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La l'émunération îles services non industriels

A cette liste, on doit joindre, Iiors de la manufacture et du

magasin

Les salaires ou gages des domestiques.

Les salaires ou traitement des fonctionnaires ,

Les salaires des artistes et autres personnes cjui, exerçant des professions libérales, contractent des engagements avec des entrepreneurs.

Nous ne classons pas les honor ailles des avocats ou des médecins dans la catégorie des salaires, parce que ceux-ci ne font pas avec leurs clients un contrat de louage de travail.

Ils leur rendent des services et ils reçoivent la rémunération du service rendu.

Que de degrés entre le salaire du manœuvre qui n’a que ses bras et le salaire du directeur d’une compagnie de chemin de fer ou celui d’un chanteur en renom ! On s’élève sur cette échelle à mesure qu’on offre à la société des services plus rares et plus demandés, c’est-à-dire à mesure qu’on

possède plus d’habileté professionnelle, plus de qualités, plus de science.

Ceci ne veut pas dire que la valeur absolue d’un homme doive se mesurer au chiffre de ses gains : le procédé serait commode; mais le résultat serait loin d’être exact. Les rapports économiques ne sont pas les seuls que les hommes aient entre eux. Un héros peut sauver sa patrie et rester pauvre ; un génie peut illustrer son siècle sans s’élever à la fortune; un saint Vincent de Paul peut devenir le type de la charité sans avoir jamais eu un gros traitement. De tels hommes aspirent à faire le bien ou à propager des id»;es grandes et justes, et ils sont récompensés par l’estime de leurs contemporains ou par l’immortalité. A chacun selon ses œuvres.

oîL Le miiiimiiiii et la hausse <les salaires. On

achète le travail comme on achète lés produits : de là. les nombreuses ressemblances dans la manière dont travail et produits obéissent à la loi de l’offre et de la demande. De même que la concurrence entre les producteurs conduit à vendre les produits aussi bon marché que possible, c’est-àdire à un prix qui diffère peu de celui qu’ils ont coûté à

LA PART DU TRAVAIL SALARIÉ

produire, de même aussi la concurrence entre les journaliers ou ouvriers qui n'ont guère que leurs deux bras à offrir établit le taux des salaires inférieurs à peu près au niveau des frais d’entretien du travailleur .

Il y a cependant entre produits et travailleurs une différence essentielle. On tend à acheter les produits ce qu'ils coûtent, et la concurrence rapproche en effet le prix de vente du prix de revient : ce qui est un bien, puisque la consommation y gagne. Le travail tend à se vendre ce

qu’il vaut, c’est-à-dire à obtenir une rémunération égale à l’utilité qu’il procure : ce qui est encore une chose bonne et juste. L’ouvrier des villes pourrait se contenter, comme naguère le paysan, d’une blouse bleue, d’un pantalon de toile et d’une paire de sabots ; mais il ne le veut pas et ne le peut même plus; d’autres habitudes sont prises, et, comme son travail vaut plus, il demande et il obtient davantage. Le directeur pourrait, au besoin, subsister en se logeant et en se nourrissant comme un employé subalterne; mais il sait qu’il vaut mieux, et il exige davantage.

C’est pourquoi les ouvriers réclament avec succès un salaire plus fort à mesure qu’ils sont plus intelligents et plus habiles, à mesure que les capitaux deviennent plus abondants et la demande de travail plus grande, à mesure que le perfectionnement de l'outillage industriel leur permet de produire davantage dans un même temps; car, par chacune de ces causes, le travail vaut plus.

Il ne faudrait pas pousser jusqu’à ses extrêmes limites les conséquences de cette observation, parce que la concurrence agit dans une certaine mesure sur les producteurs comme sur les produits. Néanmoins, la différence qui existe à cet égard entre le produit et le travail contribue à expliquer comment le bon marché du produit se concilie avec l’accroissement du bien-être du producteur.

Il faut renoncer à fixer le maximum de la valeur d’une journée de travail ; mais on peut demander quel est le minimum. La logique répond : c’est la somme rigoureusement nécessaire pour entretenir la vie et les forces du travailleur, de même que le minimum de la valeur normale d’un

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LA RÉPARTITION

pioduit est son prix de revient. Mais la pratique ne se contorme pas toujours au raisonnement.

En premier lieu, il arrive en temps de crise, de famine et dans diverses circonstances paidiculières, que le travail se donne parfois à un taux inférieur aux frais d'entretien du travailleur, comme les marchandises se vendent au-dessous du prix de revient ; un pareil état ne jieut pas d’ailleurs être de longue duree.

