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LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

bref ce qu’on appelle une crise. Ramenées périodiquement par le rythme des prix, ces crises ont frappé vivement l’attention, et c’est en les étudiant que l’on a été conduit à apercevoir nettement le rvlhme même.

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§ 1. — Les crises économiques. L’indétermiiiation du terme «crise».

Il n’y a pas de mot dans le langage économiiiue qui ait un sens moins délini que celui de crise. On l’appiicjue à tout ce (jui jiaraît être une perturbation de l’état économique considéré comme normal; prétendre décrire les crises en général, c’est comme si l’on voulait décrire les maladies en générai. 11 y a des crises de toute nature et île toute origine.

Des faits qui ne sont pas d'ordre économique jieuveid délei'miner des crises; il n’y en pas d’e.\em[ile plus saisissant rpie la guerre. Tue grande gueri'e entre deux ou plusieurs jreuples, par' le ralenlissemeid ou l’arièt (ju’en équ-ouve la pi'oduction, jiar ce (pi’elle corde en vies humaines et en biens matéi'iels, ne peut pas ne pas jeter une jiertuibation pi'ofoude, de dui'ée plus ou moins longue, dans l’état éconondque, et le trouble s’étend même aux pays neutres.

Dans l’oi’di’e des faits économiques, d \ a bien des causes possible de crise, et il serait difficile de les classer rigoureusement. On en citera ici quelques-unes seulement

1" Les productions agricoles, dépendant éti’oitement des conditions climatériques, sont sujettes à de brusques et intenses variations. Il en résulte des crises de déficit ou de surabondance, les ju'emières atteignaid h‘s consmumateui's et les secondes b’s lu'oducteurs. Les preiidèi'es ont été longtemps les plus redoutées; une mauvaise récolte amenait la disette; assurer l’approvisionnement alimentaire, notamment en céréales, était alors une des ])réoccupations essentielles de l’Etat. L’Etat moderne, très sensible aux iidérêts des producteurs agricoles, redoute avec eux la surabondance et s’efforce par divers moyens de leur assurer de bons prix pour le débit de leurs denrées. La guerre de 1914, toutefois, avait ramené pendant sa durée l’ancienne mentalité et rends au premier plan le souci de l’ajipiovisionnement national.

2° Les variations dans la quantité, la nature, la valeur de la monnaie, déterminent aussi des crises. Accroissement ou diminution de la monnaie métallique; dans les régimes bimétallistes, refoulement d’une monnaie par une autre, de la monnaie d’argent par la monnaie d’or on inversement comme cela s’est pro-

LES MOUVE.MENTS GENERAUX DES PRIX

duit en France à diverses époques; substitution de la monnaie de jtajiier à la monnaie métallique, ou retour de celle-ci; tous •ces faits sont de nature à troubler les relations économiques existantes, et dans certains cas très jirofondément .

d® Il y a des crises de bourse et ipd sont parmi les ]dus violentes : crises qui naissent des excès de la spéculation sur les valeui'S mobilières ou sur les marchandises. Lu moiivemeid de sjiéculation jiorte certaines catégories de tili'es ou de marchandises à des coins artificiels, puis c’est reffondrement, avec des ruines relentissaides et souvent des répercussions étendues sur tout l’orgaidsme économiipie jiendaid un teiu]is plus ou moins long.

A oilà quelques exemples, mais jiiétemlre énumérer tous les faits économiques pouvant déterminer des crises, ce sciait énumérer tous les faits économiques notabtes. Toutes les fois (}u’une situation économique donnée vient à changer d’une façon sensible, et aloi's même que dans le changement le bien l’emporte sur le mal, il y a trouble dans les relations existantes, souffrances plus ou moins jirolongées dans une partie de la jiopulation, crise par conséquent. La mise en valeur des jiays neufs et l’amélioration di's transports ajiportent aux vieux jiays, avec des occasions d’enriebissemeni , des concurrences redoutables ; ce qu’on a appelé en Europe la crise agricole, qui couvre à pmi près le dernier quart du xix® siècle, a été déterminée ]»ar cette concurrence. Tout jirogrès technique engendre des crises: l'introduction de la machine à vajieur dans l’industrie, la consli'uction di's chemins de fer, en ont causé de fort graves. 11 en est de même de tout changement considérable dans la demande et la consommation. Dans nos sociétés mouvantes et pi'ogi’essives, on pourrait biim dire que la crise est l'état normal des choses.

§ 2. — Les crises générales et périodiques de surproduction.

PaiTiii toutes ces crises si diverses, il y en a eu dejmis le deuxième quart du xtx® siècle qui ont fixé rattention par des caractères particuliers, par leur généralité et par une jiériodicité assez apparente : des commotions violentes ébranlant tout 1 organisme économique, terminant une période de prospérité et suivies d’une période de dépression (I).

(1) OiivrafTC.s à rrm.^ullcr: .\ftalion, Les crises périodifjues de surproduction , 2 volume."!, Lescure. Des crises ijénérales et périodiques de surproduction,

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I-a première do ces crises a éclaté en Aimlotcrro en 1825. Ellefui précédée d’un essor des affaires qui dura environ trois années, avec des [U'ix élevés, av(T la fomlalion de nombreuses sociétés el une liausse énorme h la l)ourse sur ceidains litres, nolamment les action de mines. En 1825, effondrenmnl d(‘s prix; la l)aisse alleiiLUiit, pour certaines marchandises, de 50 à 00 p. 100; encombrement d(‘s enlrepdls et maiiasiiis ]>ar les marchandises invendues. Il y eut une violente contraction du crédit, dt^s chutes de hampies, une jianique à la houi'se et dépmllemtml des cours des valeurs. La déi)ression (pii suivit (iura jusqu’mi 1850. L’Anydidm'i’e, où la prtunierf' crise de ce jrenre se produisait, élait aussi |(* {lays parvmui !e jiremier au stade de la ^U'ande industrie du type moderne.

