Die Arbeiter frage, p
leur ordre social... La question sociale est principalement une question de fortune et de revenus*. »
Pour éviter les vues incomplètes et comprendre ces divers éléments au moins d'une manière implicite, nous pouvons définir la question sociale : l'ensemble des maux dont souffre la classe des travailleurs dans Tordre religieux-moral, économique et politique, et la recherche des remèdes qu'il convient d'y apporter.
Plusieurs des définitions citées plus haut insinuent que la question sociale n'est pas nouvelle. Qu'en est-il exactement?
x^a question sociale est-elle nouvelle ? — Il y a toujours eu, dit-on, des riches et des pauvres; de tout temps il s'est élevé des conflits entre le capital et le travail ; par conséquent la question sociale est aussi ancienne que la nature humaine. Ce raisonnement est particulièrement cher aux tenants de l'économie libérale. Eh ! oui, il y aura toujours des riches et des pauvres, mais ce n'est pas en ce fait que consiste la question sociale ; dans les populations foncièrement chrétiennes, on rencontre beaucoup de pauvres qui vivent dans le bonheur et la paix. La pauvreté endémique 3t héréditaire qui s'appelle le paupérisme, voilà l'épidémie sociale nouvellement éclose^.
Au moyen âge on vit quelques grèves et des révoltes de paysans, aujourd'hui la grève est en permanence. Dans les siècles où régnait l'ordre social chrétien, l'ouvrier indigent trouvait aide et secours dans les institutions sociales, fondations ecclésiastiques, confréries, corporations, biens communaux, etc.; mais le prolétaire, le malheureux, qui n'a d'autres ressources pour le présent et l'avenir que sa force-travail, c'est un produit nouveau fabriqué en 1789. Autrefois, après un ébranlement passager, la société reprenait son équilibre normal, parce que ses fondements naturels, Dieu, la famille, l'autorité, la propriété, n'étaient pas atteints ; au-
1. Moralphil., Bd. II, p. 5oa. — Conf. Heinhich. Die sociale Befahigung dei Kirche, p. i8.t; — D' A. Meter, Der Emancipationskampf det vierten Standes, Bd. f>, Abth. I. Kap. i; — Schonberg, Die geiverblicke Arbeiterfrage, Handbuch der lolitischen Œkonomie, Bd. II, p. 633.