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'2. IJsl, Système natiorifit (rér4tnffmie ffolitiyuer rbîip, V. Lu rwlituiulité ei l'eronuniie fh lu nuiiun.
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LKS CONDITIONS Kl'.ONOMlql'KS DK LA 1‘RODl C.TION 1 17
l,l«. Tels sont les éléments de la discus.sion qui s’élève à l’occasion de la division internationale du travail. Xous les retrouverons lorsque nous aurons à nous occuper du commerce international et nous devrons alors, après avoir étudié les faits politiques qui s’y rattachent, prendre, parti sur cette question
de princi})e.
SECTION in
LA OI ESTION DKS MACIIINKS '
|.*>7. l*r»i(rès du luaeliinisme. — Xous avons eu l’occasion de voir, en étudiant la division du travuil, la relation étroite qui existe entre ce phénomène et l’emploi de l’outillage rnécani-
que.
Les machines, en jirenant ce mot dans son sens le plus général d’appareil mû par une force inanimée, existent depuis les premiers âges de l’humanité. Les plus anciennement connues furent, sans doute, les moulins à vent et â eau. La navigation à voiles remonte également à une haute antiquité. Mais ce n’est qu’à une époque assez récente, au cours même de la première moitié du xix^ siècle, qu’on a vu se généraliser l’emploi industriel de l’outillage mécanique. Cette transformation ])rofonde dans les moyens de produire a été la conséquence directe des découvertes relatives au travail des métaux et à l’emploi de certaines forces physiques, la vapeur et l’électricité. L’origine de la machine à vapeur est contemporaine de la Réforme; c’est à cette époque que fut moulé en tonte de fer son jiremier cylindre. Elle se perfectionna par la substitution de l'acier à la fonte à la suite de l’invention du four à pudler. et ses applications se généralisèrent lorsque les belles découvertes «le Bessemer et de Martin en eurent abaissé considérablement le prix de revient. .Aujourd'hui, dans certaines branches de la production, notamment dans les industries de la métallurgie et du tissage, l’emploi des machines s’est étendu à presque toutes les opérations qui, jadis, «Paient du domaine de la force mus-
1. \'. Kanifl WvWt'l, J.a marliiiir rtla muin-iru'iii'ri’ linnwinr. I î»l 2 ; Olphe Cailla rd. I.i' macfiinismc cl iiM-liômai-f . dans la l{l•l^lll^ (!' fù-.imomir 1910.
l'HK.MIÈRK P.VRl Ii:. C.H \ PITHR JU
culaire \ Dans les grandes aciéries américaines, c’(‘st à des machines que l’on confie le soin de charger et de décharger les énormes blocs de métal. Ce sont de gigantesques marteaux-pilons qui leur donnent la forme voulue. Ce sont d’immenses pincos, mues par la vapeur, qui retirent des lingotfières, après refroidissement, l’acier que d’autres appareils mécaniques y avaient précipité en fusion.
I5U. Avaiitaf|es écouuiniques des machines^. — 1" Ainsi que nous pouvons en juger par l’exemple qui précède, les machines atténuent dans une large Jiiesure le caractère pénible du travail: elles axigmentent, d’autre part, le rôle de l’intelligence dans son exécution. Toutes les fois qu’une tâche j)cut se décomposer en un certain nombre de mouvements simples, dont la répétition indéfinie serait pour le travailleur particulièrement fastidieuse, on est amené tout naturellement à en confier l’exécution à une machine. Il en est d(‘ même des travaux les plus épuisants, de ceux qui répugnent le plus à la sensibilité humaine. Dans ces divers cas, le rôle de l’ouvrâer, (jui était jadis d’exécuter directement des opérations pj'mibles et parfois redoutables, consistera désormais simplement à diriger et à surveiller la machine;
Les machines donnent au travail de l’homme un caractèie de régularité (lue l'habitude, même la plus invétérée, ne lui permettrait pas d’atteindre. Aussi leur emploi s'impose-t-il toutes les fois <iu'il s’agit d’obtenir des produits interchangeables et de larg(* consommation. On dit alors qu’il y a production par séries ;
Les machines augmentent considérablement la production. Les forces très puissantes qu’elles mettent en œuvre sont en effet des forces insensibles et inlassables qu’il n’est pas nécessaire, par suite, de ménager comme on ménage la force muscxilaü-e de l’homme. On peut exiger d'elles un travail beaucoup plus intense et continu, par conséquent plus ])roductif.
