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I. V. SoREL, La décompotition du marxunie

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la social-démocratie allemande était devenue, avant la guerre, et quelle que fût la doctrine professée, un mouvement socialiste à l'action un peu ralentie par le succès lui-même. Elle groupait plus de quatre millions d'électeurs, dans une organisation bureaucratique, hiérarchique et lourde, d'ailleurs complète et solide. Rien n'y manquait : comités et souscomités, journaux, revues, brochures, almanachs, abonnés et lecteurs par milliers, écrivains et orateurs de tout genre.

Les écrivains étaient formés dans des réunions d'études sociales ; les orateurs, préparés avec soin dans des sections d'éloquence socialiste. A la tête de cette armée se placèrent des chefs d'une haute valeur : Bebel, Liebknecht, de VoUmar, Grillenberger, Singer, Kautsky, etc. Beaucoup sont morts aujourd'hui. Le nerf de la guerre ne fait pas défaut, car les contributions des adhérents se rendaient à la caisse centrale avec une merveilleuse exactitude.

Le programme des Socicddeinokra len a été élaboré au Congrès de Gotha, en i8;5, et remplacé au Congrès d'Erfurt, en 1891.

Contrairement à ce qui se passe en France, les syndicats socialistes allemands marchèrent longtemps la main dans la main avec le Parti socialiste politique.

Cet immense accroissement était dû principalement aux provinces protestantes de lËmpire ; le Centre a conservé ses positions dans les régions catholiques. Malgré leur grand nombre au Relchstag, les députés socialistes ne jouissaient que d'une influence limitée sur l'évolution de la politique allemande. Et l'on sait comment, en dépit de leurs déclarations internationales antérieures, ils ont voté, sauf très rares exceptions, pendant la guerre, les crédits demandés pour les hostilités. (

Toutefois, à côté de la social-démocratie et de son organisation complexe, de ses doctrines plus ou moins hésitantes, s'était formé un groupe extrémiste. Le principal chef du mouvement était Karl Liebknecht, le fils de l'ancien socialiste du même nom. Après l'armistice de novembre 1918 et la révolution allemande, ce groupe, dit groupe Spartakus^ se prononça pour l'agitation révolutionnaire immédiate et

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