En secoml lieu, l’expression de somme rigoureusement necessaire a 1 entretien du travailleur est, malgré son appalente précision, tout a lait vague, parce que cette prétendue quantité fixe est extrêmement variable, qu’elle n’est pas la meme dans tous les pays, dans tous les temps, et que. dans un temps et un pays donnés, elle n’est pas la même à la Mlle qu a la campagne, dans telle ville que dans telle autre, flans telle profession que dans telle autre.

En troisième lieu, les ouvriers mariés sont en concurrence avec les ouvriers célibataires et la moyenne qui en résulte est souvent désavantageuse aux pères de famille; pendant que les célibataires vivent largement et dépensent quelquelois inconsidérément, les ménages vivent avec peine et sont quelquefois dans un état de déficit permanent.

«O I es réserves du salaire. — Quel qu’il soit, faible OU tort, le salaire n’embrasse que le présent; par conséquent it exige, plus que toute autre forme de rémunération la prévoyance de l’avenir; malheureusement, l’ouvrier est souvent imprévopnt. Ce mois, cette semaine, ce jour, tel ouvrier a travaillé; il a payé son logement, son entretien, sa nourriture et celle de sa famille, et il n’a pas fait de dettes.

st-ce assez? Non sans doute. Car le mois prochain apportera peut-etre le chômage ou la maladie; plus tard, viendra certainement la vieillesse. Le patron est sans doute exposé aux memes accidents ; mais il peut vivre pendant un temps aux dépens de son capital, et il travaille d’ordinaire en vue de vivre un jour sur le revenu de ses épargnes. L’ouvrier n’a iias de capital , avec son salaire il doit faire face non seulement au présent, mais à V avenir, et, s’il est sage, s’efforcer de comprendre dans son budget journalier non seulement V entretien

actuel de sa personne, de sa famille, de son mobilier et de ses outils, mais aussi, en second lieu, les moyens de subvenir pendant les chômages aux besoins des siens et aux frais de maladie, et, en troisième lieu, les moyens de vivre et de faire vivre sa femme durant la vieillesse.

RÉSUMÉS

Les trois facteurs de la production sont : le travail salarié, le capital, le travail d’entreprise.

A chacun suivant ses oeuvres : c’est la loi de la répartition par la liberté.

L’esclavage est une institution non seulement inique au point de vue du droit, mais mauvaise au point de vue économique.

Le salariat est un contrat libre de louage du travail. — L’ouvrier est un travailleur qui reçoit sur les capitaux d’autrui une rémunération stipulée d’avance, qu’on nomme salaire, pour exécuter un certain travail avec les capitaux d’autrui.

Comme tout ce qui a une valeur, le salaire est soumis à la loi de l’offre et de la demande. — Capitaux abondants, salaires élevés. — Beaucoup d’entrepreneurs demandant le travail des ouvriers, salaires élevés. — Industries qui exigent des talents spéciaux de force, d’adresse ou de science, salaires élevés.

Les honoraires d’un médecin sont la rémunération d’un service rendu et non un salaire.

On tend à acheter les produits ce qu’ils coûtent, et le travail tend à se vendre ce qu’il vaut : d’où, accroissement des salaires à mesure que l’industrie se perfectionne.

Sur son salaire, l’ouvrier doit non seulement pourvoir à son présent, mais faire les réserves nécessaires à son avenir.

LA RÉPARTITION

LA PART DU CAPITAL

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tion de l’intérêt — fis Fq ^ J uReret. — 67. La réglementaiimerei. - 68. La conservation des capitaux.

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S ce dernier cas, il consiste presque toujours en bestiaux- Ln économiste agronome, Léonce de Laiergne, a dit aZ

LA PART DU CAPITAL

raison que, pour qu’une agriculture fût llorissanle, il fallait trois conditions : un sol fertile et bien préparé par des travaux antérieurs, un gros capital et un cultivateur intelligent. Or, le sol n’est jamais bien préparé là où le capital est peu abondant, le capital est naturellement peu abondant là où le cultivateur ne possède que ses bras, et, là où règne la pauvreté, l’homme a, en général, 'peu de moyens de développer son intelligence. Tous arguments qui confirment cette proposition : Le métayage est le mode d'amodiation ordinaire des contrées pauvres. Un de ses plus grands inconvénients, comme l’a clairement démontré Hippolyte Passy, est de gêner la liberté et de nuire à l’introduction des cultures perfectionnées.

