‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 18 sur 55 · Les (rois fartems de la produetioo à rtfaïunérer · texte numérisé non relu

Les (rois fartems de la produetioo à rtfaïunérer

nar production fait voir que la richesse est créée

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que les forces de la nature, n’élant pas appropriées rendent des services gratuits, et que la terre, par cela mime S

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LA RÉPAllTlTION

lous aient leur part de l’utilité du produit créé, et que cette part soit proportionnelle à rellicacité de leur concours. Ajoutons qu’il est nécessaire qu’ils la reçoivent, sans quoi ils s’abstiendraient de le prêter, et la production n’aurait pas lieu.

Il y a des hommes qui sont paresseux et qui traînent leur vie dans la médiocrité ou la misère; il y a des hommes qui sont peu intelligents et qui ne s’élèvent jamais au-dessus de la médiocrité. Il y a aussi des nations et des races qui ont peu d’énergie au travail et dont l’intelligence est très peu cultivée par la science : ce sont des nations et des races pauvres. A chacun suivant ses œuvres : c’est une conséquence de la responsabilité humaine, et c’est le principe de la répartition de la richesse par la liberté des conventions.

A cette formule, certains publicistes ont voulu substituer celle de : «A chacun suivant ses besoins », et fonder sur cette autre maxime un mode de répartition factice. Ils n’ont pas réfléchi que les désirs et les besoins de l’homme n^’avaient le plus souvent pour limite que l’impossibilité de les satisfaire et que, si la puissance publique prétendait fournir libéralement à chacun suivant ses besoins, chacun voudrait être parmi les plus gros consommateurs, tandis que très peu auraient le courage de se placer parmi les grands travailleurs lorsque le travail ne rapporterait rien à son auteur; qu’ainsi la richesse nationale irait ainsi en s’amoindrissant; ([ue si, pour obvier à cet inconvénient, la puissance publique avait la prétention de réduire la satisfaction des besoins à la portion congrue, elle ne ferait que des mécontents et commettrait de plus une grave injustice en empêchant les hommes actifs et intelligents de se procurer plus de jouissances. Aucune combinaison légale nç vaut à cet égard la liberté.

o4. Le travail servile. — Dans les temps de barbarie, la puissance appartient à la force matérielle. L’état de guerre est à peu près permanent ; les vaincjueurs tuent les vaincus ou les réduisent en esclavage.

La servitude est considérée comme un adoucissement du droit de vie et de mort. L’homme devient la chose de l’homme qui aurait pu le retrancher du nombre des vivants ; il travaille pour son maître et reçoit de lui sa pitance sans avoii*

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rien à réclamer au delà de ce qui lui est octroyé. Le grand nombre des esclaves est alors un signe de noblesse et une des principales formes de la richesse, et le travail agricole ou industriel, réservé à des mains serviles, est généralement méprisé.

Telle a été la condition du travail chez la plupart des peuples de l’antiquité dont l’histoire nous a conservé le souvenir, surtout en Grèce et à Rome. Telle elle est encore de nos jours dans une grande partie de l’Orient et parmi les peuplades noires de l’Afrique.

Il n’y a pas, en général, de stimulant du travail plus inefficace que le fouet d’un maître, et de plus mauvaise école de mœurs que la servitude ; aussi les esclaves étaient-ils en général paresseux et vicieux. L’intelligence ne s’appliquait pas à perfectionner des arts dont on dédaignait la pratique; comme la main-d’œuvre était à vil prix, on ne songeait pas à la simplifier par l’intervention des machines; les capitaux ne se formaient qu’en petite quantité, et les capitaux formés n’étaient guère plus empressés que l’intelligence à se porter vers les arts industriels : toutes causes qui doivent maintenir dans un état de langueur et d’infériorité relatives l’industrie d’une nation comptant l’esclavage au nombre de ses institutions sociales. L' esclavage est une institution non seulement inique au point de vue du droit, mais mauvaise au point de vue économique .

Au moyen âge, la condition des serfs attachés à la glèbe, c’est-à-dire liés à la terre de père en fils et possédés par le possesseur du sol, était moins dure que celle des esclaves, parce que les serfs avaient du moins une famille et un champ. C’était cependant encore un état social défavorable au progrès agricole autant que contraire aux droits de la liberté humaine. Le servage, qui avait déjà beaucoup diminué dès le xiiie siècle dans certaines parties de la France par des affranchissements partiels, a été entièrement aboli par la révolution de 1789 avec l’ensemble des droits féodaux.

oo. Le salariat. — Le Salariat est un contrat libre. Bastiat a expliqué la loi du salaire et les avantages qui résul-

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lent de cette condition du travail par un exemple saisissant.

