‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 57 sur 568 · I.KS roNDITIONS CCONOMIUl KS DK l..\ l'UODl'CTION · texte numérisé non relu

I.KS roNDITIONS CCONOMIUl KS DK l..\ l'UODl'CTION

1 \i\. IMvisioii l'êqionah* cl iatoriiaiioiiule du travail. — La division du travail ne se manifeste pas seulement entre les professions et entre les individus, dans râtelier et dans l’usine, elle se manifeste également dans les rapports des diverses régions du même ])ays et dans les rapports des Etats entre eux. Tl y a une division régionale et une division internationale du travail. La spécialisation régionale a des causes d’ordre i)hysique; elle tient ordinairement à la comiiosition du sol et surtout du sous-sol. Ainsi s'explique la production industrielle pisqmndérante du nord et de l'est de la France, n'gions de gisements houillers et métallurgiques. Ainsi s’expUqiu' (‘gaiement le développement des vignobles dans le Bordelais et en Tiourgogne. Cette spécialisation régionale se trouve, dans certains Etats, particulièrement accusée : en Italie par exemple, dont la partie nord est essentiellement industrielle, alors que tout le sud de la péninsule est im pays de viticulture et de production agricole à peu près exclusive.

Dans les rapports des diverses nations, nous avons vu. en étudiant l’influence du milieu physique, (jiie certaines spéciali sations se manifestent également. Tel Etat sera ])rincipalement manufacturier; tel autre développera de préférence la production agricole ou l’industrie des transports maritimes. D’où une division internationale du travail, qui aura comfne conséquence rétablissement de relations d’(*chauge plus ou moins développées entre les nations.

SECTIÜX II

KFFKTS DE LA DIVISION DF rU.VVAIL

l iîh Inl'Iiieiiee do ce phênonioiio sur la productiviti^ du travail. La division du travail, particulièrement sous les formes de la sépai'ation des professions et de la spécialisation des tâches, a pour résultat d’augmenter dans des proportions considérables la productivité du travail. Adam Smith en a fourni la preuve dans un exemple demeuré célèbre et tiré de la fabrication des éiîingles h De son temps, cette fabrication impliquait une série d’opérations manuelles distinctes et spécialisées. Ad. Sinith prend com-

1. Ad. SmiLli, Heckerchvs sur lu naiitrr et les causes de la richesse tles nalinns, \. 1. cliuii 1, iJe la divisÎDU du Iravajl.

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me exemiJle une manuïaeture d’imjKntance moyenne employant 10 ouvriers. La production des épingles y était par jour de 48.00t» soit en moyenne 4.800 par ouvrier. Si chacrm des 10 ouvrier?), fait observer Adam Smith, avait dû accomplir lui-même toute la série des opérations qu’exige la fabrication d’une éjungle, couper le fil de métal, le i-edresser, l’aiguiser à une de ses extrémités, former la tête de l’éiûîigle, la fixer, polir et achcA^er l'objet, peutêtre dans toute sa journée n’eût-il pas réussi à en fabriquer 2*). C’est donc par le coefficient 240 que, grâce à la division du travail, s’est trouvée multii)li(‘e la productmté de l’ouvrier. D'autres exemples ont été fournis, en cv. qui concerne notamment la fabrication des clous, celle des cartes à jouer. Aujourd’hui le> clous, comme les épingles d’ailleiu's, se fabriquent à la machine. La division parcellaire du travail a, pom’ ces objets, fait place à la spécialisation mécanique, mais le résultat de cette transl'ormation a été d’accroître encore dans des proportions considérables le taux de productivité du travail.

150. Avantaj(cs de la division du travail. — A quoi faut-il attribuer ce résultat merveilleux de la division du travail f En ce qui concerne plus particulièrement la spécialisation des tâches parcellaires, ses avantages ont été, depuis Ad. Smith, bien des fois énumérés ;

1 ® Par l’effet de la division du travail, l’ouvrier habitué à exécuter toujom’s la même tâche acquiert dans son accomplissement une habileté exceptionnelle. Il arrive à la faire presque sans efforts, mécaniquement en quelque sorte, et avec une telle régularité de mouvements que la réflexion n’y ajouterait rien,

2 ® L’habitude d’accomplu’ toujours la même tâche amène l’ouvrier à dégager dans son exécution certains mouvements simples, répétés à intervalles réguliers, et qui à raison même de ce.^ caractères pourraient être exécutés par une machine. On voit ainsi apparaître le lien qui unit l’im à l’autre les deux phénomènes de la division du travail et du développement de l’outillage mécanique. Aimi qu’Ad. Smith l’avait observé déjà, la découverte des machines a été, dans un grand nombre de cas, due à de simples ouviiers spécialisés.

3 ® La division du travail amène une économie dans le temps consacré à la production. L’ouvriei- spécialisé n’a pas besoin dé changer d’outils et de se déranger de sa tâche poxir en entrepren dre une autre. Il économise par cela même le temps de la « mise

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