‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 29 sur 209 · La statistique et les enquêtes · texte numérisé non relu

La statistique et les enquêtes

.es procédés d’observation, si on laisse de coté l’étude histo nque qui doit etre conduite d’après les règles ordinaires de la unique historique et .si l’on ne s’attache qu’aux procédés présentant un cm-tain degré de technicité, se ramènent à deux la sia- <s tique et 1 enquête. D’ailleurs, l’observation iuirement pei-smiiH lle, sans tonnes précises, qui se fait presque inconsciemment au contact de la vie quotidienne, tient une iLge place dan études economiques ; chez les économistes qui emploient le plus Nolontiers la déduction, le raisonnement déductif est souvent ' œnine, a leur insu, par l’expérience ainsi acquise; et ceux qui se leddinent de la méthode inductive sont bien des fois forcés à detmit de materimix fournis par l’observation méthodique, de’ seicleiei a cette meme expérience personnelle.

I.ii sliilislique esl « le cléiiombrcmem méllio,li(i„e ,les faiC .les nul, V, dus ou des choses qui peuvent être complés, et la coorina- K.U des elmires obtenus » 11). Ses applications sont extrèmeraent 'ane,.s piusqu.l y a peu de faits économiques qui ne soient suscepi,i,t,.s de mesure; recenser ta pop, dation ,fun pavs catcuer a nalatdé, ta nuptiatité. ta mortalité, la morl.bli'té’ coinplei les .piantdes et les valeurs des marchandises qui sont

(I) F. Faure, Eléments de statistique, Paris I90G.

LES GRANDS COI RANTS DE LA DOCTRI.NE ECONOMIQUE U.î

importées ou exportées, la monnaie métallique ou de papier qui circule ou qui est mise en réserve par les banques, ce sont là des applications de la statistique ; il y a des statistiques des salaires, des statistiques des récoltes, des statistiques de la production minière, etc... La statistique a deux aspects successifs; il faut recueillir les données statistiques, puis les présenter. En un certain sens, c’est une chose très ancienne, les Etats ayant eu dès longtemps besoin, pour des fins d’administration et surtout de fiscalité, lie renseignements jirécis sur les hommes et les choses ; mais elle n’a commencé à être objet de doctrine qu’au xvif siècle, nolaniiiient avec William Petty ; 1023-1087), qui l’appelait, d’un nom qui eût mérité de survivre, « l’arithmétique politique », et ce n’est guère qu’à partir du xix® siècle qu’elle a été régulièrement utilisée comme procédé scientifique d’observation. I.a stalislitiue est un art qui a sa technique propre, soit qu’il s’agisse de recueillir des données numériques, soit plus encore pour leur coordination et la manière de les présenter ; la présentation au moyen de graphiques, par exemple, a une importance considéralile ; elle substitue à des notions abstraites des formes sensibles, lignes, courbes ou caries. Nous ne pouvons sur les questions de cet orilre que renvoyer aux ouvrages spéciaux (1).

(1) F. Faure, op. cit.: Liesse, La sialisti<iue. ses dilficullês, ses pmrédés, ses résultats, Paris, îî® édition, 1919 ; Bowley, Eléments of statistics, Londres.

édition, 1921 ; Levasseur. La population française, t. I, introd. sur la statistique, Paris, 1889 ; Julin, Principes de statistique Utéorique et appli^ quée, 1921; Mardi, La méthode scientifique en éconott^ie politique (dans Problèmes actuels de VEconomiquCy 1921).

Il y a actuellement dans tous les Etats des services officiels de statistique qui, en général, jiublient des documents périodiques contenant les données statistiques essentielles, chacun pour son pays, quehpies-uns une partie consacrée aux pays étrangers. .Nous citerons parmi les plus utiles h consulter : V Annuaire statistiqiæ, îiublié par le service de la Statistique générale de la France ; le Statistical Abstract for the l'nited Kingdom et le Statistical Abstract for lhe pidncipal and other forcign countries (ces deux documents publiés par li' Board of trade anglais) ; le Statistical Abstract of the Fnited- States ; le Statistisches Jahrhuch fur das Deutsche Reich ; IMunuario sfatistico italiano ; VAnnuaire statistique de la Belgique ; VAnnuaire financier et économique du Japon. t)utre ces annuaires, U y a dans chaque pays des publications statistiques dont l’olqet est plus sjiécialisé. Bornons-nous à citer pour la France : le Bulletin de statistique et de législatioji comparée (ministère des Finances), statistique surtout financière, mais avec des documents intéressants sur la banque, la monnaie, les crises, etc., etc.; le Bulletin du ministère du Travail {Bulletin de l'Office du travail jusiju’en 19L3), consacré à la publication des documents relatifs aux (juestions ouvrières (salaiies, chômage, syndicats, grèves, contrats de travail, légis-

