Cours d'économie politique [microform]
sances ils sont i ““ ''eveloppemenl de nos connaisles avoir étudiées"? '* toutes les questions sans
es savants sont plus modestes; ils voient
UCONO.MIE POUTlyUli:. I
INTRODUCTION
les limites de leurs propres connaissances et ils sentent leur insuffisance.
G est pourquoi ils ont partagé cet immense domaine en plusieurs sciences; on pourrait dire, par comparaison, en plusieurs exploitations ou fermes, lesquelles sont contiguës et solidaires, mais cependant distinctes, et dont chacune est
une science particulière. L économie 'politique est une de ces sciences.
2. La matière iruiie science. — Chaque fois qu’il existe, dans l’ordre des choses physiques ou dans l’ordre des choses morales, une série de phénomènes distincts, se reproduisant constamment de la même manière dans les mêmes circons-
tances, il y a matière pour une scienc(3 particulière. L’homme crée ou, pour mieux dire, dégage la science en observant ces phénomènes et en s élevant jusqu’à la connaissance des lois générales qui les régissent.
Exemple. Dans le cours de vingt-quatre heures, nous voyons le jour succéder à la nuit ; tous les soirs, quand le ciel est pur, nous voyons les astres se mouvoir au-dessus de nos têtes dans une direction constante, et, à certaines époques également régulières, la lune éclairer nos nuits. Il y avait là matière a une science. Cette science, qu’on a nommée astronomie, a commencé d’exister le jour où les hommes ont pu calculer avec quelque certitude et prévoir la marche des corps célestes, c est-à-dire s’élever à une connaissance raisonnée. Elle a été définitivement constituée après que Newton eut découvert la loi de 1 attraction universelle qui préside à tous ces mouvements et qui explique l’harmonie des mondes.
^ L astronomie est une des sciences les plus anciennes que l’homme ait cultivées, parce que le spectacle du ciel a, dés
les premiers temps, frappé son imagination et éveillé sa curiosité.
La géologie, au contraire, est une science récente. Ce n’est guère que dans notre siècle que l’homme, en fouillant le sein de la terre, a observé attentivement que des couches de terrains semblables se succédaient dans le même ordre sur des
points différents, qu’il a étudié ces terrains, les débris d’ani-
maux ou de végétaux qu’ils renfermaient, et que, remontant
l’objet de l’économie politique
de cause en cause, il est parvenu à la connaissance de quelques-unes des grandes lois qui ont présidé à la formation de notre globe. Il y avait là de tout temps matière à une science : cette science existe aujourd’hui.
3. L’objet de l'écoiioniie politique. — Sur toute la Surface de la terre et dans tous les temps, les hommes se sont livrés à certaines occupations et ont entretenu les uns avec les autres certaines relations de Iravail, en vue de créer un produit ou d’obtenir une rémunération et de satisfaire ainsi, directement ou indirectement, aux besoins de la vie ; ils ont’ fait paître des troupeaux, chassé le gibier, labouré la terre, forgé le fer, pratiqué des métiers, loué leurs services, Conduit des marchandises sur terre ou sur mer, vendu aux uns ce qu ils avaient acheté des autres. Rien de plus divers que ces occupations et ces relations. Mais, sous la diversité des phénomènes, on aperçoit d’abord quelque chose de constant, à savoir l’intention de faire une chose utile.
En y regardant de plus près, on aperçoit encore autre chose. Ce n est pas par les mêmes procédés que le cultivateur produit du blé dans son champ, que le taillandier fait une serpe sur son enclume ou le tisserand une étoffe sur son métier. Mais qu on fasse du blé, une serpe ou une étoffe, quelque industrie ou quelque commerce qu’on exerce, il faut toujours du travail^ des outils, des matériaux., presque toujours Vassistance d'autrui et ^échange de produits contre d’autres produits.
Il y a donc là un ensemble de phénomènes d’un ordre particulier qui se reproduisent constamment dans les mêmes circonstances. Il y a là, par conséquent, matière pour une science particulière : cette science est l’Économie politique. Nous pouvons dire : L'économie politique a pour objet l’étude des phénomènes relatifs à la production des choses utiles ÿ les choses utiles s' appellent richesse. En observant ces phénomènes, elle s’élève jusqu’à la connaissance des lois générales qui président à la production, au moLivenient et à la consoinmation de la richesse.
4. Le but. Le but de l’économie politique est tout uaboid la connaissance de ces lois. C’est le but premier et
CO
INTRODUCTION
1 honneur de toute science que d’élever l’esprit humain jusqu a la connaissance de la vérité et de lui faire ainsi, par
quelque cûté, comprendre l’ordre qui préside aux choses de ce monde.
Mais, comme toutes les sciences, l'économie politique a aussi une utilité pratique et très grande. Quand on a étudié les lois naturelles qui régissent les faits et les rapports économiques, on comprend mieux le mécanisme de la vie sociale; on est plus éclairé pour bien diriger ses inléréts personnels, quelquecarrière que l’on suive; on a l’esprit plus juste et, par conséquent, moins accessible aux préjugés et aux passions qui agitent beaucoup d’esprits et qui troublent parfois les Etats; on peut plus sûrement voir les défauts des institutions de son pays et, si l’on a voix dans les conseils, indiquer les remèdes et provoquer des améliorations qui ne sont pas des utopies. L’économie politique ne donne pas plus qu’aucune autre science l’infaillibilité; mais elle est éminemment utile pour cette triple raison qu’e//e communique de la rectitude au jugement sur les questions économiques, qu’elle aide à la bonne conduite des affaires privées et qu’elle est nécessaire à la conduite des affaires publiques.