‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 56 sur 568 · I.KS CONIMTION.'^ KCONOMlOt’ES DK LA l’ROÜl'CTlON 1.J · texte numérisé non relu

I.KS CONIMTION.'^ KCONOMlOt’ES DK LA l’ROÜl'CTlON 1.J

qui, dans les catégories les plus variées de travaux industriels, SP. constituent en se séparant d’antres professions, sans parler de celles qxd apparaissent comme conséquence des découvertes scientifiques et de l’emploi des machines.

La distinction des tâches a, de son côté, subi une transformation profonde. Elle s’opère désormais, non plus .seulement, ni même principalement, tlans le cercle de la famille, mais surtout dans le cadre industriel, dans l’atelier, dans Tusine. Dans l’atelier, plusieurs omTiers coopèrent à nn bnt complexe, la irroduetion de telle ou telle nature de riche.sses. Pour atteindre ce but, chacun des ouvriers accomplit une tâche distincte, toujours la même, différente de celle qui est confiée aux autres. Dans l’iisine, ce sont les machines qui sont spécialisées et adaptées chacune à une natme particulière d’opérations. Chaque ouvrier a pour mission de diriger et surveiller une de ces machines. Soi) travail se trouve par cela même indirectement spécialisé. La division du travail parcellaire subsiste d’ailleurs dans l’usine pour l’assemblage et l’achèvement des diverses pièces qid ont fait l’objet de la production mécanique. C’est à cette spécialisation parcellaire ou mécanique des tâches dans l atelier et dans l’usine que les économistes réservent le plus ordinairement le nohi de division du travail et c’est elle qui a fait plus particulièrement l’objet de leurs observations. ,

l'i7. Développement plus ou moins rapide de la division du travail sous ses diverses formes. — Observons d’ailleurs que l’évolution qui conduit de la division du travail dans le groupement familial à la division du travail dans l’atelier et dans l’usine, en passant par la spécialisation des professions, ne s est pas accomplie paidout avec la même rapidité.

Dans un jn-and nombre de milieux elle est encore loin d’être achevée, si tant est qu’elle doive jamais l’être. A la campagne, par exemple, l’industrie familiale a conservé longtemps une grande partie de son importance. Jusqu’à une époque txssez récente, on se préoccupait dans les milieux rm-anx de produire à peu près tout ce qui était nécessaire à la subsistance de la famille et à son entretien ; le pain, que l’on préparait et cuisait à la maison, le laitage, les œufs, la volaille, le vin, le chanvre et le lin que les femmes filaient à la veillée, les meubles mêmes parfois, plus ou moins grossièrement fabriqués. Les produits qui, n’étant pas directement utilisés dans la famille, étaient

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portés un marcl'.é, ])ermt'ttaiont il'HOfroître le capital et, dans une faible mesure, ])rociiraient un p<*u de bien-être. Depuis un demi-siècle ce]u'udant la plupart de ces })ratiques disparai^^sent rapidement, sauf dans (pielques ré<,dons montagneuses où les communications sont difficiles. A la campagne comme à la ville on produit de plus en ))lus en vue de récbange, complément et condition même de la division sociale du travail. Celle-ci tend 'partout à se substituer <le ]j1iis (Mi jilus à la divûsiou du travail dans la famille.

11 subsi^ite cependant certaines causes qui ne permettent pas aux formes les plus récentes d(* la divisi(»n du travail, à la spécialisation des professions et des tâches, de progresser partout et dans toutes les branches de la production avec la même intensité. Précisément parce que réchange est la condition même de la division sociale du travail, celle-ci trouve dans la limitation possible des débouchés une limite à son développement. A la campagne, la même personne exeicera fréquemment plusieurs professions différentes : cultivateur par exemple et maréchalferrant ou charron, parce qu’une seule de ces professions ne ourniTait pas à son travail ou à ses produits des débouchés qui suffisent à assurer son existence. Dans l’industrie agricole, la spécialisation des tâches rencontre d’ailleurs un obstacle du fait même de la nature^. L’alternance des saisons oblige le même individii à être successivement laboureur, moissonneur, vendangeur, aucun de ces divers travaux ne pouvant l’occuper pendant l’année tout entière. Dans rindustrie manufacturière, le développement de la division du travail paraît être aussi en corrélation directe avec l’étendue des débouchés. Un grand établissement métallurgique trouvera dans l’importance même (le sa chentèle la possibilité de se spécialiser et de borner sa fabrication à une seule nature de produits; rails, machines, plaques de blindage, alors qu’un établissement de moyenne importance, pour conserver des débouchés suffisants, se verra obligé de varier sa production. Dans une grande fabrique de chaussures oîi l’on emploie des machines, la division parcellaire et mécanique du travail sera poussée très loin, alors que, dans l’atelier de l’artisan, c’est la même personne qui accomplit toutes les tâches dont l’ensemble constitue la fabrication.

1, Joimlan, 0>nrn Enmomie politique^ *2® éilitioii. p|i, (U suiv.

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