L.X .MO.XXAIE .MET.ALLIQLE ET LES SYSTEMES .MO.NÉT.AIRES
drait ainsi entre les deux métaux un rapport invariable de valeur. Cela pouvait dans une certaine mesure se défendre, mais l’e.xpérience eût été périlleuse, et il est heureux (pi’elle n’ait pas été
tentée.
Le métal argent a subi une forte dépréciation, deqmis que les cours n’ont jilus l’appui de la frappe libre. 8ur le marché de- Imndres, l’unité cotée est l’once troy au titre de 925 1000, dont le i)rix correspondant à la valeur légale îran(;aise de l’argent serait de 00 pences 13; 10. Or, depuis le début du xx® siècle jus- (pi’en 1915, les cours ont été prestpie constamment au-(Jessous de 30 i)cnces et sont tombés à certains moments entre 21 et 22 pences; à ce dernier cours, notre pièce de 5 francs ne valait pas, commercialement, 2 francs. Les monnaies d’argnmt étaient donc devenues, dans les pays oii subsiste un rapjmrl légal de valeur entre l’argent et l’or, des monnaies fiduciaires à cours forcé, et cela n’est j)as sans inconvénient lorsqu’il en circule des quantités importantes.
Les cours de l’argent se sont beaucoup relevés pendant la guerre. Pour une part, ce relèvement des cours n’était que l’expression de la dépréciation subie par la monnaie en la({uelle, sur le marché de Londres, est coté le métal argent; mais pour une autre part, c’était bien un relèvemeid réel des cours, un changement dans le rapjKU't entre le prix de l’argent et le prix de l’or, rapport qui, à un certain moment, a été bien jiroche du rapport légal françtiis. Le cours maximum a été atteint en 1920 (89 1 2 pences l’once standard). Depuis, la baisse a de nouveau ju'évalu sur le marché de l’argent. En 1921, le cours moyen a été de 30 pences 7/8. Acluelhuneid (premier trimestre de 1922;, le cours est aux environs de 33 à 34 pences (1).
(l) Dans les jiays où le fonds de la circulation monétaire est l'argent, la Laisse de valeur de ce métal et plus encore les variations de cette valeur ont déterminé des embarras assez graves. Dans les relations commerciales et financi(;res avec les pays à monnaie d’or, il est gênant d’avoir comme instrument de paiement et comme mesure des valeurs une monnaie dépréciée à cours instable. C’était le cas notamment do l’Inde anglaise, pays auquel ses relations avec la métropole, qui est monométalliste.or, rendaient particulièrement sensibles les inconvénients de la monnaie d’argent. Le milieu économique ne se prêtant pas à une réforme monétaire complète qui eût con.sisté à adopter le monométallisme-or, l'Inde anglaise a du moins cherché à stabiliser la valeur de la monnaie d'argent. Elle a obtenu ce résultat en supprimant la frappe libre de cette monnaie; la frappe est réservée au gouvernement, et les luàtels des Monnaies délivrent de l’argent contre de l'or, à un taux de change fixe (1 roupie = 16 pences). La valeur de l’argent-
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LA MONXAIK, LE CRÉDIT ET LA FORMATION DES PRIX
SKCTIO^ IV
STATISTIQUES MONETAIRES
11 est essenlid, iiour bien coinju-tMidrt' les qucsiions monétaires, d’avoir une nolion précise de la quantité de monnaie métallique dont dispose aciudlement le monde civilisé, et, autant que possible, de la répartition du stock monétaii'e entre les nations. Ce sera l’objet de cette dernière |)artie du chapitre.