Des cidses du même i;t*nre se sont ]U'oduiles au coui’s du MX® si('*cl(* dans tous les pays où la teidmique industrielle modt'rne s5‘sl dév(do]ip(*(\ et c(da avia* uru' assez yu'ande régularité, la distance enln^ deux crises étant en .général voisine d(‘ dix années; cidle ré^mlarilé loul(d‘ois s’alténm InvuK'oup à parlii* du dei'iiitM* tiers du xix® siècle. I.a dernière ciâse du typi' classi(pie a été celle de 1007; (*lle a r(n-èiii aux Klals-rnis un caraclèrt' d’(v\tréme violence. Depuis 1007, il y a eu d’abord une dé])ression, des prix en liaisse; jmis a partir de 1000 la hausse des prix a recommencé, avec une allure (railleurs irréyuilière, et eile a atteint le point culminant en 1012. Les j.mn‘r(‘s fjui se sont j>roduites diqmis 1012, el surtout la fiuerre mondiale do 1914, ont jeté tant de troulde dans les relations écononiifjues que la période où nous sommes doit être tenue pour tout a fait anormale et que le rythme des prix ne s’est plus déroulé S(*lon le mode accoutumé.

Ajirès la n^ssalioii des hoslililés une ])hase d’aclivilé économiipie intense el fiév!*ense s’(^sl ouvm’le. 11 y avait tant de iTiiiU's à réiuïi‘(n\ lard d(‘ ivitlu'sses a nronslituer, nn tel épuisemeid d(‘s stiR'ks, un tel ap[)éiil (h‘ jouissanci's (*h(*z les hommes (uifin délivrés de la ^nicn'e, ({u’il semhlail que jioui- de louâmes anriéi's la production ont devant elle uii (‘Sfiaee libre illimité. La hausse a pris h ce momenr une allure désordonnéiq on se lialait d’aeheler, ]»arce que les {irix d’anjminrhui allaient siilemenl éire dépassés par ceux de demain; les vendeurs ne j>ou-

2^ ('(HL. LMO; Tonaan-Iinranowsky, Lvs crisea industrielles en Angleterre^ trndnrtioîi française, UMJI; lîouniatian, Les crises ccoyiomiques, traduction française, Il»22.

LES MOLVE.MENTS GENERAUX DES PRIX

vaieiil pas satisfaire Imites les demandes el faisaient la loi aux aclieteiirs. A la liourse, c’était le cours d(‘s actions s’élevaid jiar de grands bonds subits; dans les hampies, des crédits faidles vd (pie la hauss(* conlimie des prix faisait de plus en jdus amples. Phase de hausse des pi'ix, de spéculation, d(‘ confiance, (rilliision, qui (•ff]*e bien les Irails connus df‘S ]>hiS(*s (pd précèd(‘iil les cris(‘s. Dès la fin dt^ 1010 au .lajam, dans le eoiiranl d(‘ 1020 etuv. h*s autres p(ni]iles, la crist‘ a éclaté, el depuis lors le imnide est en état d(‘ dépression écoiiomi([iu\ L’élat a(diicl de dépression est. bien plus grave et stM’a jtlus difficile et long à guérir (pie celui qui suivait 1(‘S crises (ravani la gneiae.

Il faut nous aceoulumer a Lidée (pie rKuro]»(* sort affaiblir» vl malade (riirn» giUM'i’c (pii a duré jilus de quatre ans el qui a l'ait d’immenses d(‘slructions. i*ar là s’explifjue le caractère exeeplioiinet de la déprt'ssion acliielle. (]e n’est pas de la simple remis!* en iïuu'cIk* d’un mécaiiisiue d(*meuré iniiict (pi’il s’agit ; il faut que rEuro[H* s’aecoiiimode à une silualiou nouvelle. Les eondilions (Mamomiques anlérit‘ur(*s ont été houlev(*rsées jiar les i*uim‘s d(* la guerre, jtar h‘s vides ci'eusés dans les jiopiilations. Dans e<‘ (pii élait la (‘ommiinanlé économicpie d’avant la guerre, il y a (les peujiles manquants, comme la Itussi(‘; il y a d(*s nouveaux venus, comme h‘s jiays suceessenrs de rAutriclie; les frontières ont cliangé, et le commerce international in* jient jihis couler dans le im'iin* lit (ju’avant la guerre, rue autre, cause de trouille durable est la rude nécessité de réajuster les (‘oùts de prodiK'tion aux facultés d’achat du consommaîeur. Les entreprises indiislriell(*s avaient jiris l’habitude de Iravaillt'i* pour un client, l’Etat , (jui jiayait ii’ importe (juels prix, el pour un public qui, induit en illusion yiar la hausse ai*liriei('lle de beam'ouj) de revenus exjirimés en monnaie dépréciée, avait jierdu le sens (*xact de sa puissance d’aehat et Ionie habitude d’éjiargne. Il faut maintenant que les entreprises, pour ne [las ]>érir, révisent sévèrement tous les éléments de leurs jirix de revient. L’anarchie monétaire persistante est aussi la sonree de diffieiillés sans cesse laaiaissantes. Soit (pie l’inflation continue à se développer, ce (pii est le ras (1(* rAllemagne el de l’Autriclie, soit (pi’on ait entrepris de rendre à runité monétaire sa valeur d’avant la guerre, dans les deux cas se développfail dt*s pliénomèm's qui nous emporleril loin d’un état normal des choses. Enfin la sil nation politique de l’Europe est (tennnuée Iroulile; rinquiélude du lendemain est dans les esprits. Alors qu’une ferme unité de vues des Alliés vainqueurs eût élé n(*cessaire poni- donner de la consis-

LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA FOR>tATION DES PRIX

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lion i|ui sonl nnn nnnïiirç pour la paix do rKuropo. Tout cela rend pins diflieilo encore la reconslilnlio/i efainoinique (1).

