‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 31 sur 55 · Los dépenses de capitalisation et d'édneation. Le · texte numérisé non relu

Los dépenses de capitalisation et d'édneation. Le

tableau jirécédent suppose une industrie en activité qui peu à peu lise et consomme son capital fixe en travaillant. Mais ce capital mérite une considération {larticnlière dans letude de la consommation. Il a fallu le créer et il faut Tentretenir ; de plus, il est utile de l’accroître.

Au moment où on le crée, il y a une consommation de capitaux circulanls (|iii se transforment en capitaux fixes. Il en est de même an moment on on l’accroît et au moment où l’on lait line dépense d’entretien. Sur ce point, il importe de mar<|uer tout d abord une distinction : le manufacturier ijui installe un capital fixe dans son établissement dépense son ar^mnl ; mais l’argent ne fait (fue circuler ; ce sont les produits, les bois, etc., achetés avec cet argent qui sont consommés. L’intermédiaire de l’argent n’est même pas toujours nécessaire: le menuisier <{ni se sert des planches ([u’il a dans son clianlier pour y eonsiruire un liangar en esl un exemple.

Nous a\ons dit, en traitant du capital, combien les consommations faites en vue de la création ou de raccroisseinent des capitaux étaient importantes pour augmenter la production de la richesse; il serait supertlu d’y revenir. Un ou deux exemples sulfironl pour taire comprendre (jue les dépenses d’entretien ne sont pas moins importantes. Un cultivateur à courte vue, (jui voudrait épargner les déjtenses d’un marnage ou d’une luinure, aurait peut-être à la lin de l’année, malgré la médiocrité de sa récolle, iin [leu plus d’argent dans sa caisse ({iie s il avait lait celte dépense; mais il sentirait les années suivantes le poids de son imprévoyance parce que sa terre serait appauvrie. Le propriétaire d’un cheval pourrait faire travailler iin jour ou deux sa bêle sans la noiiiTir ; il se flatterait d’avoir économisé le foin et l’avoine ; mais, le quatrième jour, le cheval mourrait et l’avare perdrait tout son capital, faute d’avoir lait les dépenses nécessaires d’entretien. Il n’y en a pas d’assez insensés pour agir ainsi ; mais il y en a qui, nourrissant mal leur cheval, en tirent moins de services ou qui, négligeant de changer de vieux fers, l’exposent à se blesser.

Nous savons que le capital intellectuel est plus précieux

LA CONSOMMATION

encore .(ue le capital matériel. C’est aussi en consommant ,1e a ncliesse qu on le crée, qu’on l’entretient, qu’on l’accroît e il miporte ,1 autant plus de le faiie que ce capital est plus utile a la ciulisation. Une nation pourrait économiser les sommes encirmes qu’elle dépense en vue de donner à la jeune génération 1 instruction primaire, secondaire, supérieure et apres avoir fermé toutes ses écoles et tons ses cours, se croire plus riche pendant que <|ue temps parce qu’elle aurait plus de c apitaux disponihles. .Alais la désillusion serait cruelle'- vinnt ans apres la plus grande partie du capital intellectuel’ seraU

anéantie faute de traiisnussion et la nation serait ramenée à un Gtat voisin Jg la barbarie.

Comme accroître le capital c’est créer du capital, il n’v a

en réalité que deux manières de consommations appliauées

au capital matériel : la création et l’entretien. Il en est de

meme pour le capital intellectuel que les travaux des savants

et des penseurs créent et que l’instruction répand et trans

met. INous pouvons donc ajouter les catégories suivantes à la consommation reproductive ;

Consommations de capitalisation.

Capitaux proprement dits.

Capital

intellectuel.

Créa/iou.

Entretien.

Création.

Trammimon,

Et nous pouvons, en nous résumant, dire que la consom mation reproductive :

AppliquéeàlamaU'^re,com- ( ^°ches”e^ production ou création de la ri-

f ou accroissement des forces

1 productives matérielles.

( d‘ entretien ou soutien de la vie hu-

Appliquée aux personnes, com])rend :

maine.

'''mrSôt.te.”"'’'’®'”™* '““sproduo.

121. l a des.i-.„ii„„ dos capitaux daas ^■,o..v.•o do la ,^»dao,u.„ I est de l’essence du capital d’être en act -

lie puisquil n est productif qu’autant ,|u’il est engagé d ns a production II s'y engage pour y être consommé. Le fail prochain, ceilam, cest sa consommation. Le hul, c’est sa

tt

LA CONSOMMATION

reproduction, c’est-à-dire sa régénération sous une forme nouvelle et avec une plus-value ; mais ce but est [dus ou moins lointain et l’entrepreneur n’a [iresque jamais la parfaite certitude de l’atteindre. Tout capital est comme la semence ((lie Ton confie à la terre : c’est du grain perdu si la moisson ne lève pas.

Un fabricant a des ouvriers ([ui travaillent mal, une installation mauvaise ou un outillage insuffisant ; chacun de ses [>roduits lui revient à JO francs et ne se vend communément que 9 francs sur le marché. S’il en a livré pour 100 000 francs dans Tannée, ce sont 10 000 francs de capital qu’il a consommés en pure perte. Il avait entrepris une consommation reproductive ; il aboutit à une consommation improductive.