' 4° Par cela môme que les machines produisent par grandes masses, leur emploi amène rapidement la baisse des prix des produits. Il en résulte naturellement tm accroissement de bien-
1. Sur le (lêveloppenieni, en France, do la puissance des iïiacUines^ v. plus haut, II® 100.
*2. Levasseni-j (junftttrtiison du Imvail à la main el à la tntwhine^ l'.UK).
être pour toutes les classes de la société, qui, avec le même revenu, pourront comsommer davantage.
5» Les ouvriers particulièrement retirent de l'emploi des machines certains avantages importants. Elias élèvent le taux de leur salaire. Celui-ci, en effet, dépend en grande partie de la productivité du travail; or, par l’emploi de l’outillage mécanique le travail est rendu plus productif. Cette observation explique dans une certaine mesure le taux particulièrement élevé des sahûres dans les pays très industriels, notamment aux Etats-Unis. Le caractère plus intellectuel du travail mécanique contribue également a élever son taux de rémunération. Ce n’est pas seulement d’ailleurs le salaire nominal des ouvriers, le salaire en argent, qui est amélioré par suite de la vulgarisation des machines, c’est encore leur salaire réel, la puissance de consommation que leur confère le salaire nominal. Hous venons de voir, en effet, que les machines ont pour résultat d’abaisser les pi'ix des objets fabriqués; or ceux-ci rentrent pour une part importante dans la consommation des classes ouvrières comme des autres classes de la société.
6» Les machines ont, en outre, améhoré sensiblement les conditions d’exécution du travail industriel. En amenant le groupement par grandes masses des ouvriers dans l’usine, elles ont facilité l’aiiplication d’une législation protectrice, déterminé l’abaissement progressif de l.a durée légale du travail, assuré l’observation de.s prescriiitions relatives à l’hygiène des locaux. Leur effet a-t-il été aussi favorable en ce qui concerne les accidents du travail î U paraît ilifficile de formuler sur ce point une réponse absolue. Dans bien des cas, à raison nieme de leui natiue et de leur puissance, l’emploi des machines est une cause importante d’accidents. L’examen des statistiques démontre cependant que les professions pour lesquelles le coefficient de risque professionnel est le plus élevé S ne sont pas toujours celles qui font des machines le plus considérable usage. La généralisation de l’outillage mécanique a eu d’ailleurs pour résultat de favoriser la prév^ention des accidents du travail et de
! Ij’aiH'ùs lus filalistifinus dus acciduiits^duclîii’us par l(*s .sociétés d assurances lus irroupus industriel*^ *\a\ présentent les proportions les plus élevés d’accident^ irravus ><»nt lus mines et lus travaux publics, c esr-à-dire des industries pour lesquelles roulillaffu mécanique est peu développé (Annuaire
stfdis.liqnti'
Dater i eraüiissement d luie législation qui en assure équitablement la réparation.
7^ Les maehines n’ont pas seulement proenré aux ouvriers un travail moins ])énible et mieux rcununéré; elles l<*ur ont assuré en outre un travail plus stable et moins sujet aux chômages. Dans la plupart des branches d'industrie qui emjdoient un important outillage mécanique, le travail ne subit pas ou subit peu de mortes-saisons. Les machines représentent en effet un capital d’une valeur considérable dont l’emploi productif s'impose sans interruption. Elles se détériorent en outre par ' le non-usage. De telle sorte que, paifois, l'entreineneur aura
i intérêt à continuer la fabrication en temps de crise, alors (jue
le revenu qu’il en retire a cessé d’être léinunérateur. La généralisation de l’outillage mécanique permet d’autre part aux ouvriers momentanément sans travail de retrouver plus facilement une occupation nouvelle. Lors même que les machines sont étroite- 1' ment spécialisées, un long apprentissage n’est pas nécessaire
^ à l’ouvrier qui savait déjà conduire une d’elles pour se mettre
' à même d’en diriger une autre. A ce jioint de vue, le travail
t: mécanique offre aux ouvrieis une garantie plus sérieuse contre
i • le danger de chômage que le travail musculaire, très spécialisé.