Il y a donc, dans la ijni s’esl dirlanchee eu 1920, des

eléinenls (*xce[dionnels el tels (jn'on ne peul pas la considérer coinine rt‘produisanl le lyp»‘ classique iln pliéin inène. Si l'on en fail ahsiraclion el qu’on se rélei'e aux ciâses (jui se placent enire 1825 el 1907, on voit tprelles présent» nt liois caractères esstuiUels. Elles sont, cianme on l'a déjà dit, sensihlenu*nl pério- »li([ïies. Elles sont générales : en ce sens d’ahoiMl (|u’elles atleiinieiU sinon toutes les catégories de radivilé économique, du moins les jtrincipales, av(T\ louOq'ois, une exc»‘piion li’ès importante (|iii est ragriculture, et qu’elles ont j)oiir conséqueiua* une Eaisse du niveau moyen des l)rix; et* sens aussi que, se formant d'abor»! dans un pays, elles alteigmml par répercussion, mais inegalfunenl , Ions les peuples parvtMius à un haut degré de dévelopjxmient économiipie el ayant entre eux d»‘S relations suivif‘s. Enfin, durant le temps im'une de la nis»‘ et de la dépression qui suit, lt‘s entr»‘preneurs é[)rouvenl do grandies difricullés a vendre leurs marchandises; ils ne trou\ »mf pas de déhoucliés sutfisanls, iVoh baisse des prix : ce [\\w Eon explitpie en disant qu’il y a une crise de surproduction.

Dans (‘e phénomène, c<» qui a tout »l’al)ord retenu raltenlion, r»da a été la maso elle-même, le moimmf où la cassure se fail dans le mouveimmt des ])i‘iv, la lemjtéti' économi([ue qui se flechaîne alors. Mais la crise n'est j»as l'essentiel du ])hénomène; s’il y en a encore de li’es violentes, comnie celle de 1907 aux Etats-Lnis, il y en a (jui sont très atténuées. En France el en AnglebuT-i*, à j»artir des dernières années du nix"" siècle et jusqu’en 1914, il n’y a plus, a proprement parler, de crises, mais seulement une alternance de phases d’essor et de phases de dépression, de hausse el de baisse du niveau moyen des prix. 'C’est ce rytlime déjà indiqué que nous allons maintenant étudier.

(H Sur la crise de 1X20 et la tl»'pression économique qui Ta suivie, on consultera: Leiioir, Los vnleurti mobilières et la crise de 1020, in Bulletin de la Statistique générale de la France, tonie xi; haron Mourre, La crise de 1020-21 et ses causes, in Hevue d'économie jtoUtitiue, 1021; Baudin, La crise é’co}tomique jugée par A*.? banquiers anglais, ibidem 1021; J. Loriot, Les causes c/ révolution de la crise d'après les banquiers fra)tçais, et Les causes de la •crise d'après les producteurs français, ibidem, l*»22: Lescure, La baisse des prix et ses p7'oblèmes, 1021.

LES .MOUVEMENTS GENERAUX DES PRIX

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3. — Le rythme prospérité-dépression; ses répercussions sur toutes les parties de l’organisme économique.

Le dével<)j)peineiit économique, deimis ravènemeiil de la lecliniqiie moderne, est ilivisé en cycle.s co!n})renanl nne phase de hausse et une j)hase de baisse. La première traduit nne insuftisance l'olalive de rotfi'c des maicliandises, la secondr tm surplus relatif de cette offre ; disons une so\is-i>rodiiction el une snijiroduclion alternées. .\ se jdacer au point de vue d(' renlrepreneiir. ({ui désire des pri.v en hausse, la piviiuère j>hase est la itrospérilé et la seconde est la dépression.

l>a duré*' de ces cycles varie eidre sept et OTi/t> ans, la moyenne, depuis la seconde moitié du xix'‘ siècle, étant d’un j)eu plus de hnil ans; mais il faut, comnie loujours, prendre garde (pie l’usage des moyennes donne au jdiénomène nne régularité apparente siijiérieiire à ctdle qu’il a en réalité. En fait, il y a entre les cycles sncct'ssifs beancoiip de diversilés. Diversité pour ce qui est de leur durée totale. Diversité aussi ]ionr ce ipii

est de la longiu'iir comjiarée des deux jihases : lanh'il c’esl la ])hase de hausse qui est la plus longue, et tantôt c’est la phase de baisse; les différ(‘uc(>s sont considérables, la longueur de ehaipie jihase ]ionvant aller de nn-deux ans à S(‘pl-hnit ans. Diversité encore pour ce qui est de rinlensilé des osi'illations d(‘s jirix dans chaque cycle. Si on calcule, an moyen des tables de nonihr(*s indices, les maximum et les minimum successif'; des j»rix, on trouve enire eux des écarts qui tantôt sonl considérables ci lanlôt modiques. Enfin, il y a des cycles où c’esl la hausse (pii esl très sensible el la baisse qui l’est jieu, d’autres cycles où c’est l’inverse, el à l’intériimr de chaque cycle les moiivemonls soit de hausse, soit de baisse n’ont pas une allure continue et uniforme : représentés graphiquement, ces monvi'inenls donnent b' plus souvent des courbes assez irrégulières.

Chacun des cycles successifs prospérité-dépression a donc sa jihysionomie projire; deux cycles ne sont jamais tout à fait identiques, et cela rend les prévisions, dans la jiratique des affaires, à peu près impossililes. A l’action d’une cause générale qui détermine le mouvement rythmique vient se mêler tout l’imprévu, l’accidentel, l’inexpliqué de la vie économique.

Parmi les faits de nature à influer sur révolnlion iJu cycle prospérilé-dépri'ssion, il y a nolammeni les mouvements de longue durée des prix. Les prix, pour de longues jiériodes, subissent des mouvemenls généraux de hausse ou de baisse, dus en

iTO LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA KORM\TION DES PRIX

^'encrai aux vai’iations de valeui* de la iiiormaie. Par exemple, dans la période f8olM(S73, la lendanee j-aaiérale des prix a élé à ia tiaiisse; puis, elle a élé à la baisse jusque vers les deriiieres aiim^es du xix® siéel(% et de[iuis re lemps e!b* t‘sl d(‘ nouveau à la liausstx I.es (‘vHes pi*ospérilé-dépi'(‘ssion porlent la mai'tpie de la [tériode d(‘ longue durée où ils soid compris. Quand le <‘V(de (*sl env(dopjié dans un mouviunent de hausst^ de lon;j:ue durée, la phase de liausse y gagne en durét^ (‘t en inlensilé, la pliase de [laisse y perd; c'esi Pin /erse (piand le cycle est envelop[)é dans un mouvement de baisse de jirix.