Un marchand s’établit dans une rue. Mais la clientèle esl insuffisante. Ce marchand persiste pendant trois ans ; mais il est enfin obligé de fermer boutique après avoir dévoré plusieurs milliers de francs qu’il avait économisés dans une autre condition sociale ou qu’il avait empruntés. C’est encore une consommation en vue de la reproduction qui a dégénéré en consommation improductive.

Les faillites en France représentaient, en Tan 1879, un passif de 260 millions de francs. Cependant les faillites déclarées ne sont que la moindre partie des pertes industrielles occasionnées chaque année par des opérations agricoles, industrielles ou commerciales que des circonstances défavorables ou une mauvaise gestion font échouer. Les capitaux sont pour ainsi dire toujours sur le champ de bataille, luttant pour la conquête de la richesse ; il y a des morts, mais la richesse est conquise ou, pour parler plus exactement, elle est créée par une masse énorme d’efforts au milieu desquels une partie des lutteurs succombe.

11 ne faut ni se résigner trop facilement à ces pertes ni s’en alarmer outre mesure. Il importe de rendre les hommes prévoyants, intelligents, économes, précisément alin de prévenir en grande partie de telles perles : c’est là un des principaux secrets de la richesse des nations. Mais, d’autre part, il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de capitalisation sans

•ïu i

" LA CONSOMMATION

risques et pas de risques incessamment renouvelés sans nertes L enrichissement d’une nation consiste dans la différence entre la somme des hiens de toute nature consommés d’une aniere quelconque et la somme des biens créés dans le meme temps. Dne nation timide qui. arrêtée par la crainte de perdre des capitaux, s’abstiendrait d’enga4- une nota-

uubine"nV^“ s’enrichirait moins

an ht e? •l'-i multiplierait les emplois du

capital et dans laquelle les succès dus à l'activité inlellbrente

dépasseraient de beaucoup les échecs causés par la témérité C est encore un trait ijui met en évidence la supériorité des forces morales sur les forces matérielles *

Quand nous parlons de perles industrielles, nous n’v eoiiiprenons pas la baisse de valeur des marchandises et des lires sur le marché qui est un phénomène d’un autre ordre La variation des valeurs et celle de la quantité des produits sont deux choses distinctes, quoique unies (lar des lilns intimes. 11 est toujours désirable que la quantité des produits augmente; il n est pas également désirable toujours que le taux des valeurs s éléve (voir plus haut, § 82) ^

1 as. Les autre» „,„.le» .le e

- foule consommation qui n’est pas reproductive est dite consommation inproductive.il y a de!ix genres très dï lincts de consommations improductives ; la consommation involontaire et la consommation volontaire La perte industrielle résultant d’une entreprise mal combinée ou malheureuse est une des espèces de la consommation improductive involontaire.

L’autre espèce est la perte accidentelle résultant d’un

evenement fortuit, par exemple la destruction d’un navire

et de sa cargaison par un naufrage, d’une récolte près d’être

moissonnée par la grêle. Ce sont des coups du sort q^on ne

saurait prévoir avec précision pour chaque cas par icuLr

mais contre les désastreux effets desquels les individus, comme

nous le dirons plus loin, peuvent se garantir dans un grand nombre de cas par l assurance. ^

Cependant même dans ces perles accidentelles, l’énergie humaine nest pas tout a fait impuissante; car beliucoup de

LA CONSOMMATION 285

sinistres ont pour cause première la maladresse, l’ignorance ou l’imprévoyance. Si tel pilote avait connu l’écueil, son batiment n’aurait pas échoué ; si tel cultivateur avait couvert ses granges en tuiles au lieu de chaume et espacé les bâtiments, toute sa ferme n’aurait pas brûlé. Il en est de même pour les pertes industrielles ; si tel fdateur avait compris la puissance des métiers renvideurs, il ne se serait pas obstiné à continuer la fabrication avec de vieux métiers et à fabriquer du fil qui lui coûtait plus que ce qu’il ne le vendait; si tel négociant avait mieux su la géographie commerciale et l’état des marchés, il n’aurait pas envoyé dans une contrée lointaine une marchandise qui devait probablement y être vendue à perte.

La masse des capitaux qui sont engloutis chaque année dans la consommation improductive involontaire, surtout dans la consommation industrielle, est énorme. Combien dans la quantité n’y en a-t-il pas que plus d’instruction professionnelle, plus de prévoyance et d’expérience auraient préservés?

Par consommation improductive volontaire on entend tout ce que les individus et les sociétés consomment pour satisfaire des besoins qui ne sont pas ceux de la production de la richesse et ceux de l’entretien et du développement des forces productives. Elle comprend deux espèces, les dépenses personnelles d'entretien et les dépenses de luxe, privées ou publiques.

Sous la rubrique de dépenses personnelles d’entretien ne sont pas comprises toutes les dépenses qui font vivre les individus et les familles dans une société, puisqu’une partie a déjà été comptée dans les consommations industrielles sous les titres de salaires et de dépenses d’entretien de l’entrepreneur. Cette partie est la plus considérable, parce que la grande majorité des membres d’une société civilisée vit et fait vivre sa famille par son travail appliqué à l’agriculture, à l’industrie. au commerce, aux services personnels, aux professions libérales et aux services publics. Mais il s’agit de l’entretien des individus qui ne produisent pas ou qui ne vivent pas, à litre de membres de la famille, de la production d’autrui, en

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vertu de la répartition de la richesse par autorité; les gens qui vivent de leurs rentes ou d’une pension de retraite appartiennent à cette catégorie. Leur consommation est improductive; elle n’est pas pour cela moins légitime.