v; IÔ9. Ohieelions diri(|oes eoiilre les maeliiiips. — l^es machi-
nes ont cependant des adversaires. Elles en ont eu surtout dans le passé parmi les économistes et parmi les ouvriers. Ces derniers se sont livrés parfois à des violences soit contre elles, soit même contre la personne de leurs inventeurs. Ces faits appartiennent à riiistoire; mais si les ouvriers d’aujourd’hui ne brisent plus les machines, leurs syndicats émettent parfois la prétention d'en régler l'introduction et d’en contrôler l’emploi.
Les adversaü-es des machines contestent la réalité de certains des avantages qui leur sont attribués. Ils font observer notamment que l’emploi des machines n’a pas toujours pour but ni pour résultat d’accroître la production. En agriculture par exemple leur seul effet est, la plupart du temps, d’activer le travail et d’économiser la main-d’œuvre h Elles sont dans ce cas plus nuisibles qu’utiles aux ouvriers, qu’elles exproprient de leur travail. C’est là d’ailleurs le principal grief articulé contre les machines. Elles sont, ou plutôt elles ont été, une cause de souffran-
1. Cîiiiwcs, Ctiurs iV écoftnmi*^ pnlilupie, 3« édition, t. l. n° 234.
ces et de misère profonde pour la classe ouvrière lorsque leur emploi s’est, au cours du xix« siècle, rapidement et subitement généralisé dans la plupart des branches de la production manufacturière. Tue grande partie des ouvriers se sont trouvés, par leur fait, privés du salaire qui était leur seule ressource, et l’on s'explique aisément, par suite, les sentiments d’exaspération qu’elles ont pu inspirer.
1(»0. On a encore reproché aux machines d être une cause de surproduction permanente dans les branches d'industrie où domine leur emploi. L’un des avantages attribués aux machines est précisément d’accroître considérablement la production. Cet avantage devient un grave inconvénient sous im régime de libre conciuTence oîi l’abaissement du prix de revient, permettant rabaissement du prix de vente, e^t la condition du succès Sous un semblable régime, les producteurs sont en effet amenés par leur iiropre intérêt à produire en grand, afin de réduire proportionnellement le coût de chaque unité produite. L’emploi des machines leur fournit le moyen de satisfaire cette tendance. Tl en résulte que le marché sera inondé d’une masse énorme de produits de toute nature, surabondants par rapport aux besoins et dont l’écoulement deviendra bientôt impossible.
Il V aura crise, rupture d’équilibre entre la production et les besoins de la consommation, entraînant la ruine d un grand nombre d’entreprises, et cet état de choses sera d’autant plus o-rave qu’il se reproduira sans cesse, les causes qui 1 entraînent avant elles-mêmes un caractère permanent. Plus que tout autre économiste, de Sismondi ^ a été poursiüvi par cette crainte d’une surproduction générale et constante, d’un engorgement general des diverses branches de la production. Tl comparait les machines à des travailleurs esclaves, obéissant docilement au maître lorsqu’il leur ordonne de produire, refusant de lui obéir lorsqu’il veut arrêter leur action.
lei «épouses à ces oh.|eelious. — En ce qui concerne ce. prétendu danger de surproduction générale tenant à l’emploi de l’outilla^^e mécanique, il semble que les adversaires des machines aient beaucoup exagéré. Sans doute la production en grand sous un rétnme de libre concurrence amène fréquemment des ruptures d’équilibre, des crises S mais ces crises dues à l’étendue im-
1. De Sisiuondi, Nouveaux principes d' Economie polilique, t. 1.