I. Doctrines économiques
a. Traité <£ économie sociale, t. I, p, a?. — Conf. Worms, la Science et iArt eu économie.
3. V. H. Pesch, die Betiehungen der National-Œkonomie tur Mot al (Stimmen aus Maria-Laach, mai 1894, p. 5o3, seq.) ; — LiBZRA.TOVUi, Principes d'economi* politique, p. i3.
lO IHTRODDCTIOM
et la morale, tiennent pour la distinction formelie de ce» deux sciences. C«tte manière de voir nous paraît plus exacte. Quel est, en effet, l'objet propre de la morale ? Ukonnéte, l'activité de l'homme ordonnée à la fin derinlère. Et l'objet immédiat de l'économique? C'est, nous l'avons démontré, Vutile, l'activité de l'homme s'exerçant dans l'ordre des intérêts matériels. La diversité des objets établit la distinction et la différence de deux sciences: par conséquent, l'économie politique est, de plein droit, une science distincte de la morale ^
Toutefois, pour être une science distincte, l'économie sociale n'est pas indépendante de la morale; celle-ci non seulement peut diriger celle-là, mais de plus elle le doit. Pourquoi cette domination? Parce 4jae l'économique est nécessairement soumise à la morale. Rien n'est moins douteux.
Deux sciences sont subordonnées lorsque l'objet de la première se rapporte à la fin de la seconde, en sorte que l'une règle et dirige l'autre. La morale n'est-elle pas, d'une manière absolue, la règle souveraine de l'activité humaine? Le but final de l'homme dans la vie sociale, ce n'est pas la richesse, ni même le bonheur temporel, car tous deux ae sont que des moyens donnés àThomme pour atteindre sa fin dernière. Il doit faire rentrer la richesse dans l'ordre de la fin ; et comment? Par la loi morale qui détermine les rapports de Vactivité libre à cette fin ; c'est dire, en d'autres termes, que toute l'organisation de la richesse sociale doit être réglée parla loi morale^-
Aussi bien l'homme ne peut, sans abdiquer sa dignité humaine et se ravaler au rang des êtres privés de raison, faire abstraction de la tendance à la fin dernière, contenue dans tout bien particulier ; il ne peut, sans se déposséder de son caractère d'homme raisonnable, laisser de côté la loi morale dans l'exercice de son activité volontaire. L'économie politique, pour être une science humaine, c'est-à-dire morale, n'est donc pas la science de la richesse e/i 5oi;elle n'est pas la science de la production de la richesse par tous les moyens
1. -Conrcelle-SeDeail recannait «n partie cette mérité daafl le JtouveuuDict. décon. poUt.^ p. 764-
a. V, PÉaiN, Doctrine» économique».
L'ÉCONOMIE POLlTIQîDi:, XA WtXRKLE ET LA POLITIQUE II
|>ossibles, même par la fraude, le vol, le piilag'eS mais elle est / la science de la richesse considérée par rapport à l'homme.
De ces considérations jaillit spontanémenit une ^ioncl-iïsion iauportante:
Toute loi ou toutje régie économique en -désaccord avec la loi morale devient étrangère à la véritable science écooiomique et doit être énergiquement réprouvée, comme le serait la science de voler, de falsifier les écritures, de pratdq-uer rusure". L'homme accoinplitsa destinée daans le monde moral ; l'usage des biens matériels n'est pour lui qu'un moyen de réaliser sa fin placée bieaii au-dessus des satisfactions des sens. La richesse n'est richesse que par rapport à l'homme, et l'homme .porte partout avec lui les nobles liens qui le retiennent dans le monde de l'esprit*.
Opinion de l'école libérale. — L'alliance de l'écomomie siociale et de la morale est dénoncée par un grand nombre d'économistes de l'école libérale. « La science économique^ a dit M. Yves Guyot, est immorale par elie-mêime : c'est l'usage qu'on fait de ses lois qui peut être moral ou imnK©ral*. » M. Blocik^ proteste contre la SLibordination de la science économique à Ja jnorale : « L'économie politique, éthique ou morale, implique une regrettable confusion entre la science et l'art. Ce n'est pas le savoir, mais le vouloir^ qui est du domaine de la morale. La scieace se Ijoirae àicontempler la vérité; l'art agit... En résumé, les sciences ne sont ni naorales, ni immorales, car elles n'agissent pas, elles constatent et expliquent. Il n'est donc pas permis de mêler l'éthique à la science économique. »
Sur ce point, les anarchistes donnent raison à M. Maurice Block, car ils prétendent bien que leur économie sociale n'est pas une science immorale : Eh quoi! « Le bourgeois doit être suppnmé, l'autorité abolie, le patron détruit, le vol est une restitution sociale! »... Autant de principes qui
I. V. LiBERATORE, Principes d'économie poliiiqtie, p. ao. S. V. Ott, Traite' d'économie sociale, p. 44-