On doit entendre par comommaùon de luxe toutes les consommations improductives qui ne sont pas utiles à V entretien d’une personne.

Nous pouvons résumer les consommations improductives sous forme de tableau, comme nous avons fait des consommations reproductives :

( Involontaires. | industrielles.

Consommations improductives, l accidentelles.

123. Lo luxe. — Il est plus facile de définir d’une manière générale la consommation de luxe que de marquer le point où le luxe commence dans les consommations d’un individu.

Tel négociant a cocher et valet de chambre. Est-ce du luxe? On ne saurait le dire sans examen. Car ces deux domestiques, qui sont assurément à plusieurs égards une jouissance toute personnelle, lui permettent de s’occuper plus exclusivement de ses affaires commerciales ou de s’y rendre plus promptement. Tel autre n’a pas de voiture à lui; mais il prend trois et quatre fois par jour une voiture de place pour faire ses courses dans Paris. Est-ce du luxe? Non; car il est probable que c’est une condition nécessaire de la rapidité de ses opérations. Il prend le dimanche une voilure pour se promener au bois de Boulogne. Est-ce du luxe? Oui; mais un luxe qui ne paraît excéder en rien la mesure des dépenses qu’il peut faire et qui est une des formes du bien-être auquel son travail et son économie lui donnent droit. Un ouvrier prend également voiture de place un dimanche. Est-ce du luxe? Oui. Ajoutons que c’est peut-être encore un luxe légitime, pourvu que cet ouvrier ne renouvelle pas souvent une dépense qui, fréquemment réitérée, excéderait vite la mesure de son revenu disponible. Le même ouvrier a la fantaisie d’en prendre une tous les matins pour se rendre à son travail.

LA CONSOMMATION

Est-ce du luxe? Oui, assurément; c’est alors un luxe ruineux, parce qu’il est, dans les conditions actuelles de la vie à Paris, tout à fait hors de proportion avec les facultés de celui qui s’y livre et avec le produit du travail de sa journée, qu’il grève de frais superflus.

La consommation de luxe n’a donc rien de blâmable en soi; elle est une satisfaction légitime tant qu’elle n’est pas excessive, c’est-à-dire que la mesure du luxe que chacun peut se permettre est variable et déterminée par son revenu.

Par revenu il faut entendre la somme, fruit du travail ou des capitaux, dont chacun dispose pour la satisfaction de ses besoins personnels et des besoins de sa famille. Le revenu d’un oumer célibataire est son salaire ; le revenu d’un ménage d’ouvrier se compose du salaire du mari, de celui de la femme et de celui des enfants, si femme et enfants gagnent un argent qu’ils rapportent à la maison ; le revenu d’un fonctionnaire consiste dans ses appointements; le revenu d’un industriel, dans ses profits et dans ses dépenses d’entretien qu’il prélève sur les frais de production ; le revenu d’un capitaliste, dans l’intérêt de ses capitaux.

Chacun doit faire de son revenu deux parts : la première, nécessaire, comprenant les dépenses d'entretien et de prévoyance ; la seconde, facultative, comprenant les dépenses de luxe. S’abandonner aux secondes sans s’être mis en règle avec les premières est le fait du désordre. Mais, quand on a pleinement satisfait aux premières, il est légitime (le se permettre les secondes ; c’est en réalité un accroissement de bien-être, une expansion plus large de la vie.

Puisque la proiluction ne se fait qu’en vue de la satisfaction des besoins de l’homme, c’est en somme aux dépenses d’entretien et aux dépenses de luxe qu’aboutit principalement la richesse ; car la consommation reproductive, si importante cependant, est un moyen et non une fin ; elle prépare des produits qui seront, en dernier lieu, consommés pour l’entretien et pour l’agrément de l’espèce humaine. Dans Vœuvre économique, tout part de l'homme et tout retourne à I homme.

Il est toutefois un préjugé par lequel il ne faut pas se laisser abuser. On dit : « Le luxe fait aller le commerce. »

LA CONSOMMATION

Nullement. Puisque les produits sont dans un mouvement continuel, sans cesse détruits et sans cesse renaissants, excepté dans le cas lort rare d’un avare enfouissant ses trésors, il est évident que, si le proj)riétaire de la radiesse n’avait pas fait, avec cette richesse, une dépense de luxe, il aurait fait une dépense reproductiv^e, soit par lui-même, s’il est dansles affaires soit par I intermédiaire d un placement de capitaux, s’il est rentier. La nature de la chose consommée n’a donc proba-

hlmnent pas exercé d’influence favorable sur la somme de travail commandé.

11 y a plus. En employant son revenu cà une dépense de luxe, le propriétaire n’a fait qu’user de son droit; le revenu étant un produit et non une force productive, la somme des forces pioductives de la nation est demeurée exactement la meme. Il aurait encore usé de son droit s’il avait avec une partie de ce revenu fait une consommation reproductive; alors cette valeur se serait ajoutée aux capitaux existant au lieu d’être détruite et la force productive de la nation^

ainsi que la commande générale du travaif aurait été augmentée d'autant.

On conçoit, jiar antithèse, combien est préjudiciable le luxe du prodigue, (jui, non content du revenu, entame le capital.

11 a le même effet que la grossièreté du sauvage qui, pour avoir un fruit, coupe l'arbre; il détruit une partie des forces productives et il appauvrit la nation.

