INTRODUCTION
noniie poliliijuo éUidic en qualriènie lieu la consominalion de la richesse, (]ui est la it'oisiGviB phusG ou évolution.
La richesse est faite par les hommes, pour les hommes et consommée par eux : aussi la queslion de la population prend-elle une place considérable dans la consommation et dans l’économie politique tout entière. Il en est de meme du gouvernement, qui, chargé des intérêts communs et administrant par les finances une prtie de la richesse nationale, est, après la population considérée dans son ensemble, le plus grand consommateur.
Il y a donc trois phases de la richesse et on peut diviser en quatre parties un traité d’économie politique :
phase (!*■« et parties) : production, répartition. 2e phase (3® partie) : circulation.
3“ phase (4« partie) ; consommation (avec population et finances publiques).
Dans la science économique , comme dans toutes les sciences, c’est par un effort de l’analyse et de l’abstraction qu’on opère les grandes divisions du sujet. Dans la réalité, les phénomènes sont complexes; en effet, le fabricanl, en
créant un produit, en consomme plusieurs autres, il répartit
la richesse produite entre ses coopérateurs, et il fait en
meme temps circuler la richesse par ses achats et par ses ventes.
-10. Le besoin et la satisfaetioii. — Pourquoi l’homme
produit-il? Pour satisfaire ses besoins, dont le plus impérieux est de vivre.
Tous les êtres animés possèdent l’instinct de la conservation, et tous emploient la plus grande partie de leurs forces et de leur temps à le satisfaire en pourvoyant à leur subsistance, depuis l’araignée qui tisse sa toile et qui attend le moucheron jusqu’à l’hirondelle qui poursuit et happe l’insecte au vol, depuis la biche qui va cherchant les meilleurs pâturages de la forêt et tondant l’herbe ou les jeunes pousses jusqu au lion qui rôde et s’apprête à surprendre sa proie.
L’homme ne fait pas exception à celte loi. Lui aussi, dans 1 état sauvage, il guette sa proie dans la forêt ou au bord de la rivière une partie du joui-, et il va cberchant les fruits et
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les racines propres à le nourrir. Mais l’intelligence supérieure de l’homme civilisé lui apprend qu’il peut, dans certaines limites, soumettre la nature à sa volonté et qu’il lui est plus profitable d’employer son temps à produire lui-même les choses dont il a besoin qu’à récolter les choses que la nature produit spontanément.
Nos besoins sont très divers ; il est de règle générale qu’ils augmentent et se raffinent à mesure qu’augmentent nos moyens de satisfaction. Il y a même des besoins qui, dans l’état civilisé comme dans Tétat sauvage, résultent de la corruption et du vice et qui sont absolument condamnables; il n’en est pas moins vrai que l’homme consomme de la richesse pour les satisfaire. Qu’est-ce qui limite la somme de tous nos besoins? Les moyens mêmes de satisfaction.
En toute chose, en effet, le désir marche ordinairement le premier, et va quelquefois bien loin en avant ; l’imagination le conduit, et rien ne l’arrête. Le désir est tantôt éveillé par un besoin préexistant, comme le besoin de nourriture qui fait désirer les aliments, le besoin de chaleur qui fait désirer les vêtements ; tantôt il éveille lui-même et fait naître le besoin, comme le désir de savoir qui précède, chez les adultes au moins, et crée le besoin de s’instruire.
Le besoin, moins aventureux que le désir, se tient davantage dans le cercle des choses nécessaires ou prochaines : un enfant peut avoir le désir de devenir général et rêver qu’il le sera ; il n’en éprouve pas le besoin.
Un besoin inassouvi est, comme l’a montré Bastiat, une souffrance; nous cherchons à calmer cette souffrance par la satisfaction. Dans toutes les conditions de la vie, à l’état sauvage comme à l’état civilisé, la satisfaction nécessite un e/fo?^t, plus ou moins long, plus ou moins grand, et tout effort est une peine. L’homme fera-t-il cet effort?
C’est une question qu’il débat dans son for intérieur. Voici un chevreuil ; le sauvage sait ses ruses ; il peut le lancer, le rejoindre, le relancer encore et probablement le forcer après une lutte de plusieurs heures ; s’il est poussé par la faim, il n’hésitera pas, quelque peine que doive lui coûter la possession de cette proie, à chercher la satisfaction de son
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besoin pressant de nourriture. Voici un bel oiseau dont le plumage pourrait lui servir d’ornement ; mais le sauvage est fatigué ; pour approcher de l’oiseau, il aurait une rivière à traverser, et il le laisse. S il n’eût eu qu’à lui décocher une flèche du pied de l’arbre où il se trouve, il l’eût fait, et il eût peut-être donné satisfaction à son besoin de parure.
