‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 89 sur 209 · IG · texte numérisé non relu

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Japon.

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Ia*s variations do iirix dues au cliangomont do volume de la luomiaie de papier sont, en général, bruscpies et, dans heaneouji de eas. ])eu durables, i»aree (jue ee volume se moditie lui-nième li'ès vite. Au eoniraire, les variations de ]uix dues ;i la monnaie métallique ne peuveni être (ju’as'^ez lentes; le stock existant de monnaie méiallicpie ne se modifie pas l)rns(juement , sauf <m des eas tout à fait exeeplionnels. 11 ni lésiille ([ue les mouveiiK'nls L'énéi'aux des prix dont la cause est dans h* changmnent de volume de la monnaie métalliijue sont des mouvements de longue durée; ils ne sont pereeplibles qu’observés sur un assez long espaei' de temps, et il est foi'l jiossible ipie, dans l’intervalle, il y ait des mouvements de pins lirève durée allant à l’encontre de la tendance déterminée par la cause monétaire. Ttn en troux'era dans ce chapitre même un e.xcellent exemple avec l’étude du l'ythme cycli(}ue des prix.

M) Ëti Italie, t'imlice s’est relevé depuis juiltet t921; il était de 648 eu décembre Ibil. et «le oSl en mars 19^2.

LES .MOUVE.MENTS GÉNÉRAUX DES PRIX 407

§ 2. — Les conséquences des variations de valeur de la monnaie et les moyens proposés pour y remédier.

Le fait des variations de valeur de la monnaie a des conséquences étendues, théoriquement et jiratiquement. 11 en résulte d’ahord (pie la monnaie, dans sa fonction de mesure des valeurs, est un iiislrumenl défectueux. Le mètre est une mesure invariable des longueurs, le giamme est une mesure invariable des poids; le franc, ou la livre sterlins, ou le mark, ou le dollar, sont des mesures variables de la valeur. Si, d’une époijue à une autre, nous constatons que le prix des marchandises a changé, nous ne savons jias si c est la valeur de la marchandise ou la valeur de la monnaie qui a changé; si le prix est resté le même, il se peut que la x-aleur de la marchandise ait changé, mais que cela soit masqué par un changement survenu dans la valeur de la monnaie.

Dans l’ordre pratique, ce qui fait l’imiiortance des variations de xTileur de la monnaie, c’est que tous les j'rix ne peuvent pas changer en même temps et au même degré. Si tous les prix, par conséquent foutes les dépenses et toutes les recettes des hommes s’élevaient de 50 p. 100 ou s’abaissaient de 50 p. 100, personne ne serait ni appauvri ni enrichi par les variations de valeur de la monnaie. Mais il n’en est pas ainsi, à cause des liens juridiques où nous sommes emragés. Les revenus de la plupart des hommes sont constitués par des créances de sommes fixes exprimées en monnaie ; salaires, gages, traitements, fermages, loyers, intérêt des fonds d’Etat et des obligations industrielles. Si la valeur de la monnaie x'ient à baisser, le revimu reste nominalement le même, mais en réalité diminue. Parmi ces créanciers de sommes fixes, il y en a pour qui le pnqudice n’est que provisoire. Les ouvriers, les employés, ceux des fonctionnaires qui sont politiquement « intéressants » réclament et obtiennent des augmentations de salaire ou de traitement; les gens à honoraires, avocats, médecins, élèvent le taux de leurs honoraires; les propriétaires fonciers, à l’expiration des anciens conirats, en passent de nouveaux à des jirix plus hauts. Mais il y en a d’autres pour qui le préjudice est irréparable : créanciers chirographaires ou hypothécaires, rentiers, porteurs d’obligations, dont le capital et le revenu consistent en une somme de monnaie fixée une fois pour toutes, et qui perdent une fraclion à la fois de l’im et de l’autre.

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LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

Ia\ baisse do valeur de la monnaie, qui appauvrit les uns, enriehil les aulrt'S. Klle tmi’iehit les déhileurs de sommes fixes : i'dals, sociétés indusl rielles qui t)iit émis des obliualiüus, propriétaires (jui ont hypotliécpié leurs teri'os ou leurs maisons, tous les eidnqireiieurs d’industrie, (h* eommei’f ou d’a^M'ieullure ijui jiaimit lies intérêts, des salaii*(‘s, des liaitemi'nls; r’est pour eux nu uain (pii. comme tout h rinmre la perte, est, selon les cas, provisoire ou définitif.

(*es mouvtmienis en sens divm's. la co!lectivilé n’est ni appauvrie, ni enrichie, du moins si l’on se jilace a un point de vue purement slatisliiiue. Les uns ^ajaient jti’éciséimmt ce que les autres pei*denl, et la somim^ de la richesse sociale ne chanjj:e pas. Mais toute variation dans la valmir de la monnaii* déplace la ri(*!u‘sse: elle apporte îles ;-S’uiis ou de^ juites qui sont pour les individus le fait du hasard; elle troulile plus ou moins praveinenl h's situations acquises; elle (‘sl un pliénomem^ social et moi'al ^iu'os de consé([uences.