Le luxe est un instinct naturel à l’homme; il est de tous les temps et de tous les pays, comme de toutes les conditions sociales, depuis celle du sauvage qui n’a d’autre capital que

ment des consommations de luxe\ publiques et privées, est légitimé dans une société qui s’enrichit.

Le luxe peut d ailleurs prendre des formes très diverses suivant les mœurs des peuples et les goûts particuliers des individus. Il peut être grossier, comme le luxe qui consiste à servir des tables chargées de mets et à faire de larges libations'. 11 jteut être ralfiné et se plaire dans des parures recherchées

son arc et sa hutte de feuillages, mais qui se pare de idumes jusqu a celle du millionnaire éclairé qui orne son iialais de chefs-d’œuvre de la peinture et de la sculpture. L’accroisse

LA CONSOMMATION

et des meubles somptueux. Il peut être délicat et amoureux de l’art. Plus le luxe fait de place aux jouissances de l’esprit, plus il s’épure et concourt au progrès de la civilisation.

Il est un genre de luxe qui est absolument condamnable, même lorsqu’il n’excède pas les revenus de celui qui se le permet : c’est le luxe par lequel l’homme se corrompt ou corrompt ses semblables. L’ivrognerie et la débauche appartiennent à ce genre.

Tout homme a certains devoirs moraux qui doivent se traduire dans la pratique par des faits économiques : travailler est un de ces devoirs ; bien user de la fortune en est un autre. Il faut que celui qui possède la richesse sache qu’il a entré les mains une force avec laquelle il peut produire le mal ou le bien, qu’il est de son devoir d’éviter l’un et de rechercher l’autre, d’employer une portion de son revenu à des actes d’une bienfaisance éclairée, de diriger même son luxe de manière à encourager la production du beau, à former et à épurer le goût (le ses concitoyens.

124. I.es Hoei<^té<4 de eonsoinmatioii. — L’aSSOciatioil peut avoir une application utile dans toutes les branches de 1 activité économique, même dans la consommation.

La vie en commun et l’association en vue de la consommation sont choses distinctes. Les communautés religieuses, les étahlissements qui reçoivent des pensionnaires, les hôtels pratiij lient à certains égards la consommation en commun et jouissent de certains avantages d’économie que ce mode de consommation procure; mais ce ne sont pas des associations ou ce sont des associations qui n’ont jtas pour but principal la consommation.

La société de consommation procède comme un commerçant (lui achète en gros et vend en détail ; mais elle opère au bénéfice des associés (ju'elle fait profiter du bon marebé du gros en ne grevant les prix d’achat ([ue des frais nécessaires pour l’administration de la société. Les plus petits consommateurs peuvent ainsi obtenir parla force de l’association les avantages dont jouissent les plus gros consommateurs. Ce mode d association, chaque fois qu’il a réussi, a exercé de bons effets sur le bien-être des associés : mais il est d’une

écONOMIR POLITIQUE. |9

■i-TaàéiJii-

LA CONSOMMATION

pratique difficile j)arce qu’il ne suffit pas de s’associer pour réussir, mais qu’il faut, en outre, savoir acheter dans de bonnes conditions et bien aménager les produits en magasin.

Certaines grandes entreprises, ayant un personnel très nombreux, ont établi des magasins d’approvisionnement qui font bénéficier les employés d’avantages analogues sans qu’ils soient pour cela réunis en sociétés d(i consommation. La pratique, dans ce cas, est plus facile parce ({ue les grands établissements sont en général plus aptes que les petits consommateurs cà faire le commerce et les avantages pour les acheteurs sont les mêmes, tant (jue l'achat ne dégénère pas en obligation et en servitude pour les subordonnés.

La cuiiKoiiiinatioii préservalive. — Entre la consommation reproductive et la consommation improductive il y a lieu de faire une place à la consommation jméservative. Pai‘ ses résultats elle se rat tacherait à la consommation reproductive et elle pourrait se classer à côté des dépenses d’entretien des capitaux. Mais elle s’en distingue par sa nature. L’entretien consiste à consommer un certain capital poui‘ empêcher la destruction ou l’atTaiblissement d’un instrument de production. La consommation |)réservatrice, qui n’est autre que Vassurcmce, ne garantit pas le capital contre la destruction, mais garantit le propriétaire contre la privation du cjqjital dans le cas où il viendrait à être détruit accidentellement .

Elle ne s’applique qu’aux peides involontaires accidentelles, (juand une richesse est anéantie — nous ne disons pas consommée reproductivement — aucune puissance ne peut faire qu’elle existe. On en produii'a bien une autre ; on ne fera pas renaître celle qui est anéantie. Aussi n’y a-t-il pas d’assurance pour l’ensemble des sociétés humaines; celles-ci n’ont pas d’autre garantie contre les pertes accidentelles que de posséder beaucoup de richesses et de forces productives afin de rendre peu sensible dans la masse une petite diminution et de la réparer prom[)tement.

Mais il y a des assurances pour les cas particuliers et la

sécurité qu’y trouvent les intérêts ])rivés est éminemment favoralile à l’intérêt public. L’assurance a en effet le plus

souvent pour objet de garantir^ en cas de perte accidentelle, le remboursement du capital assu7'é et elle s’applique à des capitaux <{ui par leur nature sont exposés à une destruction accidentelle. Celte destruction subite porterait un grave préjudice au propriétaire et causerait peut-être sa ruine. Le payement d’une légère prime annuelle, laquelle est précisément la consommation préservative, lui garantit que, si son capital vient à périr en partie ou en totalité par un des accidents prévus dans le contrat d’assurance, un capital équivalent lui sera donné par l’assureur.