Il en est de même pour l’homme civilisé. Beaucoup de personnes aimeraient à posséder de beaux joyaux; mais, pour les acquérir, il faudrait dépenser le fruit de trop de travail ou se priver de trop de choses plus utiles, et la plupart s’en passent. Voici une voilure publique. Tel parisien a une longue course à faire et a besoin de la faire vite ; il prend la voiture, estimant que la somme à payer au cocher est moindre que- la peine d’aller à pied. S’il avait estimé le contraire, il aurait continué son chemin et gardé son argent. On fait si bien ce calcul que tel qui ne prendrait pas une voiture monte dans un omnibus, jugeant que la peine qu’il aurait à marcher est inférieure à 1 fr. 50 c. et supérieure à 30 centimes.
Que représentent ces 30 centimes? Probablement le fruit d’un travail antérieur, le prix d’un effort, et c’est cet effort qu’on met en balance avec la fatigue. 11 est d’ailleurs facile de comprendre que le jugement porté dans cette circonstance diffère suivant l’importance que la personne, d’après sa fortune, attache à la possession de 0 fr. 30 et de 1 fr. 50 c., et suivant le degré de peine que, d’après sa constitution ou son âge, la marche lui cause.
Ainsi, en laissant de côté le désir, qui n’est qu’un avantcoureur capricieux, nous devons dire que le mouvement économique roule sur trois termes : deux termes extrêmes^ le besoin, qui tourmente, et la satisfaction, qui a-paise^ et un terme moyen, /'effort, qui procure la satisfaction.
i-i. L’utilité. — L’économie politique, comme toutes les sciences, se sert de certains termes qui lui sont propres ou auxquels elle altrihue un sens particulier et qu’il faut définir avant d’aborder l’étude des phénomènes, afin d’éviter les erreurs d’interprétation et les obscurités <]ui proviennent souvent de l’incertitude du sens des mots. Nous avons déjà
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défini ainsi les termes économie politique, besoin, satisfaction.
Pour obtenir la satisfaction, il faut consommer un produit ; mais il a fallu préalablement créer ce produit par l’effort qu’on appelle travail.
L’homme crée-t-il réellement dans ce cas? Non; aucun être, pas plus l’homme que les animaux, n’a le pouvoir d’ajouter un atome de matière à la matière qui existe dans le monde, ni d’anéantir un seul atome de cette matière. L’homme ne peut que changer la forme des objets, en combiner et en décomposer les éléments.
Il ne crée pas, mais il produit, c’est-à-dire que, par son travail, il dispose la matière de telle façon qu’elle serve ses desseins et satisfasse ses besoins, que, d’inutile ou de nuisible même qu’elle était pour lui, elle devienne utile. Donc, si l'homme ne crée pas la matière, U crée /'utilité; en d’autres termes (car c’est un point qu’on ne saurait trop éclairer), il ne fait pas la substance des choses utiles, mais il fait la qualité qui rend les choses propres à satisfaire un besoin.
L’utilité d’un objet est variable. Elle peut augmenter ou diminuer. Quand cette augmentation ou celte diminution a pour cause une modification dans l’état matériel de l’objet, comme un bloc de marbre dont on fait une statue ou comme un vase dont on casse une anse, il est, suivant la distinction judicieuse de M. Courcelle-Seneuil, objectif; quand elle a pour cause une modification dans le besoin de l’homme qui l’emploie ou qui le désire, comme une cruche d’eau sur le bord d’une rivière ou au milieu du Sahara, il est subjectif.
Toute chose qui possède la qualité d’utilité est richesse.
1 2. La i*iches**e et les forces productives. — Richesse, dans le langage ordinaire, signifie abondance de biens. Dans le langage économique, tout objet utile est richesse, et la richesse se compose de l’ensemble des objets matériels qui ont de l’utilité.
On distingue deux espèces de richesses : les richesses naturelles, (jui sont les objets matériels (jue la nature fournit spontanément, comme le poisson dans la rivière, le fruit dans la forêt vierge, la houille dans la mine, et les richesses