(Pest le niveau moyen des prix qui esl en !iaiiss(‘ ou en baisse <eion la phas(‘ du (*V(de; (*e ne sont jtas Ions les ]uix. 11 y a des catégories de ]U‘ix (|ui ne sont <{m‘ jieu et indirectement sensH>les au rythme (*V(dique, et cela est vrai surtout des produits agNcoit^s. Les prix des produits agricoles ont leui’s fluctuations propn*s. (|ui pi’oviennenl ])rincipalemont des conditions climatéri- <{ues. (]’est seuhunent par répfurussion que ces j)i*ix subissent raclion du rythme cyclique, la demande des produits agricoh^s s’accroissant dans h‘s phases de jirospéiilé et diminuant dans les phases de dépression (IV

Parmi les prix des autres produits, il \ îi d(»s distinctions à faire. Il y a dmix gi'oupes de prix très sensil)les à l’action du rytlime cyclique : les matien^s ])remiéres et au premier rang parmi c(dles-ci les matières métalliijues, fer, cuivre, fonte, etc...; les installations et routillagt*, ce (ju’on appelle parfois les capitaux fixes. Quant aux liieiis de consommation, il y a des industries où l’action du rythme est très sensible et d’autres où elle ne Lest pas.

Le rythme cycliipie, tiausse et baisse des prix, se traduit en repercussions île louli's sortes sur les diverse^> jiarties de l’c^rganisnu' éconoiniqiUL Celles qui se font sent ii* dans les lianques ou dans les bourses de valeur^ ou de marchandises sont jmrticulièrement remarqualdes.

Dans les banques, ractivité industriidle, caraclérislique des jdiases de hausse des prix, détermine les faits suivants : accroissement du portefeuille d’effets de coninuMce, hausse du taux de

(1'^ SDuiIey .levons nvait proposé une explic-iition dos crises gonérales ]M-riodi(]iios qui on trouvfiit la cause dans les niomcinonts dos récoltés, et qui rattacliait ceux-ci aux variations de factivité soLdre se manifestant par les taehes plus ou moins nombreuses du soleil. Cf. W.-II. Reveridge, British exports and the barometer, in Econonne Journttl^ 1920, et Weather and Harvest cycles, ibidem, 1921.

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rescompte, diiuinulioii de l’encaisse métalliipie, accroisseineni de rémission des l)illels de banque. En effet, le volume accru des affaires donne lieu à la créai ion île idns nombreux effets de commerce (jui sont j)réseiilés à reseoinpio; vos opérations dégarnissent rmicaisse inébdliqne et provoquent, de la part dt*s banques d’émission, la mis(‘ en cii’cnlalion de quantités supplénumlaires de billets; l(‘ taux de l’escompte hausse, soit pai'ce ipie l’acrroisscunent <iv< demandes d’escom jili» fuit haii'^M'r le prix de l’opéraiion, soit parce (\uv les hampn's Ironvoni dans vvUv hausse le moymi i\v l’éfrémq* rapp(*l au crédit o\ de défmidie leurs *‘ucaisses.

Au moment où éclate la ci*ise qui sé'pare l(*s deux pliases du cycle, la demande de moyens de règbuneni, monnaie niélalüqiie ou hilhds, alleinl le plus liant degré d’intensité. IMiis. dans la dépiussion (]ui suit, le lalmitissemenl i]vs affain's se tradiiil jiar des faits contraires à ctuix de la phast* de hausse : diminnlion dn porlefmulie d’(*ffels de comnu‘î‘(‘e, baisse dn taux de resi'onqile, a(*ci*oissemeni de reneaisse, diminnlion i\v la ciirnlalion fiduciaire (1).

Dans les lioiirses de valeurs on de conmu‘r(‘e, les jihases de hausse des jirix soid ]u*opi(‘es à la spéculation. Comme les erdreprises font aloi's de grands hénétices, h*s actions des sociétés deviennent une matière mm viulleiise à des campagnes de hausse: leurs cours sont jionssés a un nivtqui ipii souvent dé]»ass(‘ vv qu’expliquerait raisonnablement la prospérité prés**nle, et souvent aussi des sociétés qui n’ont (Micorc* fpie (h*s (vspéranct'S a offrir tî‘onvmil aiijuvs dn jmliüc la même faveur celles (jiii s’aj)- [uiient sm* de solides realib's. (VesI, par conlre, la j)éi*iod(' ofi les placmnenis en valeurs a levenu fixe, fonds d’Elal on obligations, sont ndaliveiUHil peu rechercliés el jien (dnq-s. Le contraire se présente iJans la phase de baisse des }u*ix.

Les faits qui st* passeni, an cours de la ])has(* de liausse des jirix, dans les milieux de la Iianqiie et do la lionrse, expliqnenl la crise jiropremenl dile. Abus dn crédit ou déiVcInosilé de l’organisation bancaire, fièvre de spéculation a la lionrse, c’esi jioiir cela que le jiassage de la jihase de hausse a la phase de baisse des jirix i‘sl accompagnée de (roubles graves, de mines relenlissantes, et iirend dans cerlains cas l’aspecl d'une calaslroplie économi(|iie.

fl) Col aspocl (le la qn(‘stion a été vivement mis en lumière par Jnglar, Des crises coinnterciales et de leur reloiir périodique en France, eu Anyleten'e et aux Etaîs-lnis, 2® edil.. Paris. IS89. Cf. March, Mouveyncyits du commerce et du crédit, mourement ouvrier, en relation avec le mouveynent des prix, in Bulletin de la statistique générale de la France, t. I.

