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PREMIÈRE SECTION

La plupart des biens extérieurs qui servent à la prospérité matérielle, au bien-être de l'homme et de la société, sont des produits de l'industrie humaine. Pas n'est besoin d'entreprendre une longue démonstration pour établir ce fait; il suffit d'un simple regard jeté autour de nous.

Etudier la production des richesses, c'est en déterminer les causes et les conditions. Nous commencerons donc, dans un premier chapitre, par rechercher les agents de la production, c'est-à-dire les producteurs de la richesse; ensuite nous considérerons plus attentivement le principal agent et le principal facteur de la production, le travail et le capital ; enfin nous examinerons la première condition pour que la production puisse s'effectuer : la liberté économique, aidée et fortifiée par la législation; l'élément le plus important pour féconder la production : l'association du travail.

L'analyse de la production se résout en trois éléments : Vobjet, les agents, et les lois de la production.

L'objet de la production, ce sont les biens économiques, les richesses. Nous exposerons donc, dans l'article i, les notions des biens économiques, richesses, services. Les biens économiques possèdent, comme propriété fondamentale qui est la base des échanges, la valeur dont la mesure est exprimée en monnaie, c'est le prix. Nous donnerons donc la théorie de la valeur de la monnaie et du prix. Dans les deux derniers articles, nous traiterons des producteurs de la richesse et des lois de la production.

Ahticlb I. — Définitions.

Biens économiques. — Richesses. — Services.

Biens économiques ^ — A cette question : qu'est-ce que le bien ? nous répondons avec le docteur Angélique : a Le bien est ce qui est désirable*. » Tout le monde connaît la célèbre division du bien donnée par Aristote, qui distingue le bien en soi ou honnête^ le bien utile et le bien délectable. Mais, dans la matière qui nous occupe, il suffit de considérer le bien utile, l'utilité.

Qu'est-donc que l'utilité ? Notre grand docteur répond : c Tout ce qui conduit à une fin est utile, et l'utilité peut

I. C08TA-R088ETTI, Allgemeine Grundiagen, p. 54 ; — Wagner, Lehr-und Hand' iuek, p. 320 ; — Neuhann, dans le Handbuch de SchSnberg, Bd I, p. i38. •. I p., q. 5, a. I ; et a. 3, ad. i ; Cont. Gent., lib. III, cap. ztx.

agS l'ordre économique

se définir, l'aptitude d'une chose à se procurer une fin. » Appliquons cette notion. L'ordre économique, c'est Tordre des intérêts matériels ; par conséquent, sous le nom d'utilité économique, il faut comprendre tout ce qui peut servir au bien-être matériel de l'individu, de la famille ou de la société. Tel est aussi le bien é»,rynomique. Mais précisons.

Parmi les choses utiles qui existent, les unes sont prodi« guées par la nature seule et avec une telle profusion qu'elles sont à la portée de tous et ne s'épuisent que peu ou point. De ce nombre, sont l'air, la lumière et la chaleur du soleil, l'eau dans la plupart des cas. Les autres choses, loin d'être données avec prodigalité par la nature, s'épuisent parce qu'elles sont plus limitées : ainsi la terre cultivable, les animaux, les mines, etc.. Les premières sont désignées sous le nom de biens non susceptibles d'appropriation (au moins dans la plupart des cas), ou biens d'usage général ; les autres sont appelées biens susceptibles d'appropriation, ou biens d'usage particulier. Les produits de l'art el de l'industrie des hommes appartiennent à cette seconde catégorie.

Grâce à cette distinction, nous pouvons rendre plus précise la définition des biens économiques, et dire : le bien économique, c'est une utilité économique susceptible d'appropriation. Pourquoi cela? Parce que, d'une part, le bien utile, j'entends d'une utilité concrète et individuelle, suppose nécessairement l'appropriation ; d'autre part les opérations qui font partie de l'ordre économique, telles que la production, l'échange, la répartition el la consommation ne peuvent, en général, s'efi'ectuer sans la propriété des biens extérieurs, et par conséquent, sans une certaine appropriation de ces biens.

Biens économiques réels ou personnels- — On divise les biens économiques en biens réels et biens personnels ^ . Les premiers sont ceux dont nous venons de parler, — comprenant toutes les choses extérieures appropriées, utiles aux intérêts matériels, ou en deux mots : les utilités matérielles. On entend par biens personnels : les qualités, les propriétés,

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