Huelle est la (pianlité d’or et d’argent dont le monde dispose.^ La production de ces deux métaux est comme, avec une exactitude plus ou moins a[)procbée suivant les époques, depuis la fin du XV® siècle. On admet généralement (pi’à ce moment le stock monétaire de l’Europe n’élait })lns (jue d’un milliard; il avait été en s’appauvrissant depuis ta chute de l’Einjdre romain. D’après les ’statisti(jues fournies jiar les rapports de l’administration française des monnaies (1), la production de l’or a été, de 1493 à 191(1, de 24.981.(i()3 kilogr., rejiréseidanl une valeur de 8(1.048 millions de francs. Dans la même i)ériode, la production de l’argent a été de 307. 213.489 kilogr.; en comptant l’argent à la valeur
légale française, soit d’après le rapport — , cela ferait une
valeur de 81.003 millions de francs; mais, en réalité, l’argent n’a j)lus dans le monde qu’une valeur conimercialo mesurée en or et variable comme celle des aiilres marchandises; la valeur actuelle
monnaie s'est ainsi délacliec de la valeur de l'argent mêlai et elle est devenue stable, ce (lui est un grand avantage jifuir les relations internationales. Sur la réforme indienne, consulter Arnauué, op. cit. D'autre part, le Mexique et les Philipjtines ont imité l'Inde, mais avec un moindre succès; ef. Nogaro, Les dernières expériences înonéfaires...^ loc. cit. La hausse de l'argent depuis IDlo a apporté une perturbation sérieuse aux systèmes monétaires institués sur cette base, parce qu’il est arrivé que la monnaie d'argent a valu plus, comme métal, que sa valeur officielle en or, et le change indien a de nouveau perdu sa stabilité; sur cette question, cf. Economiste français, 1917, 2® semestre, p.,3G8, et 1918, 1®** semestre, p. 5ol.
(1) Les statistiques monétaires se trouvent dans la collection des Rapports de l'administration des Monnaies et médailles au ministre des Finances (annuels); l’administration des Monnaies aux Etats-Unis est celle qui imblie les renseignements les plus nombreux sur les questions monétaires : Annual Report of the Director of the Mint. Le dernier rapport de l’administration française des Monnaies, d’où sont extraits les renseignements donnés au texte, a paru en 1920 (20^ année, opérations de 1915 et 1916).
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LA MONNAIE MÉTALLIQUE ET LES SYSTEMES MONÉTAIRES 3o3
(les stocks accumulés est bien inférieure à la valeur légale française (1).
La production des métaux* précieux est d’ailleurs répartie d’une façon très inégale sur l’ensemble de la période 1493-1 9 l(i. La I)roduclion de l’or, de 1493 à 1830, a été de 4.732.070 kilogr., çe ([ui fait moins du cinquième de la production totale; en poussant jusqu’en 1873, on n’a encore que 38 de' la production totale.
Donc, c’est une quanlilé égale à (52 % de l’or produit dans le monde entier entre 1493 et 191(5 qui l’a été dans les quarante «lernières années de cette période, et en y ajoutant la jiroduction de 1917 à 1921, c’est au moins les deux tiers.
Dejuiis les dernières années du xix® siècle, la production de l’or s’est énormément accrue, à raison de l’exjiloration j)lus attentive des diverses parties du monde et des progrès techniques réalisés dans l’extraction et le traitement du minerai. Depuis 190(5, la i)rodu(‘iion annuelle de l’or, jusqu’en 191(5, a déliassé en poids (iüO.OOO kilogr. (elle a même dépassé 700.000 kilogr. en 1912 et en 1913), et en valeur 2 milliards île francs (plus de 2.400 millions de francs en 1912 et en 1913). L’est un large lleuve d’or cpû coule sur le monde. L.e[)endant, depuis 1913, il y a un fléchissement sensible, et dans les quatre dernières années (1918-1921), la production annuelle est tombée au-dessous de 2 milliards de francs.
l’our ce qui est de l’ai'gent, la production annuelle s’est tenue presque constamment au-dessus de 3 millions de kilogr., depuis 1893, année où elle avait, jiour la première fois, dépassé ce niveau; elle a dépassé G millions de kilogr. de 1908 à 1914, et même, en 1911, 7 millions de kilogr. Depuis 1914, elle a sensiblement lléchi, et ne dépasse jilus que de peu, en 1921, 3 millions de kilogrammes.
