‹ Cours d'économie socialeChapitre 16 sur 310 · Les Progrès de la science économique, p · texte numérisé non relu

Les Progrès de la science économique, p

Il INTRODUCTION

échappent au domaine de la morale, puisque la science se borne à contempler la vérité!

Déjà Rossi écrivait : « Ce n'est pas d'après le but auquel elle peut servir qu'on peut reconnaître la nature d'une science et la classer. A proprement parler, la science n'a pas de but antérieur; dès qu'on s'occupe de l'emploi qu'on peut en faire, on sort de la science, on tombe dans l'art*. » D'après Stuart Mill, l'économie politique considère le genre humain comme tendant seulement à créer et à consommer les richesses'. M. Gherbuliez veut qu'en étudiant les lois économiques on fasse abstraction de leur valeur morale ^ Ricardo, Bentham tiennent un langage identique. A la lumière des principes établis plus haut, l'inexactitude de ces affirmations est manifeste.

N'est-il pas évident qu'une science peut avoir une fin extérieure, telle, par exemple, la médecine qui a pour fin extérieure la santé de l'homme ? D'autre part, la division entre la science qui contemple et l'art qui exécute est incomplète, car la science pratique tient le milieu entre la science spéculative et l'art. La science pratique considère son objet comme applicable à l'action ; l'art dirige l'exécution du travail.

Ajoutons qu'une réaction très accentuée se manifeste chez un grand nombre d'économistes modernes contre cette séparation antinaturelle de la science économique de la morale. Citons Gauwès*, Gide*, Baudrillart', de Laveleye, Béchaux\ Minghetti, Devas', D"" Schônberg', etc., etc.. M. Paul Leroy- Beaulieu affirme hautement que « l'économie politique fait bon ménage avec la morale" ».

I . Court d'économie politique, t. I, p. SQ. a. Cours, t. I, p. 29.

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