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Le Tvlliine prospérilé-clépression fait senlir sou inlluence sur le revenu de larges catégories de gens. Les revenus qui subissent le plus celte inlluence sont les profils d’eni reprise. Les variations des profils selon les phases du cycle sont 1res fortes et dépassent celles des prix. Sans doute, dans la phase de hausse, si le prix d(‘ vente s’élève, le coût de production s’élève aussi; niais certains éléments en sont rolativenient immohiles, et, d’ailleurs, même si prix de vente et coût de jirodiiclion grandissent dans la même proiiorlion, leur écart absolu s'aciroît, d’où hausse du profit; inversement, dans la jihase de baisse, le jirix de vente, s’altaisse plus que le coût de production, 'd le profit diminue.

i.es salaii'es subissent aussi l’inlluence du rythme cyclique (1); mais il faut limir compte du mouvement de longue durée qui, depuis le milieu du xix“ siècle, élève le niveau moyen des salaires. Le mouvement conliecarre la tendance à la baisse de la jihase de dépression, de sorte (pi'il peut arriver que dans cette phase le salaii'i' demeui'e sial iouuaire, peut-être même dans certains cas ({U 'il s’élève. Le qui résulte de la combinaison du rvlhrne cyclique avec le mouvement de luuisse de longue durée, (•’t'sl (jue cette hausse se fait sentir surtout dans les phases ascendantes des cycles successifs, qu’elle se l'aleutit, s’arrête ou bien est reiiqdacée par une baisse légèi'e dans les phases descendantes.

L’es! moins jiar les variations des salaire^; individuels (jue par celles du chômage (jiie la classe ouvrièi(‘, considérée dans son ensemble, subit rinlluence du l'yliime prospérilé-déjtression. Le chômage alleiid son point le jilus bas dans la ])rospérité, et son point 1(' plus haut dans la dépression; le total îles sommes distribuées à litre de salaire varie tiinsi beaucoup plus que les salaires individuels.

L’intérêt, connue le salaire, suit les variations cycliipies : la prospérité tend à élever le taux de l’inlérêt, et la dépression à l’abaisser. Lela jieut être constaté par les variations du cours des valeurs mobilières, jirineipalement des valeurs à l'evenu fixe, dont le cours varie en sens inveise des variations du taux de l’intérêt. Mais pour l’intérêt comme pour les salaires il faut tenir compte des timdances à la hausse ou à la baisse qui jiersislent jiendant des périodes plus longues que le cycle pi'ospérilé-dépression et qui rendent parfois difficilement saisissahle l’action du rythme cyclique.

(I) Voir sur ce point les statistiques réunies par .\ftalion, op. cit., t. I, liv. II.

LES .MOI VEMENTS GÉNÉRAUX DES PRIX

Sur beaucouji d’autres faits économiques, l’action du rythme cycliipie jiourrait être suivie. On notera seulement l’inlluence (pi’il ('xerce sur la tenue générale de l’industrie. J^es périodes de prospérité sont marquées jiar un relâchement sensible dans la conduite des opérations économi(jues : moindre vigilance des (‘iitrepreneurs à comprimer les frais de production, moindre disposition des salariés à travailler énergiipiement. Il y a dans ces ]iériodes un certain gas[ullage de travail et de capital. Le coût de production tend à s’accroître, non pas seulement à raison de la hausse générale des ]>iix, mais jiarce qu’il y a dans la coniluiti» d(‘S entriqu'ises une économie moins stricte. Dans les périodes de dépression, au contraire, rindusirie procède à une sorte d’examen de conscience. Lu luésence de la baisse des bénéfices, il y a n(*c(“ssité de reviser les jirix de revient, de comprimer les (hqnmses, (h* rechercher It.uti's les améüoi'alions techniques possibles. L(‘s jiériodes de déjiression sont donc d’une certaine manière salutaires.

S 4. — L’explication du rythme cyclique. Sous-production

et surproduction.

Le rythme cyclitpie pros])érité-dépression et la crise qui mar- (pie l’inlersi'clion des deux périodes sont des phénomènes dont la descri})tion est aujourd’hui assez complète; mais leur explication a soulevé et soulève encore certaines difficultés.

En s’attachant aux notions les plus simples de la théorie des pi'ix, on se trouve nalundlmnent conduit à l’idée (pie la hausse ih's prix est le sym|)lônie d’une jiroduction qui ne suffit )ias à la demande, ipie la baisse des jirix est, au contraire, le s\mplôiiH' d’une surproduction. El cela est bien d’accord avec les sentiments exprimés dans les milieux d’affaires. Dans la idiase d(' hausse, la clientèle afflue, les caniiûs de commandes sont jileins, c’est le consommateur qui court aiuès le jiroducteur et qui doit subir ses conditions; dans la iihase de baisse, c’est la situation inverse, et les entrepreneurs de s’écrier ipi’on produit troji, (pi’on ne jieul plus vendre; ils ont la sensation d’un engoi-gement généi'al du marché.

La notion de sous-production, de jiroduclion qui ne suffit pas a couvrir la demande, n’a pas été coidesiée; celle, au contraire, de. surproduction a soulevé ries difficultéÿ théoimpu's dont il .sera parlé jdus loin. 11 ne s’agit, pour le moment.- que de préciser le sens de cette surproduction. 11 ne pmit pas y avoir de surpro-

480 LA MONNAIE, LE CïïÉOIT ET LA FORM VTION DES PRIX

diK'tion absolue, au moins pour la plupart des maiThandises; le besoin soeial est très eNttnsible; beaucouj) d’bonunes ne consonmienl de la plupaid des biens (pie des (pianlités inferieures a (elles (pi’ils voudraienl (‘ons(uniner (‘I rnnsoinnuu'aifMil si leurs ressoui(‘es élai(*nl \)\w< grandes. Dans le inènn^ temps (pie les jM'odmdeurs se plaignent de m* jias veudie, il y a une foule de g(Mis (pii voudi'aieni bien aelndei*. mais ({'li idaelielenl pas faille (Targïml. I.a sui']»roduetion n’t'xisb* (pden ei^ sens (jiril y a trop de maicbandises pour la dt*mande au |u*i\ di'derininé par les eondilioiis d(‘ la produelion; h* prâx au-df^ssttus dmpiel h^s }»roduebairs (‘stinnml m^ [tas pouvoir vendnî sans pmie elani, par (‘X(*mple, de 20, la d(Miiand(^ à C(‘ prix de 20 osl inforieure à l'offre; mais elli* lui serait égaio ri mrim' siipri‘irui‘e si le prix descendail h 18. Voilà (Ui (pnd stms il ptuil y a\*aï‘ surprodiietion.

