‹ Cours d'économie socialeChapitre 156 sur 310 · I. V. Detas, Foliticul Eeonomy, p · texte numérisé non relu

I. V. Detas, Foliticul Eeonomy, p

les actes de la personne qui peuvent servir aux intérêts matériels. La sauté, l'habileté acquise, la vertu, la science, le crédit, le droit de propriété ou d'héritage, les fermes, patentes, clientèles, la prestation de services de diverses natures, «te, sont des biens personnels. Tous ces élémenla contribuent en effet, d'une manière plus ou moins éloignée, au bien-être privé ou public ^

Plusieurs auteurs refusent de ranger les biens immatériels parmi lei biens économiques; ils répugnent à mettre ensemble, et comme sur le même pied, la moralité, le talent, l'intelligence, la réputation, d'une part, et de l'autre, le bétail, la terre, l'argent ; ils redoutent d'engager ainsi l'économie politique dans un courant matérialiste et de faire disparaître les frontières naturelles de la science sociale et de l'économique. Cette crainte ne nous paraît pas fondée. D'une part, en eÛet, tous les biens immatériels ne sont pas de l'ordre économique, mais ceux-là seuls qui contribuent à la prospérité matérielle*; d'autre part les biens immatériels et les biens matériels appartiennent à des ordres entièrement différents : les premiers sont économiques dans un sens •large et indirect, les seconds dans un sens rigoureux et direct.

Biens d'usage individuel et biens d'échange. — On divise encore les biens économiques en biens d'usage individuel (i/idwiduelle GebrauchgïUer)^ et biens d'échange ou biens échangeables (Fer/ceA/vsgiiier). Les premiers comprennent les biens économiques dont l'usage individuel constitue l'utilité : citons le logement, le vêtement, la nourriture, etc. Les seconds renferment les biens économiques qui procurent un avantage par échange formel ou virtuel. Il y a échange formel lorsque la propriété de deux biens réels est immédiatement transférée d'une personne à une autre ; c'est le cas ordinaire de l'échange ou de la vente des marchandises. L'échange virtuel se fait entre un bien seul et un service ; c'est, par exemple, l'échange d'une somme d'argent contre la leçon

I. V. CosTJi-RossETTi, op. Cit., p . 48 ; — G. Leur, Grundbegriff'e, p. 169, leq. ; — Philippovich, Grundrist, p. 4, § 3.

a. V. LiBER4TOKE, PrUicipU d'Econonùa poliiica, p. 34 ; — Waoker, Lehr-u»d Handbueh, p. aj)0 «t 299 ; — Maksiiall, Principle* ofEconomiet, p. 106 et 1 13.

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d'un professeur. Qu'est-ce qu'un service, demande rez-vous ? En général, un service est un acte humain utile. Le domestique qui brosse l'habit de son maître, le médecin qui soigne la santé du client, rendent des services. Il est manifeste que l'ordre économique exige un grand nombre d'actes humains qui n'ont pas pour objet la création d'une utilité matérielle, dont le résultat n'est pas nn produit. Les services sont privés ou publics, suivant qu'ils sont rendus aux particuliers ou à l'Etat.

Il est à remarquer que le même bien économique peut être, sous différents rapports, bien d'usage personnel et bien d'échange. Je puis avoir l'usage d'une maison et la vendre ensuite. Tous les biens d'échange doivent posséder une certaine utilité économique ; mais il peut arriver qu'un bien économique ne soit pas échangeable : a Pierre, écrit Maurice Block, s'est fait des sabots pour avoir les pieds secs et chauds en hiver ; il croit faire une bonne affaire en en fabriquant pour la vente. Or ses concitoyens préfèrent des souliers; personne n'achète des sabots. Toutefois, s'ils ne sont pas échangeables, ils n'en rendent pas moins des services à Pierre, qui leur consacre volontiers quelques jours d'efforts. )>

La richesse et les richesses. — Dans le langage ordinaire, la richesse indique l'état d'un homme qui possède une abondance de biens matériels surpassant notablement le nécessaire. La pauvreté est l'état d'un homme privé des biens terrestres nécessaires à son existence suivant sa condition ; à cette question : qu'est-ce qu'un homme riche ? Gicéron répondait : « Quem intelligimus divitem ? Hoc verbum in que homine ponimus? Opinor in eo cui tanta possessio est ut ad liberaliter vivendum facile contentus sit*. » La richesse apparaît là où finit le pur nécessaire et où commence la facilité de vivre largement. La misère est l'état d'un homme privé de ce qui est indispensable à l'existence. Quant à celui qui n'a que le nécessaire pour vivre, il n'est ni riche, ni pauvre".

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