« Le vieux pêcheur dit un jour à son camarade : — Tu n’as ni barque, ni filets, ni d’autres instruments que tes mains pour pêcher, et tu cours grand risque de faire triste pêche. Tu n’as pas non plus d’approvisionnement, et cependant, pour travailler, il ne faut pas avoir l’estomac vide. Viens avec moi; c’est ton intérêt comme le mien. C’est le tien, car je te céderai une part de notre pêche, et, quelle qu’elle soit, elle sera toujours plus avantageuse pour toi que le produit de tes efforts isolés. C’est aussi le mien; car ce que je prendrai de plus, grâce à ton aide, dépassera la portion que j’aurai à te céder. En un mot, l’union de ton travail et de mon capital, comparativement à leur action isolée, nous vaudra un excédent, et c'est le partage de cet excédent qui explique comment /’association peut nous être à tous deux favorable. — Cela fut ainsi. Plus tard, le jeune pêcheur préféra recevoir chaque jour une quantité fixe de poisson. Son profit aléatoire lut ainsi converti en salaire, sans que les avantages de l’association fussent détruits et, à plus forte raison, sans que l’association fût dissoute. »

Voilà l’origine logique du salariat.

Dans ce genre de coopération, qu’est-ce qui distingue essentiellement le patron et l’ouvrier? C’est le capital et la responsabilité de l’entreprise. Le patron est un travailleur qui, à ses risques et périls, entreprend un certain travail avec des capitaux qui lui appartiennent en propre ou qu’il a empruntés. L'ouvrier est un travailleur qui reçoit sur les capitaux d'autrui une rémunération stipulée d'avance, qu'on nomine salaire, pour exécuter un certain travail avec les capitaux d autrui. Le salaire est payé souvent avant l’achèvement, presque toujours avant la vente du produit.

Le patron vend ses produits, résultat du travail et du capital; l'ouvrier vend son travail, et le salariat est, par conséquent, un contrat de louage de travail.

o«. Le taux des salaires. — Le taux des salaires, c’est-àdire le prix du travail, est relativement beaucoup plus fixe que le prix des pi^oduits : c’est une vérité que tout industriel a appris par son -expérience personnelle. L’industrier

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gagne aujourd’hui, il perdra peut-être demain ; à coté des ventes avantageuses qu’il fait, il a des articles sur lesquels il doit se résigner à des sacrifices, parce que les cours ont baissé ou parce que la mode s’est portée ailleurs. Il serait impossible que le salaire des gens qu’il emploie suivît ces variations. Le salaire, qui représente pour ainsi dire une moyenne entre ces extrémités de hausse et de baisse, de gain et de perte, peut être comparé non seulement à une association, mais à une assurance contre les non-valeurs de la production, telles que produits démodés ou invendus, baisse des cours, crise. Le salarié acquiert cette assurance, en échange d’un renoncement aux profits élevés que la vente du produit donnera peut-être.

Pour être moins variable que la marchandise, le salaire n’est cependant pas fixe, et il ne saurait l’être ; il serait absurde d’y prétendre. Comme tout ce qui a une valeur, il est soumis à la loi de l'office et de la demande. Voici les règles générales à cet égard :

1" Capitaux abondants dans un pays, salaires élevés. En effet, le capital circulant est le fonds sur lequel on paye les salaires; plus ce fonds est considérable, plus on peut payer ces salaires. Par exemple, dans une campagne retirée où "les capitaux sont rares, on a encore pour 0 fr. 50 par jour une couturière que l’on payerait plus de 2 fr. 50 à Paris, quoiqu’elle soit nourrie et que le prix des vivres ne détermine par conséquent pas le taux.

2® Beaucoup d’entrepreneurs demandant le travail des ouvriers, salaires élevés. Cette considération peut, jusqu’à un certain point, rentrer dans la première ; car, là où il y a beaucoup de capitaux, il y a beaucoup d’entrepreneurs, ou, pour parler plus exactement, il y a une grande demande de travail.