tàdte albuTian-'e dt‘ sui‘prodiiei i(.ns <*l sons-pr(ï(lr,('| ions (pii se li'aduil par b‘s moiurunads alb‘irn'*s dt*s [irix» eomnnmt sà'xpli- (pH‘-t-(lle? l'n premiei’ d(^g!‘é dàvxpliral ion i‘st d’y voir làdàet d’iin rylbim» général tpii gouverm* raelixilé liumaine, reflrl de la disjiosilion oii soni b^s Inunnu's, piàs (Ui masse, à pass(M‘ de i à'iigomuiuMil au dé(*oui'ag(‘menl , de roplimisme au p(*ssimisîm‘, disposilion (jui se manifesie dans Ions b‘s ordn^s de raelivilé humaine, dans l’oiNln' de la omiséi* el dans l'ordn* d(» raelion; nous nous mouvons jiar saccades, sidon um* ligne liriséi* jilutot ipie selon une ligne droibv

Tonbd'ois ce fail jtsychologiipie généixil . doni I ’innuence est inconi est aille, ne suftil pas à (‘Xpliipeu* !i‘ ryt bmt^ dt^s jirix t*l de la production. Il <'sl de tous b‘s Oanps, landis (]ue b‘ jihénomene économi(pie (pril s’agit d’expliquer, a\(‘c les caraclert^s (pie nous lui avons vus, est un jihénomem* contnnporain qui date d’un siecb» à ]ieim‘; d’autre part, il rendrait malaisément compte de la régularité ass(*z grande du rythme économique. Il faut donc poussm* jilus loin l’explication. La disposition où sont les bomnu'S à passer de ro|)timisme au iiessimisme Irouve un point d’appui dans certains faits l(vhniques de l’économie moderne. Tl y a trois dt* ces faits (pii sont émiîiemmenl projires à rendre comjile du défaut de concordance entre la |)roduction et la consommation (‘t du rythme des prix.

a) D’une part, le marché moderne, m^randi par les facilités de transport, devenu jiour les jirincipaux produits un marché international, est comphwe el changeant; les producteurs ne travaillent pas pour des besoins limités, connus d’avance, mais pour des besoins qu’il faut prévoir et qui se modifient avec une ex-

trorne r;ipiilik‘. |»;itjs ces prévisions iiért's.siiii-cs les eiinnces d’erreur soiil griiiides.

Il) i)<iuii’e piirl, les liieiis de eon>umiii.il ion , du moins les juiii- < i{!m!.\ d’enire riix, ne sonI produils qu’mi nioven d'un oulilla.ue ron!pii(pn‘, eituleu.x, qii il laiil eomuieneer par eiéer avani de j'ouvoii' salisfaire les l>e>oin.> (pu se nuinilesletil Mir le niarehé. I.a eonsi il ul i(.>n du ('apilal soim ha me d'oulilla^re esl un détour néei-ssaire dans rieiivre de la produelion, el souveni un long espaee de temps sépare le moiiienl où le déveùqqiemeul du eajulal paiaîl néeessaire el le niomenl m'i le eapiial nouveau pourra enirer

en action. Tes longs délais sont pnqires à faciliter les erreurs d’apprécial ion.

f) Eidin le mécanisme si étendu el si perfecti<mné du crédit, Ir's facilités df)nne('s a la speeuhdiou jiar l’organisation des lioui’ses de valeurs et de marchandises, conlrilmenl à créer des siluaiions économicpit's où la cris(! se déchaiiu'ra, à outrer ro](timisnm de la phas(> de j)rospérilé, pins le pi'ssimisme de la phase didépression, l.e crédil, si on s’attache moins au.\ jirocéilés juiidiques qui seivenl a le ri'aliser iju’à son essence écononiiijue, c’est l’échange de himis présenis contre des himis fulurs. L’entrepreneur qui fail ajipel au crédit ohlieni la disposilion de certains biens présenis et jiromet en échange des hiims futurs, sous forme d intérêts, de diviilendes, de profits. La technique moderne du crédit a beaucoup facilité cet échangi' de biens présenis contre des biens fidiirs, mais ce sont des opérations aléatoires.

Nous [louvons mainlimant eomiiremlre assez bien la marche dt‘S cho.ses. Dans une société progressive, où les besoins se dévelojipenl, il faut acei'oilre le eafiital onlillage, fonder des entreprises non\('ll(*s, angiiK^nler la cajiaidle di' produelion des anciennes, étendre les moyens de transport. Cela demande du femiis et,' durant ce temps, le dévelojqiement des besoins maint ieid une sdualion favorable au.v jiroduclcurs; jiériode de hausse di‘s prix, d’optimisme, de confiance dans la duré(> d(> cet état de chosi's. l-e crédit esl facile; h>s fondateurs d'affaires trouvent de l’aigiud. pour les honiK's entrepri.'^es et même pour h's médiocres; à la bourse s'envolent les couis des actions industi ielles; la haus.se des jirofils, (les salairi's, de i'inlérèl, incite la jihqiarl des hommes à dépensf'r largumeril. à dépenser presqm* loul leur gain, parfois plus (jiie hmr gain, à anliciper sui un accroissement espéré de ressources, (>| ainsi la vagm' de pros|>éiilé court sur toute l’élendu(' de la produelion.

