IS
INTRODUCTION
industrielles ou produits qui sont le résultat de l’industrie de 1 homme, comme la houille extraite de la mine, le blé récolté dans un champ, la locomotive fabriquée dans l’usine L économie politique s’occupe presque exclusivement des
dermeres : ce sont les seules dont la statistique puisse essayer de dresser Tinventaire.
L’existence de richesses naturelles a cependant une nrande importance pour un pays; c’est souvent elle qui donne naissance aux industries. Ainsi, une bonne terre argilo-caleaire facilite la richesse agricole ; ainsi on pouvait prédire, il v a cinquante ans que la région des États-Unis riche en mines a anthracite, alors inexploitées, deviendrait un jour un ffrand centre de richesse industrielle.
Les forces productives sont les sources de la richesse: les produits sont créés par elles. Elles sont de deux espèces : Leb forces de la nature, forces générales, telles nue la pesanteur, 1 électricité, la chaleur, la force végétative et forces particulières, telle qu’une chute d’eau;
Les forces de l’homme, force musculaire et force intellectuelle.
Il n’est pas possible d’en dresser un inventaire, mais on sent a chaque instant l’influence de ces forces dans la vie économique. Gomme elles sont la cause efficiente de la richesse elles ont d’ordinaire plus d’importance pour la prospérité d une société que l’effet, c’est-à-dire que les produits. Une nation dont tous les ingénieurs péi-iraient tout à coup perdrait plus que si toutes ses machines à vapeur étaient détruites subitement. Un déplacement de l’axe de la Terre qui donnerait à la France le climat du Groenland lui serait plus prejudiciable qu’un immense incendie qui détruirait toutes les récoltes de l’année. Nous reviendrons plus loin sur cette démonstration, comme sur la plupart de celle que nous indiquons ICI sommairement en vue d’une définition.
Certains auteurs ont désigné sous le nom de richesses immatérielles les forces productives, ainsi que la portion du traiail des lorces productives qui ne s’incarne pas dans la matière, comme la leçon d’un professeur, la consultation d’un médecin, l’exécution d’une symphonie, et ils ont réservé aux
ÎLES NOTIONS PRÉLIMINAIRES ET LA DÉFINITION 17
richesses naturelles et aux richesses industrielles le nom de richesses matérielles. Pour eux le mot richesse, prenant un sens très large, comprend tout ce qui est ou peut être utile. Nous n’emploierons pas le mot richesse dans ce dernier • sens, pour éviter l’ambiguïté. Si nous voulons exprimer l’en-
1 semble de ces conditions pour un pays, nous dirons que ce
y pays est riche en forces productives, en richesses natu-
f relies et industrielles, ou qu’il a une grande puissance
^ productive et beaucoup de richesse.
ri 13. Déflnitioii de quelques autres termes. — Le travail
est V effort de lliomme appliqué à la production de cquelque utilité.
Le résultat utile du travail n’est pas toujours un produit, c’est-à-dire un objet matériel; il peut être aussi la production d'une richesse immatérielle. Dans ce dernier cas, le résultat s appelle service. Un médecin rend un service à son malade en lui prescrivant une hygiène et des remèdes qui le guériront ; une bonne rend un service à ses maîtres quand elle nettoie leurs vêtements ou apprête leur dîner.
En réunissant ces données on arrive à une définition plus générale. Lorsqu’un homme crée pour son propre usage un produit qui lui est utile, il se rend service à lui-même ; lorsqu il vend un produit créé par lui à un autre homme, il rend service à cet homme, et il reçoit de lui en retour un service équivalent par le payement de sa marchandise. On est donc en droit de dire que toute création d'utilité, sous forme de produit matériel ou de service personnel, est, en réalité, service et que toute l'activité économique a pour objet la production et l’échange de services.
L’industrie est V application de l'activité humaine à la production et à la circulation de la richesse.
L échange est V acte par lequel un homme rend à un autre un produit ou un service personnel contre un produit ou un service équivalent.
^ La valeur d un produit est la quantité de marchandises qu on donne pour obtenir par échange ce produit. Le prix est la valeur exprimée en monnaie.
ECONOMIF. POLITIQUE.
INTRODUCTION
RÉSUMÉS
Il y a trois phases de la richesse et quatre grandes divisions de l’économie politique ; l*’® phase : production et répartition; 2® phase : circulation; 3® phase : consommation.
Le mouvement économique roule sur trois termes, deux termes extrêmes, le besoin, qui tourmente, et la satisfaction, qui apaise, et un terme moyen, l’effort, qui procure la satisfaction.
L’homme, par la production, ne crée ni matière ni force, il crée de Futilité. — L’utilité est la qualité qui rend les choses propres à satisfaire un besoin.
La richesse se compose de l’ensemble des objets matériels ayant de Futilité. — Il y a les richesses natU’ relies et les richesses industrielles.
Les forces productives, forces de la nature et forces de Vhomme, sont les sources de la richesse.
Le travail est l’effort de l’homme appliqué à la production de quelque utilité. — Le résultat de cet effort peut être un service ou un produit. — Au fond, toute l’activité économique a pour objet la production et l’échange de services.