Xe serail-il pas possible d’atlénmu’ ces déjilmamients de ricliesse dus aux vai'ialions de valeur de la monnaie.'^ Nous jiouvons mesiirt'r par la méthode des nombres indices ces variations et il l'st théori(|ueinent concevable qu’on se serve de (‘elle mélliode pour adapter les relations é(*ononii(iues aux variations f'onstalées. (àda poui’rait se faire de plusieurs façons. On pourrait, sans toucher à la monnaie, poser le jirincijie d’une révision des contrats portant créance d’une somme exprimée en monnaie. S’il est prouvé, par exemple, que depuis dix ans la valeur d<^ la monnaie a baissé do 25 p. fOO, le créancier de 100 devrait recevoir 133, et si la valeur de la monnaie avait haussé de 25 }). 100, il ne recevrait que 80. On pourrait aussi modifier h^ système monétaire. Le professeur Irvinp Fisher a projiosé de constituer une monnaie de compte fondée sur une quantité fixe de certains liions déterminés; le dollar (on toute autre unité monétaire), au lieu d’élre défini par un poids d’or, le serait ]>ar le jiouvoir d’acheter tels ou tels biens, et le poids du métal correspondant à l’unité monétaire varierait avec la valeur du métal au lieu d’étre immuable comme aujourd hui (1). On pourrait encore jirojioser que l’Etal entreprît de pntportionner la monnaie au volume des échanges, do façon que le rapport entre ces deux

M) Irving Fisrhor, La hausse actuelle de la wouuaie^ du crédit et des priT, in Revue d'écouotuie politique, 1913. fin ineinn îinfpnr, The. jnn'chasing power oj moneip N>\v-York, 1011.

LES MOEVEME.NTS GENERAUX DES PRIX

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quanlilés ne variât pas ; soit en réglant hii-nièine la frajtpe de la monnaie d’or, la seule monnaie vérilahle, au lien de la laisser libre eomme elle Tesl maintenant, soit en remjdaeant la monnaie métalli(pie jiar une monnaie de juipier (jui serait émise selon les besoins de la circulai ion.

(ies divers systèmes, et d’autres encore, sont théori(|nement concevables, mais des solulion> si éloignées des pratiques actuelles n’ont aucune chance de passer dans les faits. CoTiférer à l’Etat le soin de régb'r les quantités convenables de monnaie, c’est lui supiioser une science et une sages.se (pi’il ii’a pas, et ce serait aussi lui faii'e le j)lus détestable' cadeau, car il y a des g(‘us ipd ont intérêt à ce (pie la (luantité d(‘ monnaie augmente, d’autn's à ci' ({u’elle diminue, et la question se réglerait, non d’après l’intérêt général, mais jiar b' hasard des scrutins (‘t la loi des niajoi'Hés. Iiisliluer le principe de la révision des contrats ou celui de runité de conqite ri'tirésemlée jiar un jioids d’or variable, c’est faire aux méthodes qui nous servent à mesurer la valeur de la monnaie une bien grande confiance, qu'elles ne méritent i>as conqilètement ; à les siqijioser même exci'lb'iites, b'urs résultats s’imposeraient-ils avec une tellt* évidence qu’ou puisse les faiia' accepli'r par tous les gens que cela léserait;'

L’exanu'ii dt's talileaux de nondires indices fait a]iparaître un rytlinu' des jiiix (‘ufermé dans des périodes ijui ne sont jias de durée identicpie, mais qui, au cours du xix® siècle, ne s’éloignent pas bi'aucoup d’unt' dizaine d’annét's (sept-onze ans); dans chacune de ces périodes, il y a une jihase de hausse des })rix et uni' phase de baisse, et ainsi un niouw'ineid assez régulier d oscillation s(' déroule sans cesse, ;'i travers les mouvements propres a chaque cat(*gori<‘ de. pi'i.x et à travers b's mouvements de jilus longue durée qui pi'uvent animer l’ensemble des ]irix à certaines époipies.

L attention des écoutimistes m* s’est {las pmtéi' dt* prime abord sur ce rythme di's jirix; elb* a été jiendant longtemps reteniu' jtar les phénomènes (pii se iiroduisent au moment du jiassage de la hausse a la haisst', a l’intersection des deu.x phasi^s. II se jiroduit a c(‘ monn*nt-la di's tivuibh'S (Tonomiipu's, parfois d’urne (‘xtreme intensité : chute bnisqin* des pii.x. panicpn's d(* Iiourse, écroulemeid de maisons de banque et d’entrepi'ises industrielles.

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