collective; or, c’est là un régime de production très défavorable aux travailleurs \ à raison notamment de 1 avilissement du taux des salaires qui en est une des caractéristiques. En dehors même de ce cas, l’avantage qui lui est généralement attribué, d’assurer aux ouvriers une rémunération plus élevée, serait la plupart du temps illusoire. Les patrons, en effet, ne tardent pas, a-t-on dit, à se rendre compte de la productivité moyenne du travail rémunéré à la tâche ou aux pièces, et iis savent bien ramener le taux de cet te rémunération assez bas pour qu’elle ne reste pas sensiblement supérieure à celle de l’ouvrier payé au temps. De sorte que le seul effet réel du salaire à la tâché ou aux pièces serait de stimuler le travail et d’accroître son intensité, au profit du patron mais sans avantage sérieux pour le travailleur lui-même.

725. Si dans ce réquisitoire dressé contre le salaire à la tâche ou aux pièces, il peut y avoir quelque part de vérité, la part de l’exagération l’emporte de beaucoup. 11 n’est pas impossible sans doute que, dans certains cas et dans certains milieux, là où l’organisation ouvrière n’existe pas encore ou n’est pas assez forte, par exemple dans l’industrie à domicile, le salaire à la tâche ou aux pièces favorise parfois certains abus et tourne contre les intérêts de l’ouvier. Mais là où les travailleurs sont organisés, où, grâce à l’association professionnelle, au syndicat, ils peuvent efficacement defendre leurs intérêts, il n est pas douteux qu’ils sont parfaitement à même de prévenir et, le cas échéant, de réprimer des spéculations patronales du genre de celle que nous avons indiquée plus haut. La véritable cause de rhostiüté des syn<iicats à l’égard de ce mode de rémunération du travail tient sans doute à ce qu’il constitue, parmi les travailleurs, un moyen de sélection. En rémunérant chacun en proportion de son chiffre de production, c’est-à-dire suivant ses mérites, il favorise les bons ouvriers, les plus actifs et les plus habiles. Or c’est là un résultat fort équitable et qui, pour tout esprit non prévenu, ne saurait être considéré comme fâcheux.

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