I2IÎ. Le niéeaiiisine de rassiiraiiee. — Ce résultat est obtenu au moyen d’une combinaison financière qui a pour l)ut iVéliminer le hasard et qui emploie comme moyens {'association et la divisiofi des risques.

ÎSous sommes exposés à des maux divers ; cependant les accidents, quelque nombreux qu'ils soient, sont l’exception. Toutes les maisons d’un grand Etat ne sont pas dévorées par l’incendie ; tous les habitants n’ont pas tous les jours une jambe cassée ; tous les vivants ne meurent pas tout à coup d’une mort inopinée. De là, la possibilité de diviser le risque.

Exemple. — Prenez un homme, n’importe lequel; diteslui : « Voici une masse pesant oOO kilogrammes ; tu seras mis à mort si tu ne la tnmsportes pas, sans voiture ni bêle de somme, à 1 kilomètre d’ici. » Eb bien, cet homme est bien mort, quelques efforts qu’il fasse ; car, s’il prend le fardeau sur ses épaules, il succombera infailliblement sous le faix. Mais autorisez-le à diviser la masse; il pourra se cliarger de 25 kilogrammes à la fois et faire vingt voyages à la distance d’un kilomètre ; la masse se trouvera déplacée sans que lui-même soit plus fatigué par ce travail que par toute autre besogne ordinaire. La division du fardeau lui aura rendu possible ce qui était auparavant impossible.

Autre exemple. — Un négociant a 100 tonnes de marchandises à transporter dans un pays lointain ; s’il met ces 100 tonnes sur un navire et que le navire périsse, tout sera perdu. Ne peut-il pas charger une tonne seulement sur un navire, une tonne sur un autre et, s’il trouve 100 navires en partance pour le port auquel il expédie ses marchandises,

LA CONSOMMATION

en confier le transport à iÜO navires? S’il agit ainsi, il peut être tranquille ; il est très probable, disons même presque certain, que les 100 navires ne feront pas naufrage; mais, d’autre part, il est plus probable qu’un des navires sur lesquels il a mis une tonne de marchandises fera naufrage ; de sorte que ce négociant, pour échapper au doute terrible de la perte de la totalité de ses marchandises, aura pour ainsi dire fait le sacrifice probable d’un centième de ces marchandises.

Cette manière de diviser les risques est peu praticable. Quel est le négociant qui accepterait l’embarras de faire cent connaissements, d’avoir affaire à cent capitaines [de navires et où trouverait-on dans le même temps cent navires en partance pour le même pays ?

C’est indirectement qu’on arrive à cette division des risques par une méthode consistant dans une certaine association fondée sur le calcul des prohahiiiiés.

Premier exemple. Prenons d’abord pour expliquer ce calcul le jeu de pile ou face. Les deux joueurs mettent un enjeu égal. Pourquoi.'’ C est que, sur la pièce de monnaie, il y a pile d’un coté, face de l’autre et que, si la pièce a' le même poids sur les deux faces, il y a exactement autant de chances pour avoir pile que pour avoir face. Or, les chances étant égales, l’enjeu doit être épi de part et d’autre.

Second exemple. Si, au jeu de dés, tel parie retourner le six, son enjeu devra-t-il encore être égal à celui de son adversaire? Non : le bon sens dit que ce ne serait pas juste. L’adversaire a cinq chances pour lui ; car le joueur peut retourner un, deux, trois, quatre, cin<f, aussi bien que six • comment donc équilibrer la partie ? Il faut que le joueur mette un enjeu cinq fois moindre que son adversaire et qu’il ait ainsi cinq chances de perdre un et une chance de gagner cinq : l’équilibre est rétabli.

L’assurance ne fait pas autre chose; elle calcule et équi- Jibie des risques. Nous avons supposé qu’un navire sur iOO en moyepe, périssait. Le négociant va trouver un assureur qui lui dit . « \oiis venez m apporter un certain enjeu qui est la valeur de vos lÜÜ loimes ; il y a 9ii chances pour c|ue le

LA CONSOMMATION

navire qui les porte ne périsse pas et une chance pour qu’il périsse. Donc vous me payerez le centième de la valeur de votre cargaison et je l’assurerai. Les chances seront égales. J aurai, il est vrai, la possibilité de payer 99 fois plus que vous ne m’aurez donné; mais j’ai 99 chances de ne rien payer et, de votre coté, vous aurez la certitude de recouvrer la totalité de la valeur embarquée si le navire vient à périr, d Sur iOOOO maisons, on constate qu'il en brûle à peu près une par an. Vous voulez assurer la votre ; payez donc tous les ans à l’assureur la dix-rnilliéme partie de la valeur de votre immeuble. Voibà le principe du calcul sur lequel repose l’assurance.

On a quelquefois comparé l’assurance à une spéculation aléatoire. C’est une vue erronée puisque l’assurance est précisément l’ennemie du hasard. L’assuré ne fait qu’acheter de la sécurité qu’il s’engage à payer soit à un prix fixe (assurance a prime fixe), soit au cours de l’année (assurance mutuelle) ; il prélève une certaine partie du revenu de son

capital pour assurer la continuité de la durée du capital luimême.