T. — Kcon. pol. — I.

LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

CcpciDlînil le cîi[>ilîil otilillai^e s’ac<‘iimult‘ vl jtennet de livrer a la consoniinaiion des ijuanlilés iM'oissanh's de biens. Décidé et mis (‘U cliaiilie!’ dans la jMMÎode on la pr(Hln*'l ion ne sulfisail pas à la consoniinal ion, le ïisqne esl qne ceux (pii ront coniinandé aitMit vu ln>p ^rand; ciiatpn* »‘ni n‘pri‘neui’ a voulu s*‘ lailbu' sa paît dans uiu' prospérilt' (pii ne pai*aissaii [las devoii* finir, et voici niaiid(‘nanl (priin capiial Mirabondanl deverse sur b* niarcbe plus d(* nian‘hamlis(‘s tpie le [tnbli**. immi jx'ul absorb(‘r a nu pï'i.x rémnnéralenr p(»ui‘ 1(‘S prodm'Ienrs. credil, (mi S(* devel(»ppaid, *‘sl df^'enu plus frafribe (Test un haut edifiia* siu* une base étroite; la spéculation a d’ailleurs miné le t(‘rrain. La situation esl grosse de la ciise immineide. iprun incident jiîirfois va suffire à décliaîner. Si la sagi^sse lelative d» la ]uM‘iode de jtrospérité pei'ïind d’éviter la crise, loul au moins c’est la dépréssion, la l)aisse d(‘S prix détci minée par la sui'produclion (b‘s liiens de consommation. Durant la déprt'ssion, le crédit s’assainil , les (‘nlr('[>rises mal com;ues ou mal conduitt'S s’élimimmt, la foimation du capiial outillage s(* l’alenlit; puis, jmui h jaui, b'S liesoins et. la (bunande coidinuant à s’accr<>îti’e, c<* ipii est normal dans les so(‘iétés ])i*ogressiv(*s, il S(* ffUTue un (b‘couv(M't, b*s moyens d(' ]u*odu(‘tion se révebud de nouveau insubisants (‘I Ton est au seuit d’une nomadle {lériode do prosi»érilé. Ainsi se déroule le rythme économiqm', avec, d’ailleurs, loul ce pu’y peut apporter de péri iii'bal ion et d’imprévu la vie iiniviu'^elle. Le fonds, c (‘si un défaut d’ajuslemenl entre les bi(‘us dt» ]irodu(Mion (d les liiens dt‘ consommation; tantôt b'S premiers son! en ([liant ilé iusuffisanb*, eu égard a ce (pie 1(» [uiblic pourrait alisorluM* des si'conds, el lant(3t ils sont eu (pianlité surabondaide. f^e crédit et la spé- (udalion amplitienl C(* l’ytlime el à rinterseclion des deux iieriodes font naître la crise.

I.es conditions de la formation d(' ce r\lbme éf'onomirpie se trouvent dans ce qu’on p(Mit aiqx'b'r la l(‘cbni(|ue capilalisie, dans 1 ’accunuilalion d’un capital ouiillagi* considéi*able. Ainsi s’e.\|>li- (pie (pie ralbu'nanc(‘ ï*égulièr(' des ]»lias(*s (b‘ pi'os|!(*rile el d(^ dépi'(^ssion r\ les cris(‘S [iériodifpn^s soifuil des pbénomém's lécenls (pii ne riunoTihuil pas an delà du siH'ond (jiiart du mx" sif^cle; auionrd’bui (Uicoiml e’i^sl dans les indusiries à l(‘cbni(pi(‘ forbunent ca|ii!ali>b' ipie Ir r\lhnu‘ S(* foriin*, *d s il s’fdend aux aulï‘(S (*’(‘st [»ar Ib'fiet do la r'olidarib* (jui lie loub*s b's pallies de 1 oiganisme é(‘onomique.

Dans une assez largf* mesure, le i*ylbme é( (momique a un caractère internai ional; les tableaux de nomliies indi(*es permet t eut

LES MOUVEMENTS GENERAUX DES PRIX 483

de constater une concordance assez forte dans les mouvements des prix chez les principaux peujiles industriels. Cependant, il y a des divergeuci^s, soit au point (b‘ vm» ib^ l’inbmsilé des fluctuations, soit parfois ([liant à bnir date. Les crises (jui atteignent tous les pays ikï b‘s alleignent pas tous égalemmil, vl il y a des crises qui ne dépassimt gm'u’ti les froni i('‘r<‘s d’un s(‘ul pays; les Etats-Unis notamnmnl ont, à cet égard, un parlicularisnie économique très marqué. Ce caractère mi-inlornal ional, mi-j)articulariste, du rythme des [»rix est la conséipience de la vie économiipie en partie double que mènent les nations. CJia(}ue nation à la fois vil sur elle-même <*l entre en ndalions avec les autr(*s nations; le rythme projire de chaipie économii* nalionale se combine avec un rylhme jilus gmiéral lorrné par la vie économiijue internationale.

L explicaliui qui viiml d’élre donnée du rylhme des prix et des cris(‘s ju-.‘iodi([U(‘S rejiosi* sur l’idée d’une albTnauee de plias(‘s de sous-pi‘odu(*l i()U el de pliases d(‘ siii produel ion. f^t^s monvannenls generaux d<*s juax soni ici considéiés comme jirovenant des variai ions dans la ([iianlüé des marrhandises. Mais les mouvemenls généraux des jirix pemamt aussi provenir, nous l’avons vil, des variations du stock monélaire, mélalliipie ou fiduciaire, ou jilus géiiérabanent encore des variai ions dans le volume des moyens de ivubumml; n’i^sl-ee pas ici le eas.^ La hausse des prix d('s jiériodt^s de prospérilé ne s’exjdi([ue-l-elle pas jiar un aecrois- S(unent des slocks monélaires (jiii diniimierait la valeur de la monnai(\ el la liaisse des juix des ]>ériodes de déj>i‘essioii jiai' nue diminuiion do ces mcim*s slocks el lun* hausse d(‘ la valeur de la monnaie.^