La iiroduclion des métaux précieux ne va pas toute aux hOitels des Monnaies; une partie importante est employée dans l’industrie, mais les évaluations sur ce point sont très incertaines; autant qu’on en peut juger, les emplois industriels de l’or paraissent compris entre un quart et un tiers de la jiroduction annuelle, ceux de l’argent entre le tiers et la moitié de la production annuelle. D’autre part, il y a des quantités apprécialdes d’or et d’argent qui se perdent; les monnaies en circulation subissent une
(l) En ajoutant aux chiffres donnés au texte la production des années 1917-1921. on trouve pour for une production globale d’environ 95 milliards et demi de francs, et pour l’argent une production globale d’environ 87 milliards et demi de francs, l’argent étant compté à sa valeur légale française. j
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usine lente, ce qu on apjielle le frai, et, juiis il y a des monnaies, des bijoux ou des linp'ots (jui disparaissent dans les incendies, les naufrages, les inondations, les tremblements de terre. Il ne suffirait donc pas d’additionner les productions annuelles depuis 1403 pour savoir ipielles sont les i[iiantités d’or et d’argent dont le monde dis{iose à l’beure actuelle.
11 n’y a aucune donnée statistique relative aux quantités d’or et d ai'gent qui existent sous la forme de bijoux et de parui'es. 11 \ en a (|ui sont ridatives aux stocks monétaires; mais leS/ évaluations ne sont pas d’une grande certitude (1).
Les stocks monétaires sont très inégalement répartis entre les nations, et non pas seulement les stocks en chiffres absolus, mais aussi les stocks calculés par tète d’habitant. Kin 1912, la (piantité de monnaie d’or par tète d’iiabitant était évaluée à IC.O francs en France. 84 francs en (Irande-Bretagne, 42 francs en belgi([ue, 37 francs en Italie, 31 francs en Uussie, (19 francs en Allemagne, 31 francs en Autriche-Hongrie, 101 francs aux Ftats-riiis. Celte seule énumération démontre combien il est inexact d’apprécier la richesse d’un peuple d’ajirès la ipiantité d’or dont il dispose; si le stock d’or jiar tète était un bon indice de la richesse des peuples, il faudrait croire ([ue tin 1912 la France était plus riche que la (iraiide-Hrelagne et (pie les l*ilals-l nis, ce que personne ne soutiendra. Hans certains cas, notamment en cas de gueire, il y a quelques avantages pour un jtays à jiosséder un grand stock d’or, mais i 01' n est qu une des formes d<; la richesse;, et non la ])rincip.de ni la plus désirable.
Avant la guerre, le stock d’or de la France; était évalué à un peu plus de (i milliards de francs, mais c’était une e-valuation certainement trop basse. Fn effed, l’encaisse-or ele la liampie' de* èiance. a la fin de 1921, était de .‘).52i millions de francs, bien (|iie dei»uis le début de la gueri*e il y ait eu des soi'ties d’oi* jiour une .seeninie de plus de 1 nulliard de francs (or vendu <à l’étranger); en addit ie)nnant le* stock en caisse fin l!t21 (or en ceiissc e*t à l’étranger) et l’or vendu depuis le début de la guerre, on trouve un tot.al de plus de (i milliai'ds et demi de francs. Fomme il reste certainement encore des ((uantités d’or importantes entre les mains des jiai'ticuliers, malgré le zèle de la majeure paitit;
(n I.ii ilirt'ction française des Monnaies fait remarquer qu’une cause il’erleur ou d inexactitude dans la sl-atisti(]uc des stocks monétaires provient des lingots, surtout des lingots d’or, qui peuvent être considérés tantôt comme marchandise et tantôt comme monnaie, lorsqu’ils sont compris dansles encaisses des banques.