Quant à la compagnie d’assurance, voici comment elle

^ us les ans, comme primes d’assurance, une certaine somme ; de cette somme, je retire chaque année mes frais de gestion et l’intérêt de mes capitaux ; le reste, qui constitue la plus forte part, je le donne successivement à 1 un ou 1 autre de mes assurés, tour à tour atteints par le coup du sort. Peu m’importe lequel. » En effet, une maison brûle. La compagnie paye. Avec quoi paye-t-elle ? Avec les primes qu’elle a reçues. Elle se dessaisit de l’argent qui lui a été confié uniquement dans cette vue, en se réservant le bénéfice qui est la rémunération de son travail.

Pour qu’une compagnie soit bien organisée il lui faut deux conditions : un capital assez considérable pour faire lace aux cas imprévus et un très grand nombre d’assurés. Si une compagnie, sachant que, sur 100 navires, il en périt moins d un en moyenne et voulant se borner à une opération unique, assurait 100 navires en partance dans le même moment pour divers lieux et se contentait de demander h

La consommation

chacun de ses assurés le centième de la valeur de son navire, elle ferait une très mauvaise combinaison. Car il peut se faire qu une tempête survienne, et que 3 ou 4 navires périssent sur les 400 qu’elle aurait assurés. Si, au lieu de 100 navires, elle en avait assuré 1 000, les chances d’exactitude auraient augmenté, non pas dans la proportion de 1 à 10, comme le nombre des assurances lui-meme, mais dans la proportion de 1 à J 00. Si elle en avait assuré 10 000, les chances d’exactitude auraient augmenté dans la proportion de 1 à 10 000 ; cest-à-dire que les chances d’exactitude augmentent comme le carré du nombre des assurances. Quand donc une assurance est fondée sur de très grands nombres, la compagnie ne fait pas une opération aléatoire ; elle remplit simplement le rule de gérant d'une association de sécurité.

^ \ *.■?. Les diverses foriueH de rassiiraiiec. — Les plus anciennes assurances sont les assurances maritimes ; sont les premières auxquelles les hommes aient songé parce qu’il n y a pas de capitaux qui soient plus manifestement exposés au danger d une destruction accidentfdle que les navires en mer et leur cargaison. Quand l’esprit de prévoyance s’est développé dans nos sociétés modernes, on a créé des assurances contre l'incendie qui garantissent les propriétaires de maisons contre les pertes d’une destruction par le feu, [mis des assurances agricoles qui garantissent contre la perte d’une récolte par la grêle ou la gelée et d’autres qui, comme les précédentes, assurent des capitaux matériel^ La force productive de l’homme, source principale de la richesse, est exposée, comme les capitaux matériels, à une destruction subite. La mort ne prévient pas et elle atteint parfois les jeunes et les plus vigoureux. Quand elle frappe un chef de famille, elle ne prive pas seulement la société d un travailleur, elle prive une famille de son soutien et la laisse peut-être sans moyens d’existence. Rien sans doute ne peut remplacer l’absent et consoler la douleur; mais l’assurance peut du moins pourvoir aux besoins d'une femme et d enfants qui, sans elle, resteraient sans pain. IJ suffit que le père se soit assuré en cas de mort pour une somme déterminée, c’est-à-dire qu’il ait payé de son vivant une prime

LA CONSOMMATION

annuelle pour qu’à son décès l’assurance paye à sa famille la somme stipulée, laquelle est proportionnelle à la prime \ et à l’âge auquel l’assuré a commencé à la payer. C’est une

des formes de V assurance sur la vie et une des manières d’être les plus recommandables de la prévoyance et de la moralité humaines, parce qu’elle étend son action par delà la vie de l’homme.

Il y a d’autres formes de l’assurance sur la vie, telles que l’achat d’une rente viagère à un âge déterminé par une prime annuelle, l’assurance dotale ou constitution d’un certain capital à la majorité moyennant un versement à une époque antérieure ou une prime annuelle, dont nous ne parlons 'pas parce qu’elles sont des modes divers de placements de capitaux et lion des consommations préservatives.

Les sociétés de secours mutuels rentrent dans la catégorie des assurances. Moyennant une cotisation mensuelle qui dépasse rarement 2 fr., elles assurent, en cas de maladie, les I soins du médecin, les médicaments, une indemnité journa-

[ lière suppléant au salaire absent, et, en cas de mort, les frais

d’enterrement, quelquefois une certaine somme à la veuve. C’est une assurance presque indispensable au salarié que la maladie et le chômage causé par la maladie réduiraient au dénuement.

128. Le paupérisme. — Dans loutes les sociétés il y a des individus qui n’ont pas de moyens suffisants pour vivre, c’est- I à-dire qui sont dans f inipossibilité de subvenir aux besoins

nécessaires de l’existence., alimentation, vêtement, logement, par leur travail, par leur revenu ou par l’aide de leur famille ; ils sont indigents.

