‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 504 sur 568 · CHAPITRE lll · texte numérisé non relu

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ves qui trouvent d’autre part, un appui dans les organisations ouvrières.

Seul, parmi les multiples formes qui peuvent revêtir les syndicats professionnels, le syndicat mixte n’a obtenu qu’un médiocre succès. Ses 233 applications, qui groupent 51.000 adhérents, sont peu de chose auprès des 4.864 syndicats ouvriers réunissant plus d'un million de nn^mbres. Le syndicat mixte avait cependant suscité de très grandes espérances parmi les économistes appartenant à l’Ecole du catholicisme social et à celle de Le Play. Ils étaient portés à voir en lui la forme moderne du groupement corporatif. Kéunissant dans son cadre employeurs et salariés, le syndicat mixte paraissait de nature à améliorer les ra])ports naissant du contrat de travail. Il devait amener plus de bienveillance d’un côté, plus de confiance de l’autre, plus de sympathie des deux parts. Et peut-être en effet cette forme du groupement professionnel eût-elle contribué à la réalisation d’un idéal de paix sociale, si elle se fût généralisée davantage. Mais les temps lui sont peu favorables. Le développement de la grande industrie, qui rapproche les travailleurs en les multipliant dans chaque entreprise, tend à les éloigner de plus en plus de l’employeur, obligé la plupart du temps de se confiner dans la direction commerciale, en déléguant à dès sous-ordres la direction technique. Par là disparaît le point de contact qui, jadis, existait dans la production entre le capital et le travail. Au cas même où l’employeur croit devoir manifester quelque bienveillance à ceux qu’il occupe, en créant certaines institutions de patronage, caisses de secours, de retraite, participation aux bénéfices, ses présents ne sont pas toujours accueillis sans méfiance. L’influence des doctrines socialistes, qui prêchent la lutte des classes, contribue encore à creuser le fossé, de sorte que les salariés, lorsqu’ils se décident à constituer des groupements pour la défense de leurs intérêts, préfèrent les créer entre eux exclusivement, plutôt que d’entrer dans ceux qui réuniraient également les patrons. Le syndicat mixte n'a ini naître et se maintenir, (pie dans les milieux où ils rencontrait des conditions particulièrement favorables, à raison par exemple de la communauté de foi religieuse. Les départements où il groupe le plus d’adhérents sont, en dehors de la Seine, le Mord, le Finistère, la Manche et le Maine-et- Loire. Il est à remarquer que la proportion des femmes est sensiblement plus forte dans les syndicats mixtes ipie dans toute autre forme de syndicats.

847. L'association professionnelle est susceptible, depuis la loi du juillet 1901, de revêtir d’autres formes que celle du syndicat, la forme, par exemple, de l’association simplement déclarée, accessible à tout groupement, quel que soit son objet. En fait, les associations professionnelles déclarées ont été constituées principalement entre personnes qui n’auraient pu, légalement former des syudieats S par exemple entre fonctionnaires.

Au 1er janvier 1911 ^ le nombre des associations professionnelles déclarées en vertu de la loi du 1®'' juillet 1901 n'était pas inférieur à 1.641. Kien que pour la iiériode comprise entre 1908 et 1911, on relève 549 déclarations, se réparti ssant de la manière suivante : associations patronales, 175; associations ouvrières, 108; associations mixtes, 1; fédérations patronales, ouvrières et mixtes, 7 ; associations d’employés d'administrations publiques, 255; fédérations d'associations de ces employés, 3.

848. L’assueialioii proïessioiiiielle à l’élranger; se.s formes et sou iléveloppeiiient actuel. — M'ous avons eu déjà l’occasion de signaler^ le maintien, dans certains pays, notamment en Allemagne et en Autriche, de l'ancienne organisation corporative hiérarchisée et privilégiée. A côté de cette organisation ou à sa place, le législateur a, dans la plupart des Etats, consacré comme en France le principe de l’association professionnelle libre.

En Angleterre, les associations professionnelles ouvrières ou « trade-unions », remontent historiquement jusqu'au xvi® siècle. Elles se sont développées, en même temps que la grande industrie, à la fin du xviu® siècle et au commencement du .XIX®. Bien que simplement tolérées, elles se multiplièrent lorsqu’une loi, eu 1824, eût aboh les pénalités qui frappaient les coalitions. Une autre loi, en 1871, vint reconnaître leur existence et leur donner un statut. Depuis cette époque, leur importance n'a cessé de s’accroître. Plus encore que les syndicats ouvriers français, elles manifestent actuellement une tendance manjuée à la concentration, leur nombre diminuant progressivement alors que celui de leurs adhérents ne cesse de s’accroî-

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