De cette double observation, nous pouvons induire les deux corollaires suivants :

En supposant que le nombre des ouvriers soit constant, l’accroissement du capital et du nombre des entrepreneurs fait hausser le taux moyen des salaires; la diminution du capital et du nombre des entrepreneurs le fait baisser.

lis LA RÉPARTITION

En supposant que la somme du capital et le nombre des entrepreneurs soient constants, l’augmentation du nombre des ouvriers fait baisser le taux moyen des salaires; la diminution du nombre de§ ouvriers le fait hausser.

Cobden a traduit cette loi par une expression pittoresque. « Quand deux patrons, disait-il, courent après un ouvrier, les salaires haussent; quand deux ouvriers courent après un patron, les salaires baissent. »

S® Industries qui exigent des talents spéciaux de force, d'adresse ou de science, salaires élevés. C’est ainsi. que les terrassiers sont moins payés que les forgerons, les tisserands de calicot moins que les graveurs de cylindre pour l’impression des étoffes. Cette considération nous conduit aux conclusions suivantes :

En premier lieu, le taux moyen n’est pas et ne doit pas être le taux de tout le monde. Dans une entreprise industrielle, il y a plusieurs catégories de salaires :

Salaire ou traitement du directeur, s’il s’agit d’une entreprise fondée par des capitaux associés et conduite par une personne n’ayant que le titre de mandataire des capitalistes, comme dans la société anonvme; ce salaire est naturellement très élevé, parce qu’il rémunère les qualités, nombreuses, diverses et rares, d’un chef de maison ;

Salaires ou appointements des employés, qui rémunèrent des qualités acquises, instruction, pratique du métier, etc., et qui sont eux-mêmes très différents selon les personnes, puisqu’ils s’adressent à une catégorie nombreuse, depuis le commis subalterne et novice qui fait l’œuvre de copiste jusqu’au caissier d’une riche banque, dont il est juste de payer largement la probité éprouvée et la lourde responsabilité ;

Salaires proprement dits, ou salaires des ouvriers, qui se subdivisent eux-mêmes en deux espèces distinctes ; salaires des chefs d'ateliers, contre-maîtres ou autres surveillants du travail, dont la position tient à quelques égards de celle des employés et qui souvent sont payés, comme eux, au mois; salaires des ouvriers proprement dits.

En second lieu, les ouvriers dans une manufacture, même

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lorsqu’ils sont payés à la journée, n’ont pas droit au même salaire. Il est cependant fréquent aujourd’hui de voir les ouvriers d’une même profession prétendre imiioser l’égalité des salaires et les patrons céder, au moins en apparence, sur ce point. Les bons ouvriers sont, dans ce cas, dupes de la masse des ouvriers médiocres ou mauvais qui imposent leur volonté, parce que les uns sont jaloux des supériorités qu’ils regardent comme préjudiciables à leurs intérêts et parce que les autres gagnent au tarif commun un prix supérieur à celui que vaut réellement, et qu’obtiendrait sans cela, leur travail. Les patrons sont victimes aussi de ce système qui décourage les bons de produire autant qu’ils le pourraient, s’ils espéraient une rémunération adéquate. Légalité des salaires, c'est la loi des majorités faisant passer le niveau de la médiocrité sur le travail.

L,e salaire à la journée et le salaire à la tûelie. —

Les deux principaux modes de louage du travail de l’ouvrier sont le travail à la journée et le travail à la tâche. Le premier stipule une somme fixe soit par heure, soit pour la journée entière, laquelle varie suivant les lieux et les professions et peut être considérée comme étant en France d’une dizaine d’heures de travail effectif en moyenne, quelquefois avec augmentation du taux pour les heures supplémentaires. Le second stipule une somme fixe par unité de produit fabri- (jué ou de travail effectué. L’un et l’autre sont payés le }>lus souvent tous les huit ou tous les quinze jours; le second esl payé ([uelquefoisaussi après la confection du produit commandé.

L’un et l’autre mode ont leurs avantages. Pour les travaux délicats que la précipitation de l’ouvrier pourrait altérer, comme la ciselure d’un bronze d’art, ou pour des travaux dans lesquels l’ouvrier passe souvent d’une opération à une autre et dont la mesure n’est pas appréciable, le travail à la journée est meilleur ou môme est nécessaire. Pour tous les travaux au contraire dont le compte et la surveillance sont faciles et (jui, toujours semblables, s’additionnent par pièces ou se mesurent facilement, le travail à la tâche est préférable, parce que c’est le mode dans lequel l’ouvrier, stimulé par l’intérêt personnel, produit le plus.

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