11 ne faut pas confondre le pauvre et l’indigent. Le pre- ^ mier a peu, le second n’a pas assez. L’état de pauvreté est

tolérable et il y a des sociétés dont presque tous les membres sont pauvres : telles sont, par exemple, les peuplades sauvages. L’indigence est une souffrance parce qu’elle est une privation de choses nécessaires à la vie et elle peut devenir intolérable. L’indigence est ordinairement une exception dans une société. Il n’est cependant pas sans exemple qu’une grande partie d’une population tombe dans l’indigence; on

2Qfi

la consommation

h\Zfr l’Inde et à

Quand 1 indigence est non une excenfinn maJc i

la sollicitude de la charité à un tel poinron^n Ta"

veau, comme l’est le mot qui le cruadfip Tp J * siècles qui ont nréeedp 1p n^t ^ Cependant, dans les

hôpitaux cr^é K dLi fch^

vides, les mendianL pult eut n

villes étaient infestées de truands Ôue f

sans parvenir à en détruire la race^ Pr pourchassait

nombre des habitants T; avai rk^rmT"^^^

vent les populations urharereT^rto u lé "

agglomérées euriTcondit ons I f difficiles par la cherté des

habitants et l'insalubrité des logements parÏÏ"cT”“‘ T® certames industries, par les tentations de'^d peLe dTr-T

enfin par le contact et le conlrastP ùp k cite,

effet l’indigence même est chose eTpariTe Ha tt t“-

pays ou tout le monde est nauvrp nn i • un

à vivre de très peu - dans un no ® murmure

peu paraît beaucoup’ trop peu et h It

d’v ajouter quelque suDDlémpnf i ^ devoir

Paris, qui rient, il esf vraTso ,s " T® '"*'h'onls de

moyenne d’un Touareg Auiouéd’l '>vec la ration

sent plus de richesse, m néut éffié" ““

plus général et /a misère mowdTuu

momu, e qu autrefois; mais le

LA CONSOMMATION

paupérisme est plus apparent et plus concenti'é, comme l’est l’industrie elle-même.

Il paraît être comme certaines maladies du corps liumain dont une bonne hygiène atténue les effets pernicieux, mais qu’elle ne supprime pas. de même que la religion et la morale ne suppriment pas le vice.

Il y a diverses catégories d’indigents :

1° Ceux qui, n ayant que des ressources très limitées par leur tra\ail, sont exposés à tomber accidentellement dams l indigence quand le travail vient à leur manquer;

I Ceux qui ont un salaire trop modique et une famille trop nombreuse pour subvenir régulièrement à tous leurs besoins et qui sont, à Vètat permanent^ dans une sorte de

demi-indigence, obligés, tout en travaillant, de tendre la main à la charité ;

3® Ceux (jui sont incapjables de travailler , comme les enfants abandonnés, les infirmes, les vieillards sans ressources ;

4 Ceux qui, étant valides, sont trop paresseux ou trop vicieux pour gagner leur vie par le travail et qui préfèrent mendier ou voler.

II est logique que les individus des deux premières catégories soient en grand nombre dans les villes très peuplées et très industrielles, précisément parce que ces villes renferment beaucoup de gens vivant de salaires ; ceux de la troisième catégorie proviennent le plus souvent de familles appartenant à la seconde catégorie et se trouvent, par conséquent, dans les mêmes localités. De toutes les couches de la société et surtout des couches exposées à l’indigence, le vice fait tomber constamment des individus pervers dans les basfonds de la société ; là croupissent pour le mal les misérables que la grande ville a produits et les misérables qui y affluent de toutes parts parce qu ils y sont plus dans l’ombre et qu’ils trouvent plus d’occasions de satisfaire leurs mauvais instincts. Ceux qui sont dans la misère sans être tombés dans le vice obéissent quelquefois à la même attraction et quittent leurs foyeis pour venir là où ils espèrent obtenir plus de secours :

/ assista?ice attire l’indigence. Cette situation impose aux

.mm

LA CONSOMMATION

grandes cités des obligations toutes spéciales de charité et de

12». L’assistance. — Ce qui distingue surtout à l’égard U paupérisme les sociétés civilisées et riches des sociétés grossières et pauvres, c’est que celles-là s’appliquent à étudier e mal et ont plus de ressources pour appliquer des remèdes. L historien Macaulay a dit avec justesse : « La vérité est que es miseres sont anciennes; ce qui est nouveau, c’est l’intelligence qui les découvre et l’humanité qui les soulage. .

On peut dire cependant que, dans tous les temps et dans U es les sociétés, il y a eu et il y a une portion du revenu national consommée en œuvres de charité. Mais cet/e consommation charitable, ou consommation en vue de l'assis lance, est beaucoup plus considérable dans les sociétés riches, précisément parce qu’elles disposent d’un produit net beaucoup plus considérable. On eslime vaguement qu’elle atteint et dépassé peut-être cent millions de francs en France La plupart des consommations de ce genre font partie du groupe des consommations improductives. Sont-elles un bien ou un mal? La question a été posée ; il faut y répondre La première réponse à faire est qu’à les considérer d’une maniéré generale, elles s’imposent comme une nécessité morale et sociale. Par un sentiment naturel de sympathie 1 homme qui possède est porté à soulager la misL dé 1 homme qui n a rien; par une considération d’ordre public une société a interet a adoucir les souffrances de ses ineni!

La morale dit ; L’homme a le devoir d’assister ses semblablés. L économie politicjue ojoute ;

1» L'indigence n'a pas un droit à l’assistance parce que nul n a droit de reclamer pour lui-même et de consommer le bien d’autrui : c’est un corollaire du droit de Trôprie e. C est a tort qu’on a dit que l’État avait le devoir d entretenir a ses ta, s 'indigent, à litre d’indemnité pour I préjudice que 1 état social lui cause en ne lui permette" p de jendre les fruits naturels de la terre; car l’état social ne porte aucun préjudice a la richesse ; il on favorise au contraire considérablement I accroissement et facilite par consé-

quent à quiconque veut et peut travailler les moyens d’en acquérir quelque portion.