Celte règle a des exceptions. 1° Sur un sol dont la richesse dépend de la construction et de l’entretien de certains travaux d’art pour l’irrigation ou le drainage, le propriétaire peut avoir intérêt à prendre des métayers, en se chargeant lui-même des lourdes dépenses d’aménagement et de conservation que n’accepterait pas facilement un fermier : c’est ce qui a lieu dans les plaines savamment irriguées de la Lombardie. Sur un domaine ordinaire, un propriétaire, riche et instruit dans l’art agricole, peut aussi avoir intérêt à prendre des métayers, parce qu’intervenant dans toutes les opérations, il se réserve de les diriger. Quand les métayers possèdent eux-mêmes un certain capital en bestiaux, en instruments de culture, etc., le métayage devient ainsi une association fructueuse, dans laquelle l’un apporte son intelligence, son travail et son capital , l’autre son intelligence, sa terre et la puissance d’un capital supérieur, applicable à certains cas déterminés, par exemple à des achats d’engrais, à une transformation d’assolement, à une entreprise de culture nouvelle. Dans ces conditions, le métayage est un moyen de progrès, réunissant précisément les trois conditions requises : intelligence et capital sur une bonne terre.

Le fermage est un contrat par leguel le propriétaire loue sa terre pour un temps et moyennant une somme déterminée. Cette somme peut d’ailleurs être stipulée payable toute en argent, ou partie en argent et partie en nature. Ce

SâEB

^ LA UÉPAIITITION

moded amodiation est le plus usité dans les contrées riches, et le plus propre, dans la plupart des cas, à faire rendre à la terre la plus grande somme de produits.

Le fermier, ou cultivateur, qui exploite ainsi la terre d’un

■ à ferme, jouit de l’avantage

suivant : pourvu qu’il paye régulièrement le prix annuel de sa location et qu’il respecte les clauses générales de son bail telles que celles de cultiver en bon père de famille, de consommer les fumiers sur place, etc., il demeure maître d’user, comme il l’entend, du fonds dont il a acheté l’usafre II s’applique à en tirer le plus grand profit possible, assuré de recueillir pour lui-même tout l’excédent de ses frais de production. G est le mode qui laisse à la liberté du cultivateur le champ le plus large et qui excite le. plus en lui le ressort puissant de Vintérêt personnel.

On peut ajouter : C’est un mode qui ne peut être pratiqué que par des fermiers possédant un capital assez considérable pour meubler la ferme d’outils et de bestiaux, pour faire les avances à la culture et payer, queb[uefois avant la vente des produits, le fermage au propriétaire; par conséquent, c’est un mode qui présuppose l’existence du capital.

Kien n est parfait : le bail à ferme peut présenter certains inconvénients. Le plus grave danger est que le fermier, n’ayant qu’une jouissance temporaire, et appliqué à obtenir durant le temps de son bail le plus grand produit net, n’épuise le sol et n’évite de lui donner les façons nécessaires pour en entretenir la fertilité. Ce danger n’est pas sans remède; le propriétaire peut en partie l’évitera l’aide de certaines clauses particulières de son contrat; il peut surtout l’atténuer en signant de longs baux qui identifient, pour ainsi dire, l’intérêt du fermier et l’intérêt de la terre.

Métayage ou fermage, revenu variable ou fixe, payement en denrées ou en argent, le propriétaire reçoit annuellement une somme qui est le prix de location de sa terre, prix souvent dégagé de tout autre élément dans le fermage, confondu dans le métayage avec l’intéi êt du capital d’exploilalion. Ce prix de location, c’est la part de la terre dans la répartition : on la nomme rente ou rente foncière.

LA PART DU CAPITAL 127

Une exploitation agricole a donc en réalité à faire t|ualre parts dont les deux premières sont des subdivisions du capital : la rente de la terre, Vintérêt du capital, le salaire du

travail, le profit de l’entreprise.

G2. La théorie de la rente foncière. — Un économiste

anglais, Ricardo, qui écrivait au commencement du xix® siècle, a attaché son nom à la théorie de la rente que d’autres avaient entrevue avant lui. « La rente, dit-il, est cette portion du produit de la terre que l’on paye au propriétaire pour avoir le droit d'exploiter les facultés productives et impérissables du sol : » voilà sa définition.

Voici sa théorie. Les hommes ont dû commencer par cultiver les terrains les plus productifs, et, tant que ces terrains ont été en assez grande quantité pour suffire à toute la consommation, il n’y a pas eu de rente. Quand l’accroissement de la population les a rendus insuffisants, il a fallu que des cultivateurs défrichassent des terrains moins productifs et que les consommateurs payassent le blé au prix que coûtait la production sur ces derniers terrains; le prix du blé a haussé et les cultivateurs des premiers terrains ont eu un excédent de revenu qui est précisément la rente. Quand l’accroissement de la population a fait mettre en culture les terrains de troisième qualité, le prix a encore haussé; la rente a commencé pour les terrains de seconde qualité, et celle des terrains de première qualité a augmenté. Et ainsi de suite, de sorte qu’on peut dresser le tableau suivant :

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