LA DIVISION DU TRAVAIL
M3. (iénéralilé d’application du principe de division du iravaii.
— La division du travail n'est x»as un phénomène d'ordre purement économique h Elle se manifeste au point de vne physiologique, les divers organes des êtres vivants étant naturellement adaptés à des fonctions différentes. Elle se manifeste également dans Tordre des faits politiques, sous la forme de la séparation des pouvoirs, d'autant plus accentuée d’ordinaire que l’organisation i)oliti(iue est plus complexe et plus perfectionnée. Dans Tordre même de la science, la division du travail s'affirme et fait sans cesse *des progrès. De nos jours, un gTand nombre de sciences nouvelles se constituent à l’état de disciplines indépendantes. en se détachant d’autres branches du savoir humain.
La division du travail est donc un fait naturel et un fait social; elle est plus particulièrement un fait économique et c’est à ce point de vue surtout qu’elle nous intéresse. Elle avait éveillé déjàTattention des penseurs de l’antiquité, de Xénophon notamment. A la fin du xviii** siècle, elle fut étudiée par Turgot et par uu économiste anglais, Ferguson. Mais c’est surtout Adam Smith qui, analysant les effets de la division du travail dans Tordre économique, [a][démontré l’importance considérable de ce phénomène. Son étude a, depuis, fait l’objet des travaux de di-
l. UurUiHMm, De la fZ/r/.s/o// dii iravaii social, 1893.
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l-KS CONDITIONS
ÉCONOMIOl'KS DE LA PHODrCTION
vers auteurs appartenant à Técole historique allemande, ]MM. Bûcher et Schmoller, notamment. Les écrivains socialistes, de leur côté, se sont occupés de la division du travail au point de vue de ses résultats par rapx>ort à la condition des travailleurs et des formes qu'elle est susceptible de revêtir suivant le degré plus ou moins avancé de concentration industrielle.
SECTION I
li\()U TION MISTURiqi'K DE LV DIVISION DE TRAVAIL*
I \ Division l'ainiliale cl division sociale du travail dans Tordre ceoiioiniquc. — Si Ton remonte jusqu’aux origines des premières sociétés humaines, il semble que la division du travail, dans Tordre des faits économiques, ait eu pour base et pour raison d’être des différences de sexe et d’âge. lat première produisait son effet sur la répartition des diverses natures de travaux entre les membres du gi'oupement. Aux hommes les dangers de la chasse et de la la guerre, aux femmes les travaux domestiques, la préparation des aliments et des vêtements. A elles aussi peut-être certains travaux considérés comme inférieuis, le transiiort des fardeaux, la culture de la terre, travaux qu’avec le progrès de la civiüsatiou le sexe masculin prendra plus tard à sa charge, à raison de la dépense de force physique exigée par leur accomplissement. Dans l’intérieur du groupement primitif, Tâge est également une cause de spécialisation des tâches. Aux enfants les menus travaux, la garde des troupeaux; aux adultes le soin de défendi’e la trilm ou la famille contre les ennemis du dehors et d’assurer la satisfaction de ses besoins multiples; aux vieillards le conseil et la direction.
C’est l’état social que nous dépeignent les traditions bibliques et dont les légendes homériques ont conservé le reflet. Sous cette forme primitive, la division du travail est purement familiale: elle ne dépasse pas les limites du groupe soumis à l’autorité des anciens, du patriarche. Entre les diA'crses tribus
i. Bûcher, Etudes d' Histoire et d' Economie ptdilique, 1901; Sciunoller. La division du travail au point de vue historique dans la Hevue d' Ecomanie politique, 1889 et 1890; Schwiedland, Les formes de rindustrie, dus la Uevne d'Eamomie politique, 1892.
f'REMIERK RARTIK.