Celle ('xplicalion doit être nqtdée. En fait, pour ee qui est du sloek mélalliipH^, il n y a aucune concoi*dance cnli*(* les varialions qu’il présente et le rylhme eycliquo des jirix; ee ne sonI que les mouveinenis de longue dnréi» des ju*ix qui jienvent éire ratlaclu's aux \arialious du sbx’k m(^‘lallii|m\ v\ non les monv(^- UKMds (bcs phases prosjierile-dépH'ssion. P<mr et* f(ui esl des moyens d(‘ nVbmienl auln‘s (pn^ la monnaii' mé!alli(|m‘. il (wt vrai (}U(‘ leur volume augimmle dans la phase de prospéiilé cl diminue dans la [diase tb* défiression, mais c(*la (‘sl là^ffcl, non la cause, du rylhme (*C(momi(|m*; on émel, dans la ]»rosj:érilé, dt's hillcls de hainjue, d('s chc([ues, d(*s b'tlr(*s de (*hang(\ jiai'cc qu’il (Ml faut pour le mouv(Mueul a(M*ru des alïaiies, (à tout ee volume de moyens de rt^gltumMil s’affaisse de Ini-méme dans la dépréssion. La prospérité eré(* un besoin de monnaie que l’on a T. — Écon. pol, — I, pY*

-484 LA MOXN'AIE, LE CREDIT ET LA EOIiMA TlON DES PRIX

(le la peine à satisfaire, de sorte ((ne la valeur de la monnaie devrait s’élever et les jii’ix baisser; la dé] ression, en dinnnuanl le besoin de monnaie, devrait abaisser sa valeur et relever b*s prix. Cela revient à dise (jue, si !*‘ rythme dus prix était déterminé par une cause monétain', les choses seraient à l’inverse de ce qu’elles sont; c’est donc bien dans le domaine de la production, et non dans celui de la monnaie, (pdil faut chercher l’explication du rythme cyclique.

Cependant, l’idée d’une surproduction déterminant la baisse des prix a un pmi embarrassé les économistes. Le princijie des difficultés souh'vées à cet égard se trouve dans une théorie qui a été fortement dévelojipée par ,1.-1?. Say (1), la théorie des débouchés. Les produits, en fin de comjile, s’échangent contre des jiroduits; un marchand (pii virnd du dra]> et qui, avec l’argent re(;u, achète du pain et des vètemmits a, en réalité, échangé du dra{) contre h' pain et les vêlements; la monnaie n’est qu’un intermédiaire (]ui dis])araît à la fin de ro[ié‘ralion et n’en change pas la nature. Donc, achat et vente, production et consommation, coïncident nécessairement ; il est impossibh' de concevoir que la production totale dépasse la capacité d’achat des consommateurs; s’il y a surproduction, elle ne peut être (pie partielle et elle a nécessairement comme contre-partie une sous-jiroduclion ]>ar ailleurs. Il peut bien y avoir une mauvaise diri'clion donnée aux forces productives de la société, ap|)licfuées trop fortement sur certains points et pas assez sur d’autres; mais il n’y a jamais un excès général de production.

Peut-être suffirait-il de reinar((uer qu’un phénomène doid, la réalité a été démonti('e, comme le rylhim* de la production traduit par le rythme des jtrix, doit néci'ssaii'ement être tenu jiour jiossible et iidelligibh'. Sans examiner si les objections lii'ées de la théoi'ie di's débouchés ne sont pas pureiiM'iil verbales, dérivées de l’miqiloi de mois dont le sens n’i'si jias, nu juéalable, bien jirécisé t'I (]ui jieuvent en avoir ])lusi('urs, on s’en tiendra ici à l’observation suivante. I.’ideniiié nécessaire de la jiroduction et du [louvoir d'acbal ('xprinu' ce qui se jMssmait dans un état hypolbétique d’éfjuilibn' ipii en fait, ’u’i'sl jamais atteint; le rythme de la production et di's piix, ci' sont les oscillations autour de ce |ioint d’éfpiilibn'. Dans une soi iété jiarvemie à l’état stalionnain*. il n’y amait ]»bis de lytlime d(> la jiroduetion ni de

(1) J. -B. ï'iiy, r OMIS fréroMoaoV paUliijur, f. T, 3'’ part., cliap. ii.

LES MOUVE.ME.XTS GENERAUX DES PRIX

crises; mais il y a un rythme et des crises parce que la société se ni(“ut iierpétuellemeiit et se transforme.

Celt(> matière des crises générales périodiques a fait objet d’un grand nombre d’e.xplications et d(‘ théorii's. Il n’y a jias lieu de les exposer avec détail, et il suftiia de maripier sommairement les directions piincipales.

a) Diverses tbéories rattacbent l’exifiication des crisi's aux phénomènes monétaires. H en a été incidemment question un jieu ]ilus haut.

l)\ D'autres la rattachent à la répartition des richesses; la classi' ouvrière, à raison du sidariat. aurait des ressourees et une capacité d’achat iiop faibles, tandis (jue la classe cajiitaliste aurait plus de riclu>sse (ju’ilh' n’en ]ioun'uit consommer. Cette répartition inbarmoniqne engendrerait nécessairement les crises.

c) Les crises naîtraient de la tendance constante à la baisse du jirofit (|u'impliquerait l’oi'ganisation capitalisti' de la {iroduciion. Ciau est lié aux doctrim‘s marxistes relatives à la plus-value et aux changements ipie l’accnimilation du caiûtal amène dans sa conqiosiiion (cai)ital constant et cajiital variable).

d) Il faudrait chercher la cause di's crises dans les mom'ements de l’épargne. L’éjiargne s’accumulerait jiendant les jiériodes de déjiression, c('tte accumulation rendrait jiossible la période de jirospérité, et le réservoir de l’éjiai'gne une fois vidé par les nombreuses eutriqirises ('closes au temps de la jirosiiérité, la dénression reviendrait.

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TAIiü-; DIÎS MATIKIUÎS

INTIIODICTION

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Définition et objet de l'économie politique 1-11

Seclion I

§ 1. — de l’économie poiilujiie. Le caracLêre social de

Taclivité économique

§ 2. — Analyse des notions de proJiicÜon, de circulation, de

répartition et de consommation

§ 3. — L'économie politique et la lechniiiue

Section II

g 1. — Le point de vue historiipie en économie politique . . . . § 2. — Observation et description des faits économiques. Les lois économiques. La science et l'art en économie politique. Section IlL — Division de l’ouvrage

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