‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 60 sur 568 · ilus liaul . Il" s.'L · texte numérisé non relu

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2. daiiwè'», (jfiir.s d' l^^cononüf* fjtdiUt/u*\ ptülioii. (. I. n"** pI 231.

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PRKMIÈRK I’ARTH;. CHAPITRK III

travaux, ce serait pluti^t le contraire qui serait exact. Les progrès de la division du travail ont permis, il est vrai, d'employer à la production industrielle la femme et l’enfant. Cette désorganisation du foyer familial, cette destruction de l’atelier domestique est sans doute, à certains points de vue, fort regrettable. Observons cependant que les abus dont le travail industriel peut être la source se produiront d’autant moins facilement que la division du travail sera poussée plus loin. Le législateur ne peut forcer les portes du domicile familial ; il peut au contraire exercer une surveillance efficace sur les conditions dans lesquelles s’accomplit le travail à la manufacture et à rusine. Et c’est ainsi que s’est instituée, dans tous les grands pays industriels, une importante législation protectrice qui, au point de vue de l’âge et de la durée du travail, sauvegarde l'intérêt de la femme et de reiifant. Tl en a été de même en ce qui concerne l’hygiène. Si l’on veut eomjiarer, au point di* vue des conditions de leurs installations, les vastes établissements de la grande industrie très spécialisée avx*c les ateliers de la petite production, avec le logis même tle l’artisan, il no jiaraît guère douteux (jue là encore la division du travail ait été une cause d’amélioration el <le [uoürès.

loi. Exuiiicii critique <lii |)riu"i|ie de la division du travail entre nations. — En ce qui concerne spécialement la division internationale du travail, une que.stion très débattue se iiose : celle de savoir lequel est le plus avantageux pour un ]>ays, de pratiquer largement cette division du travail et de se spécialiser dans telle ou telle branche de production, ou bien au contraire de j)oursui\T(^ l'idéal d'un légime de production complexe.

Sans doute l’existence même de la division du travail entre les nations ne saurait être mise en cause. Par la force des cho.ses, l’échange restera pour un peuple le seul moyen de se procurer les produits dont son sol est privé. Mais est-il désirable qu’entre les nations la division du travail soit poussée aussi loin que possible ? Bu d'autres termes, lorsque pour une branche de la production, agriculture ou métallurgie par exemple, un pays se trouve, sinon dépourvu, du moins en état d’infériorité naturelle vis-à-vis d’autres nations, doit-il se résigner à cet état de choses et devenir, pour les produits de cette industrie, tributaire de l’étranger, sauf à concentrer ses propres efforts sur les autres branches de production ])our lesquelles il a été yiarticulièrement

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bien doté par la nature ? Ou doit-il au contraire, pour tirer parti de ses ressources les plus diverses et mettre en action toutes ses forces productives, chercher à corriger cette infériorité naturelle et mettre ses industries les moins naturellement ' favorisées à même de lutter, grâce à des mesures de protection, primes ou droits de douane, contre la concurrence étrangère f C’est, on le voit, le problème doctrinal du libre échange et de la protection qui se pose à l’occasion de la division du travail.

Eu faveur du développement indéfini de la division du travail entre les nations, on raisonne par analogie des avantages que nous lui avons reconnus dans la production intérieure de chaque Etat. La division internationale du travail est, dit-on, poui’ l’humanité tout entière une cause d’enrichissement et de bien-être. En permettant aux divers iieuples de se spécialiser conformément à leurs aptitudes naturelles, elle amène l’abondance et le bon marché des produits de toute espèce. Les nations participeront à ces avantages communs, grâce à l’échange. Celui-ci, conséquence directe de la division du travail, est pour elles comme pour les individus la condition essentielle du progrès économique. Dans la concurrence internationale chaque pays poinra s’assurer, grâce à la spécialisation, la supériorité dans les branches de production qui correspondent le mieux à ses aptitudes naturelles.

1. Toute différente est la thèse des partisans de la protection. Le développement des échanges internationaux ne constitue, disent-ils, un phénomène avantageux pour un pays que si, à l’intérieur même de ce pays, la production est très diversifiée, s’il iiossède un grand nombre d’industries florissantes, correspondant aux ressources naturelles multiples de son sol et de son sous-sol, et assurant à la production nationale la prépondérance sur le marché intérieiu-. La possession de ce marché est en effet, pour le travail national, une condition essentielle de sécmaté. puisqu’elle le met à l’abri des changements qui peuvent survenir dans les relations des divers Etats et avoir une répercussion sur la politique des échanges internationaux.

Un régime économique complexe est, à bien des points do vue, préférable pour une nation à un régime de production sih*cialisée. Tout d’abord il permet de tii’er parti des diverses ressources et aptitudes nationales. La spécialisation peut d’ail leurs, à un moment donné, perdre pour un Etat la jilupart des avantages que lui attribuent ses partisans. Elh* assure, dit-

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on, !a supériorit-é dans les branches de production où elle se manifeste; mais on oublie que les supériorités industrielles manquent parfois de stabilité. La concurrence des pays neufs se fait aujourd’hui sentir aux Etats européens dont l’agriculture semblait la plus prospère, et, pom- l’industrie manufacturière, l’AngleteiTe se voit disputer par les Etats-ünis et par l’Allemagne la plupart de ses débouchés. On oublie d'autre part, en vantant pour un Etat les mérites de la spécialisation industrielle, les liens de connexité, d'interdéiiendance (}ui unis- • sent les branches les plus diverses de la production, les services multiples qu'elles peuvent se l’endre les unes aux autres, en se servant réciproquement de délxmchés.

Adam Smith avait eu conscience», malgré rimportauce exceptionnelle qu’il attachait à la division du travail, de cette nécessité d’un régime industriel complexe pour un Etat. Elle a été affirmée après lui par d’autres économistes, notamment par l’Américain Carey^ et l’Allemand Tiist ^ Suivant ce dernier, l’idéal national à réaliser, ce n’est pas la nation spécialisée, c’est la « nation normale ». dont il donne la belle définition suivante ; « La nation normale possède une langue et une littérature; un territoire étendu, pourvu de nombreuses ressources; une population considérable; ragi'iculture, l’industrie manufacturière, le commerce et la navigation y sont hariHonieusement développés; les arts et les sciences, les moyens d’instruction et la culture générale y sont à la hauteur de la production matérielle. La constitution politique, les lois et les institutions y garantissent aux citoyens un iiaui degré de sûreté et de liberté, y entretiennent le sentiment religieux, la moralité et l'aisance, ont ])our but, en un mot, le bien de tous. Elle jiossède des forces de terre et de mer suffisantes iionr défendre son indépendance et ])our protéger son commerce extérieur. Elle exei’ce de rinflnence sur le dév'^eloppement des nations moins avam-ées (ju’elle; et, avec le tro])-plein de sa population et de ses capitaux intellectuels et matériels, elle fonde des colonies et enfante des nations nouvelles » ^

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