NOTIONS générales

l'i'l- ’T"''” IMI' son Obiet que

I.1 Sloü^hque ; I enqni'le s'onlend de toute recl.ercl.e fa le tnr

tmerropdton „„ ,,a.. audition de témoins, de sorte que a slaüs

"q.te. quatul elle eu.ploie ees „r„eédés, est une espl e h. 'elre

•nqnele; mats renquète ne se propose pus seulement de roeuedl r

des .lonuees munénques, elle peut s’appliquer à tous les éitaen

tuoraux et matériels, d’une situalion à âudier ’

L enquete peut porter sur les objets les plus variés : par exemple

è, n IV ‘"“'T* crise économique : sur les

1 ( I ions de travail et de salaire de telle catégorie de salariés sur les conditions de la concurrence dans une ou IsLiîs coté’ go, les de la production nationale à l’égard des pays étrangers (1).

l’-Af-'riciiUiire ; ]f> Tableau ocncral du ' ^ imnistcre de

(annuel), itublié jiar le mini.st.Ve des Finances "et

eommmion permanente dr, ml.,.,. ? ^“lanc.s, et les Hapports de !a

aünistère ,lu Commerce et ,Ie J' , d'!-,îo T J”'”’

au eonnnmee ext.Jeur la pablieations se réfeVent

publiée par ,e nnnistère’ d‘u Trav: /eTe Les^ldml-nü' h;, auraient .rand prolit . . .u.liarS;’r

»«w ,éiiu,ti;,.-„r';; r;:

la jtlu.s gran.le so.unm de réi-dit" " ‘

simidé; rnTirieréiren^T'a^^^^ interroger ; c’est plus

étendlm: 'nrz lire ^uTÏÏe^LnT ^ Te'

::;rTiT;;- - eriti.ue^ierr:T;s’:e;:^:;iiT

privé ; une en^Te "T un ob e ^ -

d’action des particuliers, soit isolés sod nullement les moyens

groupements privés qui Ion* de très 'belle ’ encore, associés. II y a des

la Sociéié d’LnomT socPil e I M • '"‘"“'T' ^ fiir SocialpoUtih. Quant aux enquêtes^Tffidene’ ’ eU

Tta!ret'!:^ir~^ (exT:;:"^T::^™:

le. Parlements; il v a St «-t Par

parlementaires (exemples en France'' iT Tl enquêtes

- ipies . en 1 rance, I enquête sur les conditions de l’exploi-

tation des mines, 1902 ; l’enquête sur l’industrie textile, 1903).

LES GRANDS COI RANTS DE LA DOCTRINE ECONOMIQfE It.)

Une forme d’enquête particulièrement intéressante est l’enquête monographique, caractérisée par le fait qu’elle porte sur un objet unique choisi comme type dans une série d’olijets semblables ; cet objet est étudié d’une façon approfondie, et les conclusions sont considérées comme valables pour la série entière. 11 y a induction de l’échantillon au genre. L’enquête monographique a été décrite et pratiquée par Le Play f 1800-1882) qui en a donné dans Les ouvriers européens (1855), à la fois la théorie et d’excellents modèles. Le Play a fait des monographies de familles ouvrières ; la famille est l’unité sociale ; l’état social d’un pays ne peut être connu que j>ar ta description minutieuse du mode et des conditions d’existence de la famille. Dans les monograidiies de famille de Le Play, la partie essentielle est le budget, parce que toute l’existence de la famille s’y inscrit en recettes et en dépenses (1). Le détail est poussé si loin dans ces , monographies qu’on a pu dire de la méthode (pi’elle remplaçait, pour les sciences sociales, le microscope.

La méthode monographique a été par la suite allégée, simplifiée, et aussi aj)pliquée à d’autres objets que la famille. Il y a des monographies de métier, d’atelier, de marché, de commune. Dans ses diverses applications la méthode reste caractérisée par le choix d’un objet type et l’induction de l’échantillon à la série ; elle fournit des morceaux de réalité, pris dans le vif, et c’est un grand mérite. Elle est malheureusement d’une application difficile ; elle exige de l’enquêteur un ensemble de qualilés qui ne sont pas communes, et l’utilisation des résultats comporte le risque de faire considérer comme général un caractère secondaire propre à l’objet étudié.

(l) L’œuvre de Le l’lay est eonlinuée par la Société d'économie sociale, fondée en 18of> (Les ejuvriers de$ deux mondes). Sur la méthode monographique, consulter ; Le l’lay, Les ouvriers européens; Du .Maroussem, Les enquêtes, pratique et théorie, 1900.

Page 1