I. Y. WxMiiiifta, op. cit., p. lia, seq. ; i3o seq
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violente, pour l'application des principes bolchevistes russes, dont nous parlerons plus loin. Au cours des émeutes, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg furent assassinés. Mais, môme privés de ces deux meneurs, les spartakistes n'ont pas désarmé, ils restent à Textrême gauche de la révolution. La droite est, au contraire, représentée par les socialistes genre Scheidemann qui ont recueilli la succession du pouvoir impérial et prudemment ajourné la réalisation de leur programme. Le centre, composé des Indépendants, serait occupé par ceux qui, comme Kaulsky, réprouvent toute compromission bourgeoise, mais repoussent les principes et les méthodes du bolchevisme.
Le bolchevisme. — Les fondateurs du bolchevisme, Lénine et Trotsky, prétendent avoir appliqué en Russie — du moins au début — les principes de Marx sur « la dictature du prolétariat » nécessaire pour transfof^uer la société capitaliste et bourgeoise. Ils rencontrent, ^ns les autres pays, des admirateurs et des fidèles, nous l'avons noté déjà.
Mais, comme nous l'avons remarqué aus;-i, beaucoup de collectivistes marxistes refusent de reconnaître dans le bolchevisme la doctrine du maîlre et prétendent y voir plutôt une vraie « caricature ». C'est qu'en effet la révolution russe n'a pas attendu, pour instaurer son régime collectiviste, que la préparation du prolétariat fût reconnue suffisante et permit de recueillir la succession du capitalisme, comme le veut ou le suppose la théorie marxiste authentique. Par là, elle s'est condamnée à revenir sur ses premières démarches, à réquisitionner les compétences qui lui manquaient et à les faire servir, en les plaçant souvent dans l'alternative de gros honoraires ou de l'emprisonnement. Par là encore, elle s'est vue obligée, disent ses critiques, d'instituer, sous le nom de dictature du prolétariat, une véritable terreur exercée par un groupe restreint qui lui-même manœuvrait les « gardes rouges ». Non seulement on a organisé la chasse aux bourgeois, non seulement on les a condamnés quand on ne les tuait pas, aux besognes pénibles pour un salaire inférieur au coût d'une existence misérable, mais on a écarté de la vie politique même les prolétaires dissidents, même les socialistes non bolchevistes. Or^ si la
dictature du prolétariat comporte, d'après ses partisans, une oppression plus ou moins longue d'une minorité par la majorité, elle ne saurait toutefois s'accommoder des procédés sommaires d'une oligarchie ou du règne de quelques tyrans. Ainsi la production s'est trouvée arrêtée et la famine a multiplié les victimes, le désordre s'est introduit dans tous les services, la plupart des citoyens ont été traités comme des ilotes*. Et l'échec certain d'un pareil système, inauguré sous les enseignes du marxisme, est de nature à déconsidérer pour longtemps la doctrine que l'on prétendait appliquer*. Ainsi parlent ceux qui, même dans le clan collectiviste, répudient le bolchevisme.
L'anarchisme '. — A côté du collectivisme s*est constitué jadis un parti de révolutionnaires et de terroristes, l'anar chisme, fondé par le Russe Bakounine, organisé et préparé par le prince Kropotkine, l'Allemand Most, et le Français Elisée Reclus.
L'anarchie a deux faces, Tune tendre, l'autre cruelle ; elle est idylle ou drame, suivant qu'elle regarde la société de l'avenir ou celle du présent. « Plus de formules ambiguës, écrit Kropotkine, telles que le droit au travail ou à chacun le produit intégral de son travail ; ce que nous proclamons, c'est le droit à V aisance pour tous *. » Ainsi il n'y a pas de doute : l'aisance pour tous, l'aisance gratuite, l'égalité parfaite, le règne de la pure raison et de la liberté, voilà l'ordre social rêvé par le prince russe. Pour établir l'égalité il faudra détruire la propriété individuelle, exproprier les capitalistes, brûler les titres de rentes et les hypothèques, abolir l'autorité, remplacer enfin la société actuelle par une fédération de groupes librement constitués et régis par des con trats'. Ne demandez pas une description plus complète du
1. RoMETER, Le bolehevUme , ta méthode et son esprit. Etudes, 5 et ao mai 191g.
— Stauder, Les cent juurs du bolchevisme en Hongrie. Etudes, 5 mai 1920.