2» Les individus et les sociétés font de la richesse un emploi généreux et en même temps conforme à l intérêt public en employant une partie du fonds de consommation improductive à assister l’indigence.

On a quelquefois reproché à la charité d’entretenir et d’étendre la plaie du paupérisme au lieu de la guérir. Il est certain que des secours donnés avec profusion et sans discernement peuvent encourager la paresse et le vice et amollir le ressort qui soutient le pauvre dans le travail en énervant son courage parla perspective d’une vie facile dans l’oisiveté. La mendicité vagabonde, telle qu’elle existe encore dans certaines parties de la France, et la taxe des pauvres en Angleterre tombent sous ce reproche. En général, la jiermanence de secours attribués à des adultes valides, qui constitue au profit de gens capables de vivre en travaillant une sorte de rente prélevée sur le bien d’autrui, est un mal; mais l’abus ne doit pas faire condamner l’usage bien réglé et la charité, faite avec intelligence, est, dans les sociétés humaines, un mode légitime et utile de distribution de la richesse; elle atténue quelques-unes des inégalités extrêmes de la fortune, elle adoucit des cruautés, souvent imméritées, du sort, et peut même conserver à la société une partie de ses forces productives.

La charité faite sans discernement peut aggraver le paupérisme; la charité faite avec discernement aux adultes soulage leur misère sans diminuer le paupérisme; la charité préventive, se produisant tantôt sous forme d’assistance à l’enfance qu’elle lire du dénuement ou du vice et qu’elle élève ou contribue à élever, tantôt sous forme de patronage à l’égard des adultes qu’elle aide à se préserver de la misère, peut avoir une action efficace pour la diminution du paupérisme.

L’assistance est donnée :

Par les particuliers agissant en leur nom privé et sous l’impulsion d’un sentiment religieux ou sympathique : il y a ainsi une quantité considérable de consommations d’assis-

LA CONSOMMATION

lance qui ne (igurenl dans aucune stalislinue de la bienfaisance.

cl>nntables, ayanl les unes un laractere religieux, les aulres un caractère laïque, el ali-

inentanl leur tonds de eonsommalion cliarilable par les coli-

mobXr fe, ““ P"*- dL capUaux

obibers et fonciers qui leur appartiennent en propre.

d» Par les services publics qui sont en France les coni

inunes, les departements et l’État et dont le fonds est ali-

mente par des cotisations volontaires, par les revenus propres

es etablissements de bienfaisance et par l’impôt. On désigne

<e genre de cbante sous le nom S assistance publique . L^s-

sist.ance publique représente la part de la société dans le

soulagement de la misère; elle a une action plus générale el

plus reguliere, mais moins de délicatesse que la charité pri-

dire uùé ; ™ <ioil

l’assiZhel r7, f T P>-évaloir d’aucun droit à

emplit un devoir social en assistant certaines infortunes dans la mesure ou ses ressources lui permettent dite faire'

des formJsëri ““ P“‘’'‘‘'“"’ P®“‘

es lormes et dans des circonstances diverses :

chômage, sous forme de travail dans des CmZ’t ^ où sont reçus les ouvriers sans ouvrage

rdnnoé t”“!r ndministrés ; elle en

e médiocres dans les workbouses de l’Anoleterre

de mauvais dans les ateliers nationaux de 1848 en France. spcn„r * 0“ «« nature. Ces

sVi d’oCnr* il

O ouvriers prives de ressources par le chômage de

pauvres souffrant momentanément soit^d’une Tsëuf, ’soU

s’ao-if OU réguliers et ]iermanents quand il

^0<|!^udus et de familles incapables de suffire à leurs tion pt^ suaires. Ils ne constituent en général qu’une porta et meme qu une minime portion des moyens d’existence in igen . Ils peuvent être délivrés soit au domicile de celui

LA CONSOMMATION

qui donne le bienfait, soit au domicile de l’assisté ; ce dernier mode est d’ordinaire préférable parce qu’il permet de connaître avec plus d’exactitude les véritables besoins de l’indigent.

3“ Dans les crèches, hôpitaux et hospices où sont soignés les malades et recueillis des enfants, des infirmes, des vieillards. C’est assurément une des formes les plus nécessaires de l’assistance et une des consommations charitables qui peuvent devenir reproductives lorsqu’elles s’adressent à des enfants qu’elles ont pour but de préserver de la mort ou du vice.

4“ Sous forme de patronage dans des asiles, dans des écoles de diverses espèces, dans des sociétés de protection en faveur de certaines catégories de jiersonnes, telles que les apprentis ou les condamnés libérés. C’est encore une espèce de consommation charitable qui peut être reproductive.

RÉSUMÉS

La consommation est la fin légitime de la richesse. — Consommer de la richesse c’est détruire de l’utilité.

On peut distinguer ; les consommations reproductives et improductives, les consommations lentes et rapides, les consommations privées et publiques.

1« CONSOMMATIONS REPRODUCTIVES

Matières premières.

I Loyer (si Tentrepreneur est locataire).

Autres dépenses géné^ raies de rétablissement.

Dépenses d'entretien de l'entrepreneur .

Bâtiments (si l’entrepreneur est proprié' taire).

Mobilier industriel.

Outillage.

Mobilier personnel de V entrepreneur .

Consommations

DE

CAPITALISATION. / CAPITAL t Création.

\ INTELLECTUEL.^ Transmissiou,

Capitaux

proprement

dits.

Création.

Entretien.

Consommations

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